La version légale de Napster se lance dans le gratuit ! Avec un modèle publicitaire et deux services communautaires, le chat électronique se lance à pleines pattes dans le web 2.0.

Dans sa version en Peer-to-Peer de la fin des années 1990, Napster s’était fait connaître et avait bâti tout son succès sur la gratuité du téléchargement des fichiers MP3. Il n’était alors pas simple, même sous le poids des menaces judiciaires, de convaincre ensuite les internautes de se tourner vers un modèle payant DRMisé avec le Napster légal des années 2000. Seul Apple y est parvenu, avec sa plate-forme iTunes couplée avec l’iPod. Mais Napster s’est brûlé les poils dans la bataille de la musique en ligne payante, avec des résultats financiers très critiques, et il lui fallait réagir.

C’est chose faite, puisque Napster annonce cette semaine la sortie d’une nouvelle version qui permet aux internautes d’écouter gratuitement toute la musique qu’ils souhaitent, parmi les quelques 2 millions de chansons au catalogue. Chaque titre peut être écouté en intégralité jusqu’à cinq fois, via une interface web accessible à la fois sur PC, Macintosh, et Linux (au format Flash .swf, à 32kbps). Il faut ensuite acheter chaque titre ou s’abonner à la formule payante illimitée pour écouter la chanson une sixième fois – mais dans ce cas la chanson est au format WMA avec un DRM de Microsoft, impossible à lire sous Linux.

Le service gratuit, qui tend à remplacer l’écoute d’un extrait de 30 secondes, sera financé par la publicité. L’idée n’est pas nouvelle, mais c’est la première fois qu’elle est exploitée à si grande échelle sur un service musical de premier plan. Toutefois pour concurrencer le P2P et attirer les consommateurs vers le payant, la gratuité en tête de gondole ne suffira pas. C’est pourquoi Napster dévoile deux services à forte valeur ajoutée par rapport aux eMule, Shareaza et autres Soulseek. Les NapsterLinks permettent aux internautes de diffuser en toute légalité des liens vers l’écoute gratuite des morceaux, que ce soit par e-mail, messagerie instantanée ou par blogs. Plus ambitieux, les Narchive visent à établir une sorte de Wikipedia de l’histoire de la musique, pour concurrencer l’excellent All Music Guide employé par Yahoo Music. En croisant l’éditorial et le catalogue musical, avec une première approche gratuite, Napster pourrait avoir trouvé une formule attractive pour enfin concurrencer Apple sur la musique en ligne.

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