Au Canada, une femme dont la poitrine était un peu trop exposée sur Google View Street a obtenu réparation. Alors que Google floute l'image depuis 2011, la justice canadienne a estimé que la firme devait réparer le préjudice subi par la jeune femme, qui avait subi les lourdes moqueries de ses collègues.

Une femme de Montréal a obtenu la condamnation de Google, qui devra lui verser 2250 dollars canadiens de dommages et intérêts (environ 1500 euros) pour avoir diffusé sur Google Street View une photographie qui l'a poussée à démissionner de son travail, sous le coup des railleries de collègues. Prise le 8 mai 2009, la photo la montrait assise sur le pallier de sa maison, en train de consulter ses e-mails sur son smartphone. Mais elle portait ce jour là une tenue particulièrement légère, qui offrait à la vue de tous un généreux décolleté.

"En plus des commentaires malveillants et l'humiliation qu'elle a subis au travail, la demanderesse, de façon particulière, a ressenti une atteinte importante à sa pudeur et sa dignité, deux valeurs auxquelles elle tenait et qui sont éminemment respectables", a tranché le juge montréalais.

Pour sa défense, Google avait prétendu que la femme ne pouvait pas avoir une "attente légitime" de protection de sa vie privée en s'étant elle-même exposée dans cette position et dans cette tenue, d'une manière visible de la rue. Mais le juge canadien a estimé qu'il n'y avait pas seulement atteinte à la vie privée, mais aussi l'atteinte au droit à l'image, qui inclue la protection de la dignité de la personne, de son honneur, et de sa réputation.

Pour une raison inconnue, le jugement intervient très tardivement, alors que Google avait déjà pris la décision de flouter complètement la maison depuis 2011.

En 2014, la CNIL italienne a condamné Google à une amende de 1 million d'euros pour avoir mal signalé ses Google Cars, qui photographient les rues d'un grand nombre de pays. Pour limiter sa responsabilité, le service floute les parties sensibles de ses images, tels que les visages et les plaques d'immatriculation. Mais le procédé n'a pas suffi en Allemagne, où Google a préféré ne plus mettre Street View à jour.

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