Nous en avons déjà parlé ici, l’écrivain Frédéric Beigbeder n’est pas le plus grand fan des liseuses de livres électroniques. L’auteur qui dénonçait la société de consommation dans 99 Francs a même promis de mettre « sa main dans la gueule » à ceux qui oseraient télécharger une version numérique d’un de ses livres, forcément piratée puisqu’il n’a pas l’intention d’autoriser son éditeur à diffuser ses œuvres sur les plateformes iBooks, Amazon, Fnac ou consorts. Pour lui, rien ne vaut l’objet papier et ceux qui les mettent en rayon.

Inversement, François Bon plaide dans « Après le livre » pour une mutatation aussi bien technologique que littéraire. Or L’Express a eu l’excellente idée de confronter leurs deux thèses dans une conversation dont nous vous recommandons chaudement la lecture intégrale.

Un extrait révélateur de l’ensemble :

Frédéric Beigbedder : Vous considérez que le livre numérique n’a fait qu’accélérer les choses. Mais je crois qu’il faut quand même se battre pour retarder le moment de la disparition du livre. C’est très grave ! J’aimais les disques aussi. Vous aimez les Rolling Stones : vous les écoutez comment, en vinyle, en cd ou en mp3 ?
François Bon : Sur Spotify, en streaming.
Frédéric Beigbedder : Et vous ne trouvez pas que le son est moins bon ?
François Bon : Le son est moins bon, mais je gagne un autre espace, où je peux me balader et découvrir d’autres musiciens. Là aussi, on change de concept. Quelque part, si je veux vraiment l’excellence du son, je vais les écouter ou je me souviens de l’Olympia en 2003.
Cette discussion a déjà eu lieu quand les locomotives et les tramways ont pris la place des chevaux. Elle a déjà eu lieu au moment du livre imprimé, alors qu’on lui reprochait sa fragilité par rapport aux supports précédents. Mais où sont les usages aujourd’hui ? Puisqu’on est tout le temps dans l’ordinateur, il faut apprendre à en faire un usage critique. Comment va-t-on lui ajouter cette voix humaine qui est justement la littérature ?

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