La guerre des opérateurs se déplace dans la 4G. Alors qu'Orange, SFR et Bouygues s'affrontaient sur ce terrain via le lancement de forfaits plus onéreux, l'arrivée de Free Mobile bouscule les stratégies. Mais les annonces du quatrième opérateur reposent sur du "vent", aux yeux de l'opérateur historique.

Mardi, Free a dévoilé son offre téléphonique dans le très haut débit mobile. Sans aucun surcoût et toujours sans engagement, l'opérateur a annoncé que la 4G est disponible dès à présent pour sa clientèle, avec un volume de données de 20 Go pour l'Internet mobile, à condition d'activer l'option sur le compte client, d'être en possession d'un mobile compatible 4G et, bien entendu, d'être couvert par le réseau.

Depuis, les discussions tournent principalement sur la capacité de Free Mobile à concrétiser cette annonce. Car selon les données de l'agence nationale des fréquences (ANFR), Free a déclaré 700 stations 4G en service dans la bande 2,6 GHz (l'opérateur ne dispose d'aucune fréquence dans la bande 800 MHz, ndlr), là où Orange (3879), Bouygues (5392) et SFR (1013) en ont beaucoup plus.

Orange dénonce le coup de com' de Free

Free ne va-t-il donc pas un peu vite en besogne en abattant ses cartes maintenant, alors que son infrastructure couvre une très faible proportion du territoire ? C'est ce que pense Stéphane Richard, le PDG d'Orange. Interrogé mardi soir par RTL, le directeur pense que tout ça, "c'est du vent". 'Il n'y a pas de couverture". Au niveau des antennes-relais, "il n'y a même pas l'équivalent [Orange] a à Paris et à Marseille".

"Je vous laisse imaginer la qualité de réception que vous pourrez avoir avec 700 antennes sur l'ensemble du territoire. Donc, il (Free, ndlr) vend du vent. Alors il peut vendre du vent à 19,90 euros, à 2 euros ou même à 0, ça ne changera rien du tout. Les gens qui veulent effectivement avoir la 4G, il faut qu'ils aillent chez un opérateur qui a un réseau qui leur permet une expérience 4G qui soit digne de ce qu'on attend".

Le réseau Free compte effectivement peu d'antennes-relais en 4G, mais celui-ci est jeune et ne peut que se développer. Le quatrième opérateur n'est dans cette activité que depuis quelques années, alors que les trois autres sont en place depuis une décennie. Et ensuite ? En l'espèce, Stéphane Richard, sans vraiment le dire, reconnaît que la situation dans quelques mois sera différente.

Mais d'ici là, le PDG d'Orange a un message à marteler. "Le coup de com' d'aujourd'hui c'est qu'on vend la 4G sans supplément de prix pour une raison simple, c'est qu'on vend la 4G au prix de la 3G et pour de la 3G. Ce n'est pas de la 4G c'est de la 3G, donc il faut arrêter de prendre les gens pour des andouilles", a-t-il dénoncé.

Free garde le cap

De son côté, Free maintient le cap dans sa communication. Invité sur BFM TV, le PDG d'Iliad, Maxime Lombardini, a assuré que le développement du réseau se fait à un rythme très soutenu. "Nous sommes en train de construire très vite ce réseau. Nous avons 700 antennes aujourd'hui, mais des centaines vont être installés dans les semaines et les mois qui viennent".

Et l'homme de renvoyer ses concurrents à leur propre réalité. "Personne n'a une couverture nationale 4G. Nous sommes tous en train de construire un réseau. Les choses ne se font pas en un jour.. Nous avons un engagement d'avoir 75 % de la population couverte dans 1 an. Si nous n'y sommes pas, nous serons sanctionnés. Donc nous avons un vrai intérêt à y être".

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