Le rendez-vous entre la présidente de l'Hadopi et la ministre de la culture Fleur Pellerin a "dépassé les espoirs" de Marie-Françoise Marais, charmée par le pragmatisme de celle qui succède à Aurélie Filippetti. Après la guerre froide, la détente ?

La présidente de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) avait rendez-vous lundi soir avec la ministre de la Culture Fleur Pellerin, pour tenter d'obtenir quelques garanties susceptibles de rassurer des syndicats inquiets pour l'avenir des agents administratifs. Avec un budget prévu de seulement 6 millions d'euros pour l'année et plus un euro en trésorerie pour faire les fonds de tiroirs, l'Hadopi se prépare à devoir licencier une part importante de son personnel. Jusqu'à un quart des effectifs, selon les prévisions les plus pessimistes.

Mais c'était aussi l'occasion pour la magistrate Marie-Françoise Marais de défendre l'institution qu'elle préside depuis le premier jour, et l'honneur de son secrétaire général Eric Walter dont les ayants droits ont exigé la tête. La présidente a voulu rappeler que le législateur n'avait pas limité ses missions qu'à la seule riposte graduée, et qu'elle entendait bien continuer à travailler, y compris sur des projets déplaisants pour les lobbys culturels.

"Je trouve que cet entretien s'est très bien déroulé parce qu'il a permis d'établir un dialogue vraiment direct, sincère", s'est réjouie ce matin Mme Marais sur France Culture. "Ce qui m'a surtout frappé, c'est le pragmatisme de Mme la ministre, très sereine, très constructive. Ca a dépassé mes espoirs dans ce rétablissement du dialogue, et dans cette approche dépourvue de toute idéologie". Prière d'y lire en négatif des critiques acides contre l'ancienne ministre Aurélie Filippetti, qui a toujours fait l'unanimité contre elle à la rue du Texel.

"Les parlementaires pourront apporter des ajustements"

Mais rien n'est encore fait. Au moins publiquement, Fleur Pellerin n'a apporté aucune assurance que les crédits prévus pour 2015 seraient revus à la hausse.

"C'est une autorité indépendante, donc il appartient à son équipe dirigeante de gérer le quotidien" pour décider ou non de se séparer d'une partie des effectifs, a-t-elle rappelé jeudi matin. "Ce que je constate juste, c'est que le budget qui a été négocié entre la Haute Autorité et les services du ministère des finances correspondent à ceux qui avaient été alloués l'année dernière" (mais l'Hadopi avait pu piocher 2,5 millions d'euros supplémentaires dans ses réserves, aujourd'hui épuisées).

"Maintenant, il y a une discussion qui s'engage au Parlement, et s'il y a nécessité, les parlementaires pourront apporter des ajustements" lors de l'examen du projet de loi de finances, a ajouté Fleur Pellerin.

Le Gouvernement y sera certainement d'autant plus favorable que le ministère et l'Hadopi sont sur la même longueur d'onde s'agissant de la constitution de listes noires de sites utilisés pour pirater.

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