Le droit d'auteur plus important que la compréhension de la justice
La rédaction -
publié le Mercredi 07 Décembre 2011 à 10h14 -
posté dans Société 2.0
![]() Le ministère de la Justice estime normal que les rapporteurs publics du Conseil d'Etat ne publient pas toujours leurs conclusions, pourtant essentielles à la bonne compréhension des arrêts de la juridiction administrative. Ils possèdent sur ces "oeuvres" un droit d'auteur qui est supérieur à l'intérêt public.
Il existe un principe en droit français de la propriété intellectuelle, qui est d'intérêt public. Contrairement au droit d'inspiration britannique (ce qui peut donner lieu à une exploitation politique redoutable), les actes officiels et les décisions de justice ne sont pas soumis à un droit d'auteur, car une telle protection serait incompatible avec l'adage qui veut que nul n'est censé ignorer la loi ou la jurisprudence. C'est aussi un principe de bon sens, puisque les lois, décrets, textes réglementaires locaux, et autres jugements sont rédigés au nom du peuple, et c'est donc le peuple qui est propriétaire de ces actes. Mais malgré ce fondement de bon sens, tous les actes administratifs et tous les actes liés à la procédure judiciaire ne sont pas dans le domaine public. En mai dernier, le député Lionel Tardy (UMP) avait interrogé le ministère de la Justice pour contester la pratique du Conseil d'Etat, qui ne rend pas publiques les conclusions du... rapporteur public (sic). Celui-ci a pourtant, selon les propres explications de la juridiction administrative, la "mission d'exposer les questions que présente à juger chaque recours contentieux et de faire connaître (...) son opinion sur les solutions qu'appelle, suivant sa conscience, le litige soumis à la juridiction à laquelle il appartient". C'est un rôle clé, puisque l'avis du rapporteur public est très souvent suivi par les juges administratifs. Or comme le rappelait le député, la communication des conclusions "dépend de la seule volonté de leur auteur et, lorsqu'elles sont effectivement communicables, ces conclusions demeurent frappées d'une redevance réglementaire (10 € devant les formations d'assemblée ou de section du Conseil d'État, 7 € devant les autres formations) perçue par le Centre de recherche et de diffusion juridique du Conseil d'État". Pourtant, ajoutait-il, "ce sont des documents importants quant à l'accès au droit des justiciables, permettant de comprendre la logique d'un arrêt, notamment parce que les attendus et motivations ne sont pas toujours explicites, ou lorsque l'arrêt est rendu contre les conclusions du commissaire du gouvernement". Dans sa réponse, le ministère de la Justice n'évoque à aucun moment les principes de bonne justice qui voudraient que les conclusions du ministère public soient publiques. Il se repose sur le droit d'auteur du magistrat pour justifier l'injustifiable. "Le principe de l'oralité des conclusions du rapporteur public exclut la systématicité de leur publication", commence le ministère. "Les agents publics disposent seuls, en tant qu'auteurs, du droit de divulguer leur oeuvre", et le fait que le rapporteur public n'est soumis à aucune hiérarchie empêcherait le Conseil d'Etat de lui imposer d'abandonner ses droits exclusifs. "Le rapporteur public peut librement disposer des conclusions qu'il prononce à l'audience", conclut le ministère de la Justice, sans s'en émouvoir. Pas la peine d'espérer une réforme législative pour corriger cette absurdité. à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
34
Commentaires à propos de «Le droit d'auteur plus important que la compréhension de la justice»
Répondre
![]()
Arkados
le 07/12/2011 à 10:35
... what the fuck ?
ces conclusions demeurent frappées d'une redevance réglementaire
sed -e "s/rapporteur public/consultant auto-entrepreneur/":
Commentaire sur Numerama.com
Mais ce rapporteur public est-il "payé" par l'état (i.e. les français) pour faire ce travail ?
Si oui il ne peut pas "refuser" à son "employeur" (i.e. les français) de leur communiquer le fruit du travail pour lequel ils le payent. Bravo. Vous y êtes presque. Encore quelques marches, bourreau n'oubliez pas de dégager leurs nuques.
et autres jugements sont rédigés au nom du peuple, et c'est donc le peuple qui est propriétaire de ces actes.
mandataire ne veut pas dire propriétaire. Sinon, d'accord sur l'absurdité que les conclusions ne soient pas publiées. Sauf qu'il faut là aussi ne pas généraliser : un rapport d'un agent des services secrets n'a pas vocation à être publié et on peut dire tout ce qu'on veut sur le fait qu'il est payé par nos impôts. Peut-être que ces gens qui nous gouvernent ne veulent tout simplement pas que l'on comprenne ces lois qu'ils votent soit disant pour nous...
Les arrêt sont rendus au nom du peuples français ou sont justes des ½uvres littéraires qui n'intéressent que son auteur?
Si c'est des ½uvres littéraires, il devrait ne pas être payé pour leur production et les vendre directement aux citoyens français, ça serait plus simple. Les arrêt sont rendus au nom du peuples français ou sont justes des ïuvres littéraires qui n'intéressent que son auteur?
C'est intéressant comme réflexion. Parce que finalement, la justice rendue au nom du peuple français, c'est exactement la notion d'ayant-droit : l'artiste qui permet à un tiers d'agir en son nom. Au fait, question : j'ai regardé dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et dans la constitution et je n'ai pas vu cette notion de justice qui doit être rendue au nom du peuple français. Le seul point qui s'en rapproche est "La Loi est l'expression de la volonté générale" dans la déclaration de 1789, mais qui évoque plus l'établissement de la loi que son application. zig, le 07/12/2011 - 10:46 Sinon, d'accord sur l'absurdité que les conclusions ne soient pas publiées. Sauf qu'il faut là aussi ne pas généraliser : un rapport d'un agent des services secrets n'a pas vocation à être publié et on peut dire tout ce qu'on veut sur le fait qu'il est payé par nos impôts.Bien évidemment mais dans ce cas ça n'est pas pour une question de droit d'auteur que la publication est refusée, mais pour des questions de sûreté, de secret défense, etc. Et c'est légitime. Là encore, chacun voit midi à sa porte et tant que le rapporteur public n'aura pas les c..... prises, cela restera un état de fait.
hein ? Et si je pète, je peux mettre un droit d'auteur sur l'enregistrement aussi ?
Mais c'est complètement n'importe quoi cet argument... A quand un droit d'auteur sur le jugement d'un tribunal ? Guillaume, le 07/12/2011 - 11:19 zig, le 07/12/2011 - 10:46 Sinon, d'accord sur l'absurdité que les conclusions ne soient pas publiées. Sauf qu'il faut là aussi ne pas généraliser : un rapport d'un agent des services secrets n'a pas vocation à être publié et on peut dire tout ce qu'on veut sur le fait qu'il est payé par nos impôts.Bien évidemment mais dans ce cas ça n'est pas pour une question de droit d'auteur que la publication est refusée, mais pour des questions de sûreté, de secret défense, etc. Et c'est légitime. Oui mais l'ayant droit, c'est le peuple français.
Ben non. dans "la justice est rendue au nom du peuple français", l'ayant droit est un citoyen français, mais n'est pas le peuple pris dans sa globalité.Hallucinant !! Ils sont payés pour un travail et le fruit de leur travail leur appartient ????????????? WTF !
Aux termes de l'article L. 7 du code de justice administrative : " Un membre de la juridiction, chargé des fonctions de rapporteur public, expose publiquement, et en toute indépendance, son opinion sur les questions que présentent à juger les requêtes et sur les solutions qu'elles appellent ".
C'est donc au sens du droit une juridiction qui rend un avis (consultatif), qui analyse le point de droit, à la manière de ce que peut faire l'autorité de la concurrence. Le droit d'auteur n'a rien à faire là dedans. J'ajouterais que si le droit d'auteur s'appliquait effectivement, pourquoi est-ce que la taxe est d'ordre réglementaire ? L'État n'est pas un auteur. Oui c'est ridicule Handi, le 07/12/2011 - 12:04 Hallucinant !! Ils sont payés pour un travail et le fruit de leur travail leur appartient ????????????? WTF !du coup on se demande pourquoi s'emmerder avec des trucs inutiles tels que "seances publiques de l'assemblée" ou "publication au journal officiel" car ca serait la aussi al propriété de leur auteur
allez un peu d'opacité: une loi a été votée, non on n vous dira ps son contenu, et non vous n'aurez pas le droit de la voir et OUI le juge rendra son avis en fonction de ces documents et meme l'avocat de la defense n'y aura pas acces circulez y'a rien a voir je trouve que ces pitreries autour du sacrosaint droit d'auteur vont un peu loin a force zig/enter: on parle ici de trucs émis par des porteparoles du legislateur lors de l'ellaboration d'une loi, alors les amalgames avec le secret defense tu te les garde au chaud la ou je pense Captain44800, le 07/12/2011 - 13:47 Handi, le 07/12/2011 - 12:04 Hallucinant !! Ils sont payés pour un travail et le fruit de leur travail leur appartient ????????????? WTF !Au nom du droit d'auteur, tu peux toucher une rémunération dans certaines hypothèses. Tout dépend du degré de contrôle et d'encadrement de ton employeur. Bravo. Vous y êtes presque. Encore quelques marches, bourreau n'oubliez pas de dégager leurs nuques.
et assurez vous que "le rasoir coupe de tre pret". Il y a des tartes a la cremes qui se perdent dans ce pays.
|
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
Télécharger
bittorrent emule islande,
cryptage emule islande,
bittorrent emule island,
windows 8,
nettoyeurs emule islande,
logiciel 2010,
msn messenger,
avast,
Accès rapide :
eMule (et mods eMule) |
Photo numérique |
Outils Réseau |
Codecs et plugins |
Nettoyeurs |
Optimisation |
Navigateur Web |
|