Le quotidien allemand Die Spiegel affirme détenir des documents de la NSA qui montreraient que l'agence américaine est capable d'avoir accès aux données contenues dans les iPhone, Blackberry et smartphones sous Android. Y compris aux données de localisation géographique. Mais l'ampleur semble toutefois limitée.

Selon des documents obtenus par le Spiegel, qui devrait dévoiler davantage de détails dans la journée, la NSA est capable d'accéder aux informations contenues dans la majeure partie des téléphones vendus dans le monde, sans avoir recours à la collaboration des fabricants ou des opérateurs téléphoniques. L'agence de renseignement américaine, dont nous avions appris la semaine dernière comment elle casse le chiffrement des communications en ligne, aurait ainsi accès aux informations contenues dans les iPhone, les smartphones sous Android, et les téléphones BlackBerry.

Selon le quotidien allemand, parmi les informations obtenues sur les smartphones figurent les carnets d'adresses, SMS reçus et envoyés, notes rédigées par le propriétaire, et même l'historique des déplacements. Il est cependant plus probable qu'il s'agisse, dans ce dernier cas, du fameux "fichier de données de géolocalisation" contenu dans les iPhone, qui avait fait polémique en 2011 et obligé Apple à s'expliquer. "L'iPhone n'enregistre pas votre position. Il stocke en fait une base de données de points d'accès Wi-Fi et d'antennes relais situés à proximité de votre emplacement actuel", avait indiqué Apple. 

Accès à distance ou physique ?

Il n'est pas clair, à ce stade, si la NSA réussit à avoir un accès à distance aux smartphones dont elle souhaite espionner les propriétaires, ou si le déchiffrement se fait avec un accès plus direct aux appareils.

Il semble que ce dernier cas soit plus vraisemblable, puisque le Spiegel indique par exemple qu'un document fait état du fait que la NSA a pu "accéder avec succès aux données d'un iPhone dans des cas où la NSA était capable d'infiltrer l'ordinateur qu'une personne utilise pour synchroniser son iPhone". Ce n'est donc pas directement l'iPhone qui a été hacké à distance, mais l'ordinateur.

Par ailleurs, le quotidien précise que les documents montrent que le déchiffrement des données des smartphones semble être une opération spécifique, réalisée à petite échelle, contrairement à la surveillance des échanges sur Internet.

Mais il est aussi dit que dès 2009, la NSA se vantait dans un document interne de pouvoir "voir et lire le traffic SMS" des BlackBerry. "Champagne !", écrit même la NSA en mars 2010, lorsqu'elle se réjouit d'avoir enfin réussi à casser un nouveau système de chiffrement utilisé par BlackBerry.

"Les documents indiquent aussi que la NSA a mis en place des groupes de travail spécifiques pour s'occuper de chaque système d'exploitation, avec l'objectif d'accéder aux secrets des données contenues dans les téléphones", indique également le Spiegel.

Affaire à suivre.

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