L'extension de l'assiette de la contribution à l'audiovisuel public est une idée qui fait son chemin. Du côté de France Télévisions, engagé dans un vaste programme d'économie, on ne cache plus sa préférence pour cette piste. Cette mesure, associée à d'autres (retour de la publicité après 20 heures), intéresse son président, Rémy Pflimlin.

Au surlendemain des Assises de l’audiovisuel, le président de France Télévisions est intervenu sur RTL pour évoquer la situation financière de son groupe et évoquer les solutions en cours et celles envisagées pour redresser la barre. Outre la suppression de programmes onéreux et la réduction des effectifs, qui constituent le versant des économies, Rémy Pflimlin a évoqué l'autre face de sa stratégie : les rentrées d'argent.

Pour le président de France Télévisions, il n'y a pas trente-six manières de financer les activités du service public audiovisuel français. Trois solutions principales sont évoquées : le retour total ou partiel de la publicité après 20 heures, l'augmentation de la contribution annuelle des foyers équipés d'un téléviseur (131 euros en Métropole et 85 euros pour la France d'outre-mer) et l'extension de l'assiette à d'autres écrans.

Ces approches ne sont évidemment pas exclusives. Rien n'empêche d'en combiner deux voire trois. Mais en l'état, Rémy Pflimlin serait plutôt partisan d'associer un retour de la publicité sur les chaînes du service public tout en modernisant la redevance audiovisuelle. Comment ? En étendant son assiette aux autres terminaux capables de recevoir la télévision.

"La question qui est posée aujourd'hui n'est pas tant l'augmentation de la redevance que [sa] modernisation et ce qu'on appelle l'assiette. Aujourd'hui, vous avez dans chaque foyer de six à huit écrans. Ces six à huit écrans permettent de regarder la télévision. Donc la redevance qui est aujourd'hui fondée sur l'écran de télévision est obsolète", a-t-il commenté.

À l'échelle européenne, la France ne serait pas un cas à part. Le président de France Télévisions a rappelé que "les Allemands, les Suédois et les Suisses ont décidé d'avoir une assiette différente", invitant chacun à s'inspirer des exemples étrangers. D'ailleurs, ces réflexions ont également lieu en Autriche et au Danemark, signe que la question de la vétusté du dispositif se pose dans nombre de pays.

Les remarques de Rémy Pflimlin arrivent juste après l'annonce par la ministre de la culture de la mise en place d'un groupe de travail parlementaire chargé de plancher sur les sources de financement de l'audiovisuel public.

( photo : Europe 1 )

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