L'Agence nationale des fréquences n'est pas satisfaite de l'évaluation de Free Mobile par l'Arcep. Selon elle, la méthode choisie par le gendarme des télécoms ne prend pas suffisamment en compte l'aspect hybride du réseau du quatrième entrant, ce qui fausse les mesures finales de couverture de la population.

Détenteur d’une licence 3G depuis fin 2009, Free Mobile s’est engagé auprès de l’Arcep à ouvrir commercialement son réseau mobile au plus tard deux ans après la délivrance de l’autorisation et à couvrir, d’ici huit ans, au moins 90 % de la population par son réseau 3G. L’opérateur doit enfin atteindre différents paliers de couverture au fil des ans, afin de prouver sa volonté de bâtir un véritable réseau mobile.

Pour vérifier que Free Mobile respecte bien ses engagements, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes procède donc régulièrement à des vérifications sur le terrain. C’est ainsi que le gendarme des télécoms a validé le niveau de couverture de la population par réseau mobile de l’opérateur en décembre. Un seuil confirmé une nouvelle fois en février, lors d’un second contrôle.

Or, la méthode choisie par l’Arcep pour s’assurer que Free Mobile respecte les conditions d’attribution de la licence 3G est peut-être insuffisante. C’est ce qui transparaît d’un rapport réalisé par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) et dont les premiers éléments ont été diffusés par Les Échos, à défaut d’une publication du document par le ministre de l’industrie et de l’économie numérique, qui s’y refuse.

Pour l’ANFR, les particularités de ce réseau, qui s’appuie sur l’itinérance, ne sont pas bien prises en compte par l’Arcep. Sans remettre en cause l’intérêt des tests du gendarme des télécoms pour un opérateur classique, l’ANFR souligne que ceux-ci sont peu pertinents pour un nouveau venu comme Free Mobile. « La couverture théorique reflète mal la réalité du fonctionnement d’un réseau hybride« .

L’Arcep s’appuie en effet sur des cartes SIM verrouillées à un réseau spécifique pour mesurer le taux de couverture. Or, cette approche ignore les réglages qui, au moment de choisir entre Free Mobile ou Orange dans le cadre de l’itinérance, amènent les mobiles à opter pour les antennes-relais du second au détriment des infrastructures du premier.

Une situation aggravée par un faible rafraichissement de la recherche réseau et une implantation espacée des antennes de Free Mobile qui « accroît la dépendance » envers Orange. L’ANFR, qui doit rendre son rapport final à la fin du mois de mars, précise toutefois que ces failles dans le protocole de test de l’Arcep peuvent être aisément résolus.

Cela passe en particulier par une révision de certaines parties de l’évaluation du quatrième opérateur, pour ne plus ignorer la situation mixte de son réseau. Free Mobile peut aussi faire quelques modifications afin de « rétablir la préférence de ses terminaux pour son infrastructure propre« . Les remarques de l’ANFR pourraient par ailleurs expliquer le mécontentement récent d’Orange sur la manière dont se déroule l’itinérance.

Selon l’opérateur historique, la quasi-totalité (97 %) des communications Free Mobile transiterait par les antennes-relais d’Orange au lieu de passer en partie par les stations du quatrième entrant. Cette charge conséquente aurait même été à l’origine d’un incident survenu début février, touchant à la fois des clients Orange et des usagers Free Mobile.

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