Publié par Julien L., le Jeudi 10 Mai 2012

Aux USA, une loi pourrait assurer que les salariés restent maîtres de leur réseau social

Des parlementaires américains ont déposé une loi qui vise à empêcher les employeurs de demander les mots de passe permettant de se connecter aux profils de leurs employés présents sur les réseaux sociaux. Une mesure qui concerne également les candidats à un poste.

Soucieuses de dénicher le meilleur candidat pour chaque poste à pourvoir, de plus en plus d'entreprises ne se satisfont plus des seuls CV, lettre de motivation et entretien. À l'heure d'Internet, les recruteurs n'hésitent plus à faire des recherches parallèles pour mieux cerner la personnalité des candidats... quitte à lever une part importante du voile qui recouvre leur vie privée.

Or, cette pratique a engendré des abus aux États-Unis. Selon des témoignages recueillis par l'Associated Press, certains employeurs demandent carrément aux candidats de livrer le couple identifiant / mot de passe servant à se connecter aux réseaux sociaux auxquels ces derniers sont inscrits. Et gare à ceux qui refusent de satisfaire la curiosité des recruteurs : cela peut tout simplement leur coûter la place.

Une situation intolérable pour des parlementaires américains, qui ont déposé à la Chambre des représentants et au Sénat une proposition de loi interdisant aux employeurs de demander ces informations aux candidats et aux salariés. Le texte, baptisé Password Protection Act, prévoit des sanctions financières - non précisées - contre les recruteurs faisant peu de cas de la vie privée de leurs futurs employés.

En première ligne sur ce sujet vu le nombre d'inscrits sur son service, Facebook a pris position contre ces pratiques. "Si vous êtes un membre de Facebook, vous ne devriez en aucun cas partager votre mot de passe, permettre à quelqu'un d'accéder à votre compte ou faire quoi que ce soit qui pourrait affecter la sécurité de votre compte ou affaiblir le niveau de confidentialité de vos amis".

Car la divulgation du mot de passe ne compromet pas uniquement les données d'un seul membre. Cela expose aussi les contacts de ce dernier. Si le recruteur a accès au compte de l'internaute, il peut non seulement voir ses informations mais aussi celles de ses amis. Et ces derniers n'ont sans doute aucune envie de les partager avec un parfait inconnu, surtout s'ils sont très précautionneux en matière de vie privée.

Qui plus est, le candidat qui livre son mot de passe Facebook ne fragilise pas seulement ce profil, mais aussi très probablement de nombreux autres services sur lesquels il est inscrit. En effet, de nombreux internautes ne s'embêtent pas à créer un mot de passe par compte et préfère exploiter un mot de passe unique. Si celui-ci est le même que celui donné à l'employeur, le risque est considérable.

Si les deux chambres du Congrès des États-Unis adopte le Password Protection Act, les recruteurs devront à l'avenir se contenter des informations diffusées publiquement sur Internet. Mais tout n'est pas résolu pour autant. Si un candidat verrouille son profil pour ne laisser que le strict minimum transparaître sur la toile, certaines firmes pourraient considérer que celui-ci n'est pas assez ouvert d'esprit ou communicatif.

Impossible ? Selon une étude conduite en 2010, 29 % des recalés l'ont été pour cette raison. Ils ont été jugés comme cherchant à cacher des vices ou des comportements déviants. Ainsi, si ne livrer aucune information personnelle sur Internet apparaît a priori la meilleure manière d'éviter qu'une information ne déplaise à un employeur potentiel, ce n'est pas parfait.

Mais c'est un moindre mal.

Publié par Julien L., le 10 Mai 2012 à 16h32
 
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Commentaires à propos de «Aux USA, une loi pourrait assurer que les salariés restent maîtres de leur réseau social»
Inscrit le 08/02/2005
920 messages publiés
On attend le moment où le patron va demander le code secret de la carte bancaire du candidat pour vérifier qu'il n'effectue pas des achats "douteux" ou alors qu'il lui laisse accès à sa/son compagne/compagnon pour voir si il mène vie privée digne d'un "bon père de famille"...

Vive les écoles où on apprend qu'un salarié n'est qu'un bout de chaire, et que de toute façon avec le taux de chômage qu'on a, on peut tout se permettre avec un demandeur d'emploi...
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915 messages publiés
De toutes façons, qui aurait envie de bosser pour quelqu'un qui épie les moindres faits-et-gestes de ses esclaves... Pardon, employés ?
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6355 messages publiés
ze_katt (Modérateur(rice)) le 10/05/2012 à 16:52
Quelqu'un qui mange pas tous les jours? et qui est al la limite de perdre son logement?
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627 messages publiés
Simple, quelqu'un qui n'a pas le choix car il lui faut un travail pour survivre ... Notre monde déraille totalement à tous les niveaux c'est moche.
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915 messages publiés
Donc, si je comprends bien, si vous aviez des soucis financiers et qu'un employeur vous demandait de vous mettre à poil dans son bureau si vous voulez le poste, vous le faites ?
Je préfère aller dormir dehors, pour ma part.
[message édité par Warp le 10/05/2012 à 16:57 ]
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627 messages publiés
Bof la comparaison ce n'est quand même pas tout à fait la même chose ... Même si dans le principe ça se rapproche et que je trouve ça intolérable mais bon.
[message édité par Djaibi le 10/05/2012 à 16:57 ]
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915 messages publiés
En effet. Qu'un employeur accède au réseau social complet d'un candidat, allant jusqu'à épier toute sa vie, ses amis et toutes ses données, ça serait plutôt comparable à une fouille anale qu'un simple enlevage de vêtements.
Merci pour la rectification.
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998 messages publiés
J'ai comme un gros doute sur l'efficacité de cette loi. Le patron pourra toujours demander le pass. Que fera le demandeur ? Soit il se tait, soit il dénonce, mais dans ce cas, c'est parole contre parole et sans preuves.

A moins que les demandeurs enregistrent/filment l'entretien, ce qui est assez ironique dans ce cas, ça m'étonnerait que cela ne change vraiment la situation.
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915 messages publiés
Hey00, le 10/05/2012 - 17:24
J'ai comme un gros doute sur l'efficacité de cette loi. Le patron pourra toujours demander le pass. Que fera le demandeur ? Soit il se tait, soit il dénonce, mais dans ce cas, c'est parole contre parole et sans preuves.

A moins que les demandeurs enregistrent/filment l'entretien, ce qui est assez ironique dans ce cas, ça m'étonnerait que cela ne change vraiment la situation.
Bah, il y a déjà des tonnes de restrictions de ce style. La discrimination raciale en est une. Comment prouver qu'un employeur a refusé un poste car une personne n'était pas "de la bonne couleur à son goût" ?

La seule façon est de regrouper divers témoignages. Si la cour constate un dépôt de plaintes important sur un employeur précis qui demanderait ces informations, alors ils pourront attenter quelque chose.
Mais ça n'est pas fait pour que les gens déboutés trouvent un travail, c'est juste là pour faire office de sanction.
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5137 messages publiés
Comment prouver qu'un employeur a refusé un poste car une personne n'était pas "de la bonne couleur à son goût" ?


Cela se prouve régulièrement : envoyer exactement le même CV, une fois avec une photo d'un blanc bien de chez nous, une fois avec une photo d'un sale arabe.

Tu n'imagines pas le nombre de boîtes qui se sont fait chopper sur des trucs aussi cons "Gérard, on le convoque pour un entretien, mais Ahmed on va lui répondre qu'il ne convient pas"
Inscrit le 24/03/2009
915 messages publiés
C'est ce que je dis : il faut un regroupement de cas. Même bidons.
Inscrit le 10/05/2012
1 messages publiés
De toutes façons, qui aurait envie de bosser pour quelqu'un qui épie les moindres faits-et-gestes de ses esclaves... Pardon, employés ?

Une mec qui aurait besoin de bosser parce qu'il a besoin d'argent. Faut pas oublier que la vie privée n'en rapporte pas, ce qui n'est pas le cas d'un travail ...
Inscrit le 15/08/2008
2838 messages publiés
Hey00, le 10/05/2012 - 17:24
J'ai comme un gros doute sur l'efficacité de cette loi. Le patron pourra toujours demander le pass. Que fera le demandeur ? Soit il se tait, soit il dénonce, mais dans ce cas, c'est parole contre parole et sans preuves.

A moins que les demandeurs enregistrent/filment l'entretien, ce qui est assez ironique dans ce cas, ça m'étonnerait que cela ne change vraiment la situation.


Un dictaphone ne pèse que quelques grammes, coute quelques euros et peut prendre place dans une poche de chemise ou même dans une poche. C'est totalement invisible. Mais bon là faut être parano.
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871 messages publiés
@zig et puce
Déjà merci de mettre des guillemet autour de "sale arabe".

Ensuite choisir quelqu'un de blanc plutôt qu'une personne à la peau colorée n'est pas toujours conscient et par pur racisme. Cela peu être inconscient (le blanc à un meilleur sourire qui donne plus confiance ou bien au collège un groupe "d'arabe" vous embêtait et ça vous à laissé des traces) ensuite cela peu même avoir l'effet inverse! : On choisi la personne à la peau sombre pour ce donner bonne conscience.

La vraie acceptation sera lorsqu'on ne fera même plus attention à la couleur de peau (éviter de faire un jeu de mot douteux en présence d'un noir ou aider une personne à la peu coloré pour se donner bonne conscience)
[message édité par Nyn le 10/05/2012 à 18:25 ]
Inscrit le 20/09/2011
5137 messages publiés
@zig et puce
Déjà merci de mettre des guillemet autour de "sale arabe".

Pourquoi ?
Parce qu'il y en a qui ne comprendraient pas ?
Tant pis pour eux.
Je déteste tout ces smileys et autres signes qui sont censés montrer que l'on plaisante, qu'il ne faut pas prendre au sérieux ou je ne sais quoi encore.

Ensuite, dans nos contrées, il y a quand même largement plus de discrimination envers les noirs, les bronzés, les basanés, les bridés (je ne met aucun guillemet) qu'envers les blonds bien blancs.
Inscrit le 21/02/2006
4256 messages publiés
Perso meme au USA le mec qui me demande un truc comme ça que ce soit légal ou pas il ce mange un bourre pif illico

et rien a foutre de prendre la porte ensuite
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1280 messages publiés
Inscrit le 22/03/2012
72 messages publiés
Le problème avec ce genre de lois c'est qu'elle font présumer la légalité d'une chose alors qu'elle est totalement illégale. Pourquoi promulguer une loi "interdisant l'accès d'un employeur au compte de son salarié" alors que C'EST DÉJÀ ILLÉGAL?
ha non cest pas illegal tant que cest pas interdit . la loi est d'application stricte . si le salarie donne volontairement son password il n'y a rien a dire.
a lui de refuser . mais avec cette loi si elle est vote il n'aurra pas a refuser vu quon ne lui demandera pas .
quand a avoir un magneto lors de ses entretients pourquoi pas si 30 pour cent des employeurs ont ce genre de pratique il y a du fric a se faire en les attaquant en justice . comme qui dirait cest de bonne guerre .!!
Inscrit le 18/06/2011
871 messages publiés
zig, le 10/05/2012 - 19:34
@zig et puce
Déjà merci de mettre des guillemet autour de "sale arabe".

Pourquoi ?
Parce qu'il y en a qui ne comprendraient pas ?
Tant pis pour eux.
Je déteste tout ces smileys et autres signes qui sont censés montrer que l'on plaisante, qu'il ne faut pas prendre au sérieux ou je ne sais quoi encore.

Ensuite, dans nos contrées, il y a quand même largement plus de discrimination envers les noirs, les bronzés, les basanés, les bridés (je ne met aucun guillemet) qu'envers les blonds bien blancs.

"Sale" est péjoratif, c'est donc une insulte. Les guillemet servent à dire que ce n'est pas toi qui lance l'insulte.
Inscrit le 04/08/2008
63 messages publiés
On connaissait déjà le problème, cette proposition de loi - par des élus Démocrates- au Senat américain (112TH CONGRESS 2D SESSION, BILL "To prohibit employers from compelling or coercing any person to authorize access to a protected computer, and for other purposes" By Mr Blumenthal) est une exellente chose.

Il faut espérer des initiatives similaires en Europe.

On trouvera ici (en Anglais) le texte complet et officiel soumis au Sénat :
http://blumenthal.se...9a-e80418ab3c1f
et le résumé ici:
http://blumenthal.se...00-cf21171decfc

Il y a possibilité de la soutenir par une pétition en ligne sur le site du Sénateur Blumenthal, mais, en pratique, uniquement si l'on est citoyen américain, s'agissant d'une question legislative américaine.

Bonne chance à cette proposition de loi.


Par contre, Numerama écrit une bizarerie par rapport à ses propres sources... et c'est assez amusant d'observer comment un texte se déforme depuis sa source originale jusqu'à votre écran.

Pire, chacun vous colle un lien pour appuyer ses propres termes, et non pas ceux de la source, sachant que la majorité des lecteurs n'ira pas vérifier le lien, surtout s'il est dans une langue étrangère.

Numerama écrit : "Selon une étude conduite en 2010, 29 % des recalés l'ont été pour cette raison. Ils ont été jugés comme cherchant à cacher des vices ou des comportements déviants"

Des "des vices ou des comportements déviants"... Cela n'est pas utilisé par la source.

La propre source citée par Numerama (source en Français, reprenant elle même une information du site américain Marketwatch, reprenant lui-même un sondage de Harris Interactive pour Careerbuilder... Ca, c'est de l'info à la source ! ) indique :

"Le candidat fait preuve de faibles aptitudes dans la communication (29%)."
http://www.branchez-...ebook_link.html


Et, là, comparons...

1) Numerama :
"29 % des recalés l'ont été pour cette raison. Ils ont été jugés comme cherchant à cacher des vices ou des comportements déviants"

[2) branchez-vous.com (source citéé par Numérama)
"- Photos ou informations inappropriées ou provocatrices (53%);
- Contenus indiquant que le candidat consomme de l'alcool ou des substances illicites (44%);
- Critiques à l'égard d'un employeur précédent ou d'un collègue de travail (35%);
- Le candidat fait preuve de faibles aptitudes dans la communication (29%)."
http://www.branchez-...ebook_link.html

3) Careerbuilder (source originale) disait :
"Why Employers Disregarded Candidates After Screening Online

Job seekers are cautioned to be mindful of the information they post online and how they communicate directly with employers. Thirty-five percent of employers reported they have found content on social networking sites that caused them not to hire the candidate. The top examples cited include:

Candidate posted provocative or inappropriate photographs or information - 53 percent
Candidate posted content about them drinking or using drugs - 44 percent
Candidate bad-mouthed their previous employer, co-workers or clients - 35 percent
Candidate showed poor communication skills - 29 percent
Candidate made discriminatory comments - 26 percent
Candidate lied about qualifications - 24 percent
Candidate shared confidential information from previous employer - 20 percent

Fourteen percent of employers have disregarded a candidate because the candidate sent a message using an emoticon such as a smiley face while 16 percent dismissed a candidate for using text language such as GR8 (great) in an e-mail or job application."
http://www.careerbui...9&ed=12/31/2009

Etonnant, non ? ! (Et où sont les "vices ou des comportements déviants" à 29% ?)
[message édité par millerNA le 11/05/2012 à 16:21 ]
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