Considéré comme trop vulnérable, Internet n'a pas les faveurs des services de sécurité américains. Le FBI souhaite que le gouvernement songe à la création d'un deuxième Internet "plus sécurisé", afin de mettre hors de portée un certain nombre d'administrations et d'infrastructures hors de portée de futures attaques.

Ces dernières années, Internet a pris une importance considérable dans nos sociétés. De nombreuses administrations en France et dans le monde se mettent à la dématérialisation, afin de permettre aux usagers d’effectuer depuis chez eux un certain nombre de démarches en ligne, tandis que de plus en plus d’employés profitent des avantages du télétravail. De son côté,la télémédecine avance à grands pas.

Une vulnérabilité accrue à cause du net

Pour le FBI, cette évolution n’est pas sans poser quelques risques pour la sécurité des États, en particulier celle des États-Unis. La police fédérale américaine s’inquiète en effet de la dépendance croissante des nations envers le réseau des réseaux, les rendant de plus en plus vulnérables à des cyber-attaques en tout genre. Le réseau électrique américain est par exemple très exposé et a déjà subi des attaques par le passé.

La prise de contrôle du réseau électrique ou sa déstabilisation pourrait affecter de nombreux éléments stratégiques d’un État comme les flux financiers, les centrales nucléaires ou encore les infrastructures de distribution d’eau. Les conséquences pourraient être particulièrement graves. C’est pour cette raison que le FBI suggère la mise en place d’un second réseau Internet pour protéger les systèmes vitaux.

Protéger les infrastructures essentielles

Selon le directeur adjoint du FBI, Shawn Henry, la conception d’un second réseau permettrait de protéger les infrastructures critiques du pays en cas d’escalade avec une puissance étrangère. D’autant qu’il n’est pas toujours évident de savoir d’où provient l’attaque. La protection des intérêts nationaux et l’éventuelle riposte en cas d’agression sont dans ces conditions assez difficiles.

Dans le cas des attaques dont a été victime Google et un certain nombre d’entreprises occidentales, c’est la Chine qui avait été pointée du doigt par le gouvernement américain. Il a été cependant assez compliqué de déterminer s’il s’agissait d’une attaque ordonnée par Pékin, qui a de toute façon officiellement nié son implication, ou d’une initiative isolée de hackers.

Une proposition régulièrement évoquée

Ce n’est pas la première fois que l’idée d’un second réseau, alternatif à Internet, est lancée. Le général Keith Alexander, directeur de la NSA, du Central Security Service et de l’United States Cyber Command avait également plaidé pour la construction d’un réseau sécurisé afin de protéger des secteurs comme l’aviation, le système bancaire ou les services publics.

L’idée était alors de s’inspirer des réseaux déjà existants mis en place par l’armée américaine et par le département d’Etat pour écarter les communications militaires et diplomatiques du réseau Internet. Cela n’offre évidemment pas une protection parfaite, puisque le général américain s’était montré très critique sur le niveau de sécurité du réseau.

L’option militaire en cas de cyber-attaque

Reste que la mise en place d’un second réseau est une proposition lourde tant sur le plan technique que financier. Il faudra mobiliser des moyens considérables pour donner naissance à un tel projet. Il n’est pas tout à fait certain que l’administration américaine souhaite se lancer dans une telle aventure à l’heure où la crise frappe de nombreux pays dans le monde.

En attendant une éventuelle décision américaine en ce sens, les États-Unis ont d’ores et déjà remis à plat leur doctrine militaire liée à Internet. En mai, un rapport précisant la stratégie internationale pour le cyberespace expose que les États-Unis sont prêts à répondre militairement en cas d’actions hostiles contre eux ou centre leurs amis et alliés via le réseau. « De tels évènements peuvent exiger des réactions de légitime défense« .

La France aussi veut se protéger

L’intégrité des réseaux n’est pas un sujet qui préoccupe uniquement les Américains, puisque depuis les attaques des serveurs du ministère de l’économie et des finances, révélées au printemps dernier, les pouvoirs de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ont été nettement étendus par décret. Elle a dorénavant la capacité de demander aux FAI de couper des liaisons en cas de situation critique.

Il est notamment question de bâtir un « réseau interministériel sécurisé regroupant l’ensemble des réseaux des ministères et permettant la continuité de l’action gouvernementale en cas de dysfonctionnement grave d’Internet » tandis que « les opérateurs publics et privés chargés d’infrastructures vitales seront invités à participer avec l’État à un partenariat visant à renforcer la défense et la sécurité de leurs systèmes d’information« .

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