Comment résorber l'écart qui se creuse entre l'Internet métropolitain et l'Internet d'outre-mer ? Pour un député européen originaire de Guadeloupe, il faut explorer la piste de l'Internet par satellite. Mais la mesure n'est pas jugée pertinente par l'Inspection générale des finances.

En comparaison de la métropole, les territoires français situés outre-mer ne bénéficient pas de la même qualité d'accès à Internet. Du fait de l'éloignement avec l'Hexagone, les offres ADSL s'avèrent généralement plus coûteuses et les débits moins importants. Des zones blanches  subsistent dans certaines régions, constituant un paradoxe alors que le très haut débit arrive dans les grandes agglomérations métropolitaines.

Ainsi, les premiers services ADSL ne sont disponibles que depuis ce printemps à Mayotte. Le haut débit (qui n'a de haut que le nom) plafonne à 2 mbit/s tandis qu'une formule double-play est facturée 59,90 euros par mois, rapporte Ariase. À la Réunion, qui dispose de l'ADSL depuis plus longtemps et dont les débits sont plus conséquents, ce sont les prix trop élevés qui agacent le député de l'île, signale Degroup News.

La situation ne date pas d'hier et la fracture numérique demeure une réalité pour nombre de Français d'outre-mer. Et si le développement du haut débit va quand même dans le bon sens, l'écart se creuse relativement avec l'Hexagone, dans la mesure où le très haut débit en métropole est soutenu par diverses mesures (fibre optique, montée en débit, 4G, VDSL2…).

Quelle(s) solution(s) apporter à ces territoires ? Comme le signale Benoît Tabaka, le député européen de la Guadeloupe Patrice Tirolien suggère de mobiliser les satellites. Au cours d'un échange sur la stratégie européenne pour les régions ultrapériphériques à l'horizon 2020, il a annoncé son intention de "lancer une initiative pilote sur l'Internet par satellite, qui est une solution pour désenclaver nos territoires insulaires".

Mais cette alternative ne fait pas l'unanimité. Dans son rapport d'avril, l'Inspection générale des finances a affirmé que les "solutions satellitaires ne sont pas suffisamment matures" pour offrir une vraie solution pérenne. Selon le service d'inspection interministériel, les offres commerciales compétitives ne verront vraisemblablement pas le jour avant dix ans.

En novembre 2011, il a pourtant été annoncé  qu'un projet de très haut débit par satellite était en cours d'élaboration, pour couvrir les zones difficiles d'accès ou particulièrement reculées. Pour le mener à bien, une enveloppe de 100 millions d'euros a été mise sur la table.

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