Louis Choquel dirige la société ZSlide, spécialisée dans la distribution de contenus numériques, en particulier dans le monde du jeux-vidéo. Il nous détaille ses projets en matière de P2P et révèle un accord important avec l'éditeur Atari, qui mise sur le peer-to-peer pour diffuser des contenus de haute qualité.

ZSlide est une société importante en France dans la distribution des contenus sur Internet. C’est notamment elle qui a créé le lecteur multimédia du service de vidéo à la demande (VOD) de Wanadoo. Elle prévoit, nous indique son PDG Louis Choquel dans cette interview, de sortir vers la fin de l’année un « logiciel similaire pour télécharger des jeux en ligne, et synchroniser les contenus vers une PSP« . Appelé ZSlidePlayer, le logiciel (que l’on voit dans la deuxième partie de l’interview vidéo) cherche à concurrencer iTunes en réalisant une intégration de tous les appareils autour de tous les médias : vidéo, musique et jeux-vidéo. Mais le gros chantier auquel s’est attaché ZSlide, c’est le peer-to-peer.

« Le P2P c’est l’avenir d’internet« , nous assure Louis Choquel. C’est le « protocole le mieux adapté à la diffusion de contenus lourds de haute qualité« . Deux projets sont déjà sur le marbre. La société ouvrira d’abord dans quelques jours le bêta-test privé de ZSlideMail, un logiciel qui doit venir « booster votre e-mail« . Basé sur l’architecture BitTorrent, ZSlideMail « veut complètement débrider le système pour envoyer des fichiers de taille arbitraire » à un nombre quelconque de destinataires, par e-mail. Les inscriptions au bêta-test sont encore ouvertes quelques jours, pour ceux qui souhaitent essuyer les plâtres sur une première version qui devrait encore beaucoup évoluer. ZSlide est d’ailleurs à la recherche d’ingénieurs et de stagiaires développeurs pour travailler notamment sur les versions Mac et Linux du logiciel (les candidatures sont à adressées ici). Gratuit dans sa version de base, ZSlideMail sera complété d’une version payante avec « livraison plus rapide, garanties de sécurisation, d’accusés de réception…« . Le prix sera au volume, de l’ordre d’un SMS surtaxé pour 1 Go envoyé.

Le deuxième produit P2P, plus ambitieux dans son orientation, joue sur l’attrait commercial de « l’hyper-distribution ». A l’image de ce que fait BitTorrent aux Etats-Unis, ZSlide veut séduire les producteurs de contenus qui peuvent diffuser à coûts négligeables des contenus de très gros volume, de haute qualité. « C’est bien de voir que les américains, qui sont très proches de leur copyright, travaillent main dans la main avec les éditeurs de P2P« , indique M. Choquel. « Espérons qu’en France on arrivera à avoir le même effet« , indique-t-il en annonçant que ZSlide a déjà de premiers contacts avec des producteurs, mais également avec des annonceurs. Car tout comme AOL et son In2TV, ZSlide veut miser sur le gratuit et le financement par la publicité. Une plate-forme de paiement est prévue, mais « on va mettre le paquet sur les contenus gratuits« , promet Louis Choquel.


(1ère partie)

ZSlide annonce à Ratiatum qu’un accord a été conclu avec le géant du jeux-vidéo Atari, autour du jeu Hot PXL auquel ils collaborent. « On va faire un maximum de diffusion de bandes annonces, de vidéos, de bonus qui touchent à tous leurs jeux, de démos de jeux… tous ces contenus qui peuvent être très lourds que l’on a l’habitude de voir en qualité moyenne et que nous allons diffuser en P2P au maximum de la qualité« , précise-t-il. On verra aussi sur la plate-forme « des contenus hollywoodiens, quasiment des films entiers produits par Atari, sans compter les produits vintage et autres, liés à la marque Atari, que l’on va sortir des tiroirs pour les mettre à disposition« .

ZSlide, les DRM et la loi DADVSI

Pour ZSlide, le P2P est aussi « une technologie qui est liée à la diffusion de la culture, et notamment la culture francophone« . « Si l’on attend que les fournisseurs de P2P américains prennent le temps de diffuser la culture francophone, on va être bien en retard dans cette course« , prévient Louis Choquel. C’est donc une certaine angoisse qui le traverse lorsqu’il voit le projet de loi DADVSI et particulièrement l’article 12 bis (« amendement Vivendi ») qui condamne les éditeurs de logiciels de P2P. « L’article est tourné négativement, il porte une ombre très sombre sur l’image du P2P« , regrette-t-il. Il avait convaincu le sénateur de Paris Philippe Dominatti de déposer deux amendements en faveur du P2P légal, mais aucun n’a pu être discuté en séance.

Sur les DRM que la loi DADVSI protège, l’avis de Louis Choquel est clair. C’est « un passage obligé imposé par le marché« , mais « ça n’apporte pas beaucoup à l’utilisateur« . Lorsqu’on lui demande s’il pense qu’un modèle économique pourrait se développer sans DRM, il répond sans hésiter : « Ah oui complètement ».

Avec déjà une quarantaine de personnes à son effectif, ZSlide prévoit de renforcer ses équipes cet été, prépare une levée de fonds et part à la recherche d’éditeurs de contenus. Mais son sort est en partie suspendu aux termes de la loi DADVSI qui seront adoptés par la commission mixte paritaire, qui réunit sénateurs et députés.


(2ème partie)

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