L'association d'indépendants basée en Angleterre L'AIM, n'a toujours pas ratifié l'accord de l'Impala sur la fusion Warner / Emi. Certains de ses membres accusent en effet l'Impala de ne pas vouloir révéler les termes précis de l'accord.

La réunion mensuelle de l’AIM n’est pas parvenue à ratifier l’accord de l’Impala (dont elle est membre) concernant le rapprochement d’Emi par Warner Music Group. Cet accord proposé par Warner espérait « acheter » la bénédiction des indépendant sur son rachat d’EMI en proposant à l’Impala quelques contreparties. La major s’engageait ainsi à ne pas gêner le développement de la concurrence, favoriser l’octroi de licence, réduire sa part de marché au profit des indépendants, et apporter un soutien financier à l’initiative Merlin. Si l’Impala avait tout de suite manifesté son intérêt en approuvant une fusion qui, par ailleurs, est encore loin d’être gagnée, une voix s’était élevée au sein de l’AIM, pour le remettre en question : celle du label Gom.

Une réunion d’urgence avait été alors organisée par l’AIM, laissant le directeur de Ministry Of Sound, Lohan Presencer, exprimer son avis sur la question, sans pour autant que celle-ci n’arrive à quelque chose de concluant. La réunion mensuelle de l’AIM fut donc l’occasion pour l’association d’organiser un scrutin visant à demander l’avis de ses membres sur les termes de l’accord entre Impala et Warner.

Si aucune ratification n’est est ressortie, les participants se sont déclarés optimistes à l’issue de cette réunion. Et Michel Lambot, co-fondateur d’Impala et directeur du label PIAS, de déclarer pour sa part que « ce que je vois, c’est que sur les 3.300 membres [que comprend l’Impala], deux se sont manifestés ». « Ca veut tout dire » clâme-t-il. « Nous n’espérons pas satisfaire tout le monde avec l’accord que nous avons conclus. Ce que nous cherchons, ce sont des solutions au marché ».

Jérôme Roger, directeur d’Impala France, va dans le même sens : « Cet accord paraît paradoxal sachant le fait que l’Impala combat le processus de concentration de l’industrie musicale. Mais le but pour les indépendants est d’assurer la meilleure régulation possible du marché ».

Manque de consensus au sein de l’AIM ?

D’autres membres, sans remettre en question l’accord, ont pourtant fait part de certaines réserves concernant celui-ci. Ainsi, Emil Jrgensen, directeur de l’organisation de label indépendants danois, fera remarquer son impuissance dans un marché régulé avant tout par les plus grands territoires.

Le label italien Carosello déclare quant à lui attendre de voir les termes précis de l’accord avant d’apporter son approbation, et l’organisation de labels israëlien PIL avoue son désaccord avec certains de ses aspects, mais sans pour autant le remettre en question.

Lohan Presencer, quant à lui, ne rate pas l’occasion de souligner son désaccord, envoyant sa troisième lettre ouverte en une semaine destinée à l’association britannique : « La réunion de l’AIM a été incapable de ratifier l’accord Impala/Warner hier à cause d’un arrangement restrictif totalement irraisonné pris par l’Impala à ses dépends ». Et Le directeur de Ministry Of Sound d’ajouter que « l’Impala a conclu un accord dans lequel l’AIM n’avait pas son mot à dire sur les négociations, et l’Impala refuse de permettre aux membres de l’AIM de voir les termes sur lesquels elle s’est arrangée ».

Il semble donc que le consensus au sein de l’AIM (ou non) ne pourra résulter que d’une complète révélation des termes précis de l’accord à ses membres.

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