Facebook a discrètement annoncé le déploiement en test de "M", son assistant personnel intégré au sein de Messenger, qui devra répondre aux questions des utilisateurs mais aussi et surtout exécuter des tâches à sa place. Pour le moment, l'IA est très dépendante d'humains qui l'entraînent à comprendre et à réaliser les tâches demandées.

On attendait la réplique de Facebook au Siri d'Apple, au Cortana de Microsoft et à Google Now. La voici. David Marcus, le directeur des services de messagerie de Facebook, a annoncé sur son compte personnel le déploiement en test de "M", le premier assistant personnel développé par le réseau social et son équipe d'intelligence artificielle dirigée par le Français Yann LeCun.

Plutôt que d'intégrer son assistant dans Facebook lui-même, la firme a préféré en faire un élément de son service Messenger, ce qui est finalement très censé. "M" se veut être un assistant personnel à qui l'on parle naturellement, et il est donc intégré parmi les autres contacts de l'application de messagerie instantanée. Cette dernière est utilisée par 700 millions d'internautes, qui seront rapidement convertis vers l'IA. L'utilisateur peut ainsi lui poser des questions (dont à terme les réponses seront obtenues grâce aux milliards de données collectées chez les utilisateurs) mais aussi lui demander de remplir des tâches.

Selon David Marcus, c'est là la grande originalité de "M" par rapport à ses concurrents. "Contrairement à d'autres services basés sur l'intelligence artificielle, M peut réellement compléter des tâches à votre place. Il peut acheter un produit, faire que des cadeaux soient envoyés à ceux que vous aimez, réserver un restaurant, un séjour, planifier un rendez-vous, et bien d'autres choses", assure ainsi l'ancien président de PayPal, qui a rejoint Facebook l'an dernier.

UNE AIDE ESSENTIELLEMENT HUMAINE, POUR LE MOMENT…

Pour réaliser ces tâches, Facebook veut mettre à profit sa grande expertise dans les réseaux neuronaux artificiels, qui permettent aux ordinateurs d'apprendre par l'expérience. Les demandes des internautes qui ne sont pas comprises par l'IA ou que "M" ne sait pas traiter sont donc prises en charge par des humains, et leur action est scrutée par l'intelligence artificielle qui apprend en regardant. Au fur et à mesure, l'IA se dote ainsi de nouvelles capacités, exactement comme un enfant se développe en voyant faire les adultes et en reproduisant leurs actions et leur langage.

Wired, qui a interrogé Marcus, explique que les "entraîneurs" de M sont des spécialistes du service personnel, et qu'ils pourraient être à terme des milliers, à répondre aux demandes des internautes, parfois très sophistiquées. Mais c'est un investissement que Facebook est prêt à faire sur le long terme, pour enseigner à son IA les attentes et les méthodes humaines. Et il pense que les coûts seront compensés par le chiffre d'affaires généré par le service. On imagine ainsi que Facebook pourra signer des partenariats commerciaux ; par exemple si vous demandez à offrir des fleurs à votre petite amie, le réseau social passera en priorité par le fleuriste qui lui reverse la meilleure commission.

Pour l'instant, M n'est testé que par les employés de Facebook et une centaine de cobayes, ce qui explique que la firme de Mark Zuckerberg n'ait pas encore fait d'annonce officielle sur ses canaux de communication habituels. Mais le service devrait être proposé ensuite à tous les utilisateurs de Messenger.

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