La nouvelle édition du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale laisse une place importante à la cyberdéfense. Les rédacteurs considèrent en effet qu'un nouveau théâtre s'est ouvert depuis 2008, date à laquelle la précédente révision du livre blanc a été rédigée. Outre la terre, la mer, l'air et l'espace, les forces armées françaises doivent être opérationnelles dans le cyberespace.

C'est une évolution majeure par rapport à la version précédente, qui date de 2008. La quatrième révision du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale intègre désormais les cyberattaques parmi les principales menaces pouvant viser le territoire, la population et les ressortissants français. Pour la défense, le cyberespace "constitue désormais un champ de confrontation à part entière".

Car les menaces cybernétiques "se sont accrues de façon exponentielle depuis 2008". De ce constat est apparu le besoin d'adapter le modèle d'armée actuel. Ainsi, le livre blanc propose un format incluant "pour la première fois des capacités de cyberdéfense militaires, en relation étroite avec le renseignement et la planification défensive et offensive, préparant ou accompagnant les opérations militaires".

La vulnérabilité de l'État

Face à "la vulnérabilité croissante de l'État et de la société face à des attaques de plus en plus dangereuses", le livre blanc "prévoit donc une posture stratégique visant à déterminer l’origine des attaques, à organiser la résilience de la Nation et à y répondre, y compris par la lutte informatique offensive". Et dans ce domaine très sensible, le livre blanc appelle à l'autonomie complète de la France.

"Les atteintes aux systèmes d’information résultant d’actes hostiles intentionnels ou de ruptures accidentelles pourraient dès lors engendrer des dysfonctionnements, une paralysie de l'État ou de secteurs d’importance vitale pour la Nation, voire entrainer la perte de vies humaines ou des accidents technologiques ou écologiques majeurs", à l'image du virus Stuxnet qui a dégradé les centrifugeuses iraniennes.

Acte de guerre

"Une attaque informatique de grande envergure pourrait ainsi constituer un véritable acte de guerre", écrit le livre blanc, en particulier "si les intérêts stratégiques nationaux étaient menacés". Outre l'adaptation de la doctrine, les rédacteurs recommandent "une capacité informatique offensive" afin d'être en mesure de riposter. À cette fin, le livre blanc plaide pour plus de moyens consacrés à la cyberdéfense.

"La cyber-menace impose d’augmenter très significativement le niveau de sécurité et les moyens de défense des systèmes d’informations. Un effort important sera conduit pour développer dans le cyberespace nos capacités à détecter les attaques et à riposter de manière adéquate lorsque nos intérêts stratégiques sont menacés", poursuit le document.

Mesures et orientations

"Afin d’augmenter le niveau de sécurité des systèmes d’information de l'État et des opérateurs d’importance
vitale, le Livre blanc 2013 indique que des mesures législatives et réglementaires seront prises. La capacité
à agir en cas de crise informatique grave de l'ANSSI sera renforcée
", tout comme le sera "la capacité à produire en toute autonomie nos dispositifs de sécurité (cryptologie, détection d'attaque)".

Si la France se veut autonome, elle ne s'interdit pas de dialoguer avec ses alliés. Ainsi, le livre blanc invite à produire au moins les mêmes efforts que ceux "consentis par nos principaux partenaires européens" et à développer des "relations étroites entre partenaires internationaux de confiance", même si dans le cyberespace les amis peuvent parfois se tirer dans les pattes.

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