On se demande comment cette vidéo ne nous était pas encore parvenue. C’est par un tweet de @chamsz que nous l’avons découverte ce mardi matin, de nombreux mois après sa publication. C’est en effet le 13 janvier 2011 que le réalisateur espagnol Alex de la Iglesia a prononcé ce discours, lors de la cérémonie des Goya, l’équivalent ibérique des Césars. Il vient alors de démissionner de la présidence de l’Académie des Goya, en signe de protestation contre le projet de loi Sinde, qui prévoit le blocage des sites illégaux de liens et de streaming sur simple proposition administrative. Le réalisateur reprochait à cette Hadopi espagnole à la fois le fond répressif et la méthode de bulldozer avec laquelle le gouvernement l’a imposé malgré l’opposition des députés (depuis, le texte a été validé par le Congrès).

Voici un extrait de son discours :

« Internet n’est pas l’avenir, comme certains le croient. Internet, c’est le présent. Internet est le moyen de communiquer, de partager de l’information, du divertissement et de la culture, utilisé par des centaines de millions de personnes.

Internet fait partie de nos vies. C’est la nouvelle fenêtre qui nous ouvre l’esprit aux monde extérieur. LEs internautes n’aiment pas qu’on les appelle ainsi. Ce sont des citoyens. Ce sont simplement : des gens. Ce sont notre public.

Ce public, qu’on a perdu, ne va pas au cinéma, car il est devant un écran d’ordinateur. Je veux dire clairement que nous n’avons pas peur d’internet, parce qu’internet est précisément le salut de notre cinéma. On ne gagnera le futur que si nous sommes ceux qui changeons, ceux qui innovons, en allant de l’avant, avec des propositions imaginatives, créatives, en apportant un nouveau modèle de marché qui prenne en compte tous les acteurs : auteurs, producteurs, distributeurs, exploitants, pages web, services et utilisateurs.

On a besoin d’une crise, d’un changement, pour pouvoir avancer vers une nouvelle façon de comprendre le marché du cinéma.

Nous devons penser à nos droits, bien entendu. Mais nous ne devons jamais oublier nos devoirs. Nous avons une responsabilité morale envers le public. On ne doit pas oublier quelque chose d’essentiel : on fait du cinéma parce que les citoyens nous autorisent à le faire. Et on leur doit respect et reconnaissance.

(…)

Nous devons être à la hauteur du privilège que la société nous offre. Je crois, avec toute humilité, que si nous voulons être respectés, il faut respecter en premier. « 

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