Les puces RFID seront peut-être utilisées en Malaisie pour traquer des véhicules, mais sans doute pas de façon aussi intrusive et systématique que ne laisse entendre le gouvernement. Explications.

Mercredi, nous rapportions que la Malaisie avait annoncé la mise en place généralisée d'ici 2018 d'une vignette automobile avec puce RFID, qui aurait de nombreux intérêts pour les autorités du pays, dont celle de pouvoir suivre à la trace les véhicules étrangers entrant sur le territoire. Le quotidien malaisien qui a interrogé le gouvernement a même évoqué la possibilité d'un suivi par satellite.

Mais un lecteur de Numerama, qui souhaite garder l'anonymat en raison des règles de communication externe imposées par son employeur, a souhaité apporté beaucoup de nuances aux affirmations de la presse et des autorités malaisiennes. Il est lui-même chercheur et bon connaisseur des technologies RFID.

Voici ce qu'il nous dit :

"Sans douter du volontarisme du gouvernement malaisien, ce projet ressemble tout de même à une opération de communication, vu l'écart entre ce qui est annoncé et l'état de l'art technologique de ce domaine :

  • Il est évoqué l'usage de tags passifs, lus à des "checkpoints" (péages ?) ; il s'agit probablement de tags UHF backscatter, lisibles effectivement à distance (quelques mètres) mais par satellite, pas moyen, le signal réfléchi du tag étant bien trop atténué ;
     
  • Avec des tags HF comme ceux mis en illustration de votre article (antenne loop, couplage magnétique), encore moins de chance de lire cela à distance. 

Plus généralement, le tracking par RFID passive est certes possible mais pas en temps réel, ni de manière diffuse : seuls les endroits où sont lus les tags peuvent éventuellement remonter l'info à une infrastructure. Typiquement, ces endroits sont des points de passages par où les objets à tracker doivent transiter. Pour des véhicules une simple caméra est plus efficace pour tracker des numéros d'immatriculation que de la RFID.

Quant à la plateforme eCall poussée en Europe, là oui les risques de Big Brother sont très réels mais c'est tout autre chose. Avec de la RFID active, ca devient un peu différent et là les inquiétudes concernant la vie privée sont plus fondés.

Enfin, les développements récents (et le plus souvent encore confidentiels) tendent à aller vers des architectures hybrides passives/actives, avec des noeuds actifs dispersés dans un environnement et formant une infrastructure de lecture diffuse, pour assurer par exemple un inventaire temps réels des articles d'un magasin. Néanmoins, ca ne peut pour le moment s'envisager que dans des environnements relativement contrôlés et restreints (bâtiment notamment)".

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés