La Commission européenne estime qu'il n'est pas nécessaire en l'état de poursuivre ses investigations sur Windows RT. Bruxelles s'est penché sur l'OS de Microsoft dédié à l'architecture ARM suite aux protestations de la fondation Mozilla, qui accuse le géant des logiciels d'empêcher les navigateurs concurrents de fonctionner sur les machines sous Windows RT.

En marge de Windows 8, Microsoft a conçu une version spéciale de son nouveau système d'exploitation. Baptisé Windows RT, il est réservé aux ordinateurs portables et aux tablettes numériques conçus autour d'une architecture ARM. À la différence de Windows 8, Windows RT comprend des limitations techniques à cause, notamment, de la nouvelle interface graphique.

Par conséquent, le fonctionnement de certaines applications est impossible. C'est par exemple le cas de certains navigateurs web, comme Google Chrome ou Mozilla Firefox, puisque ces derniers n'ont pas été adaptés à la nouvelle interface. Seuls les programmes validés par Microsoft et disponibles sur la boutique d'applications Windows Store pourront être installés sur Windows RT.

Aux yeux des autres éditeurs, c'est particulièrement injuste. En effet, Internet Explorer est le seul navigateur web à pouvoir fonctionner sur Windows RT, dans la mesure où le logiciel appartient à Microsoft. "Microsoft a aussi érigé des barrières qui ne nous empêchent de développer Firefox pour Windows RT. Cela ne nous parait pas justifié", regrette Tristan Nitot, évangéliste pour la fondation Mozilla, interrogé par Le Figaro.

Cette situation ne paraît pas inquiéter outre-mesure la Commission européenne, pourtant si sensible à la bonne concurrence dans le secteur des navigateurs web. Joaquín Almunia, vice-président de la Commission et chargé de la concurrence, a estimé que l'enquête préliminaire destinée à faire le point sur l'absence des navigateurs tiers dans Windows RT n'a pas besoin d'être étendue.

"Nous nous sommes penchés sur Windows RT et sur la base de notre enquête, il n'y a pas matière à poursuivre des investigations sur ce point particulier", a-t-il déclaré, cité par PC World. Néanmoins, "nous continuerons à surveiller tous les éléments de Windows et la manière dont Microsoft se conforme à ses engagements", notamment au niveau de Windows 8.

L'Union européenne n'obligera donc pas, en l'état, Microsoft à ouvrir davantage Windows RT pour que le système d'exploitation puisse accueillir d'autres navigateurs web. En revanche, Bruxelles restera attentive sur le respect de la concurrence au niveau de Windows 8, qui sera inévitablement l'OS le plus répandu, contrairement à Windows RT, qui devrait connaître un succès restreint.

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