Les projets de mutualisation entre SFR et Bouygues Télécom, annoncés vendredi et validés par l'Arcep, perturbent les deux autres opérateurs, qui se laissent la possibilité de déposer un recours pour les neutraliser. Mais en réalité, Orange et Free songent aussi à la mutualisation.

SFR et Bouygues Télécom ont annoncé vendredi soir la signature d'un accord de mutualisation de leur réseau visant à étendre leur couverture respective dans les zones faiblement peuplées. Prévu pour être pleinement effectif en 2017, celui-ci se traduira par un partage des antennes-relais appartenant aux deux opérateurs de téléphonie mobile, sauf dans les grandes agglomérations.

L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a approuvé cette alliance, qui a des avantages économiques évidents, à condition que les deux opérateurs demeurent autonomes "en matière stratégique et commerciale" et que ce rapprochement n'aboutisse pas à l'évincement d'un concurrent du secteur de la téléphonie mobile.

De leur côté, les autres opérateurs craignent justement une concentration dans le marché et évoquent déjà de déposer un recours devant les autorités de la concurrence en France et au niveau européen pour faire. C'est ce que révèle Les Échos, bien que la menace n'ait pas encore été mise à exécution. Il n'est d'ailleurs pas certain qu'elle le soit un jour, puisque Orange et Free songent aussi à la mutualisation.

Fin novembre, le trublion des télécoms a adressé un courrier à ses rivaux pour manifester son intérêt pour un accord similaire et laisser entendre qu'il engagerait des poursuites si Bouygues Télécom et SFR refusaient de lui tendre la main. "Un accord […] qui ne prévoirait pas l'accueil du quatrième opérateur nous semblerait être un facteur de déstabilisation majeur", écrivait le groupe.

Concernant Orange, une proposition avait été lancée en 2012 dans la 4G. Adressée à SFR et Bouygues Télécom, celle-ci avait également été proposée à Free Mobile. Quelques mois plus tard, l'opérateur historique avait relancé l'idée de mutualiser les forces des opérateurs, notant que c'est dans "l'intérêt de tout le monde d'examiner les possibilités de [partager le réseau]".

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