Pressés par l'industrie musicale, les gestionnaires de cartes bancaires Visa et MasterCard ont retiré leur licence au vendeur de musique en ligne russe AllofMP3. Celui-ci, convaincu de sa légalité, menace de porter l'affaire aux tribunaux...

Malgré toutes les pressions exercées au plus niveau sur la Russie, le site de musique en ligne AllofMP3.com est toujours debout. A ce jour, aucune décision juridictionnelle n’a condamné l’éditeur Media Services, alors que les majors du disque crient à l’illégalité du site depuis plusieurs années. La Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI), qui rassemble 1450 membres dans 75 pays, a décidé de changer de stratégie. Elle s’est attaquée au nerf de la guerre, l’argent.

Ars Technica rapporte que l’IFPI a fait pression sur Visa pour que celui-ci refuse les paiements par carte bancaire réalisés au profit de AllofMP3. Le groupe s’est exécuté, tout comme MasterCard quelques jours plus tard. « L’IFPI a porté à l’attention de Visa le fait que AllofMP3 n’était pas licencié par ses membres« , a indiqué Visa à Ars Technica. Dès début septembre les paiements en faveur de l’éditeur russe Media Services ont été refusés par le groupe.

Pour AllofMP3, il s’agit d’une décision arbitraire en violation des obligations contractuelles des groupes de cartes bancaires. « L’entreprise pense que l’action entreprise par les plus grands opérateurs de paiement est arbitraire, capricieuse, et discriminatoire parce que Visa et MasterCard n’ont pas l’autorité pour juger de la légalité des activités de AllofMP3 et leurs allégalitions que les activités de la société étaient illicites sont manifestement erronées et sans valeur juridique« , accuse Media Services dans un communiqué. « AllofMP3 n’a été déclaré en violation de la loi par aucun tribunal dans le monde« , rappelle l’éditeur.

« Il est évident que Visa et MasterCard ont pris leur décision sur des facteurs autres que des bases juridiques« , affirme Media Services, qui juge la décision des deux groupes « irresponsable ».

AllofMP3, qui se retrouve le couteau sous la gorge avec le robinet monétaire coupé, souhaite se battre jusqu’au bout. Il tentera de faire appel par les procédures amiables internes de Visa et MasterCard, et annonce qu’à défaut il portera l’affaire devant les juridicitions.

Quel que soit le résultat, l’épisode montre l’incroyable capacité de lobbying de l’industrie musicale. Sans décision juridictionnelle en sa faveur, elle peut par de simples discussions bannir du circuit bancaire mondial l’un des premiers vendeurs de musique au monde.

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