Condamné ce mois-ci par le TGI de Paris à ne plus proposer de liens de streaming gratuits vers les matchs de Ligue 1, le site espagnol Rojadirecta nous a signalé son intention de faire appel, et de ne rien changer à ses habitudes.

Malgré sa condamnation par le tribunal de grande instance de Paris à ne plus diffuser de liens permettant de voir la Ligue 1 gratuitement en streaming, le site de référence des liens pirates de retransmissions sportives n'entend pas plier sans combattre. Interrogé par Numerama, le site espagnol nous confirme qu'il fera appel de la décision française, par laquelle le TGI de Paris a dénié à Rojadirecta le statut de simple hébergeur, pour estimer qu'il était éditeur du service de streaming, et donc responsable pénalement de la nature des liens proposés.

Le tribunal a condamné le site à verser 100 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue de Football Professionnel (LFP), à retirer tout lien vers les matchs de Ligue 1 ou de Ligue 2 sous astreinte de 5000 par jour et par lien, et à diffuser l'extrait de la condamnation sur sa page d'accueil.

"Nous allons faire appel", nous annonce l'administrateur du site édité par la société Perto 80. "Nous sommes en désaccord avec le tribunal français qui dit que les responsabilités de Rojadirecta sont équivalentes à celles d'un site de streaming, malgré l'impossibilité pour les utilisateurs de streamer à travers Rojadirecta, qui ne fait fondamentalement qu'héberger des informations (telles que des liens)".

Au moins jusqu'à ce que l'appel soit entendu, ce qui pourrait prendre de quelques mois à quelques années, Rojadirecta "restera accessible depuis la France", et continuera à référencer les matchs de Ligue 1 et Ligue 2.

Rappelons que le site base sa défense sur le fait qu'il n'héberge lui-même aucun des matchs de football diffusés en direct, mais qu'il se contente de référencer les matchs et les liens hypertextes qui permettent aux internautes de savoir où le match est diffusé sur Internet. Rojadirecta prétend ne pas chercher à savoir si les flux accessibles depuis ces liens sont légaux ou non, ni avoir besoin de le rechercher, puisque la responsabilité d'obtenir l'autorisation des ayants droit incombe à la personne qui diffuse le flux, et non à la personne qui en communique le lien. Une défense fragile, mais qui tient pour le moment en Espagne.

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