Bien que tristoune en Europe, la télévision par ADSL est un grand succès en France. Selon une étude de Gartner, près de la moitié des abonnés européens à un tel service sont français, mais l'IPTV n'est pas une mine d'or pour les fournisseurs d'accès.

Renaud Donnedieu de Vabres aura encore une occasion de prononcer son mot fétiche : « fier ». « Nous pouvons être fiers que sur 3,3 millions d’Européens abonnés à un service de télévision par ADSL, 1,7 million sont Français« , pourrait ainsi déclarer le ministre de la Culture. L’exception culturelle française fait recette. En comparaison l’Allemagne et le Royaume-Uni font grise mine, avec respectivement 47.000 et 75.000 abonnés seulement.

D’ici 2010, l’Europe devrait multiplier par 5 son nombre d’abonnés pour atteindre les 16,7 millions de bénéficiaires d’un service de TV par ADSL, tandis que la France passerait à environ 5 millions d’abonnés.

Mais l’IPTV ne sera pas une source de revenus directs pour les fournisseurs d’accès à Internet. Il ne devrait pas « devenir une source majeure de revenus pour les compagnies de télécommunications dans les cinq prochaines années« , prévient l’institut Gartner. Le chiffre d’affaires dû à l’IPTV, estimé à 336 millions d’euros en 2006, devrait toutefois évoluer pour atteindre les 3 milliards en 2010. Mais si les opérateurs se font la guerre sur la télévision, particulièrement sur le marché français, c’est bien que l’avantage stratégique est colossal en terme de captation des clients. Tous ont bien conscience, à l’image du partenariat entre Free et le service Canal Play, que les kiosques de VOD voire de musique en ligne sont ce qui permettra de monétiser au mieux leur audience.

C’est une stratégie à long terme, où la France fait office de pionnière.

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