Ebooks : le grand emprunt pour concurrencer Apple et Amazon

Julien L. - publié le Vendredi 14 Octobre 2011 à 10h39 - posté dans Société 2.0

La riposte des Français aux incursions américaines dans le marché du livre électronique se prépare. Une initiative conduite par Orange, SFR, une trentaine de libraires indépendants et quelques éditeurs vise à remettre les acteurs nationaux sur les rails. Un test va démarrer la semaine prochaine et le projet devrait être financé par une partie du grand emprunt.

Le marché du livre électronique en France est-il condamné à se retrouver sous la domination de quelques acteurs américains ? Tandis qu'Apple et Amazon marquent des points décisifs dans ce domaine, par l'entremise de l'iPad pour l'un et du Kindle pour l'autre, deux opérateurs français, une trentaine de libraires indépendants et des éditeurs veulent organiser une parade tricolore. Et pour cela, ils songent à miser sur le grand emprunt.

Concurrencer les Américains

une information obtenue par l'Express, un test grandeur nature d'un coût de 5 millions d'euros doit permettre d'évaluer la distribution numérique couplée à la distribution dans des boutiques physiques. Objectif ? Permettre aux clients de "choisir un livre sous sa forme papier et / ou numérique dans nos boutiques" explique le président du syndicat de la librairie française, Matthieu de Montchalin.

Les consommateurs pourront retrouver un ouvrage sur leur téléphone mobile, sur leur tablette ou sur une liseuse électronique, en donnant par exemple un numéro de téléphone. "Pour les libraires et les opérateurs de téléphonie, il s’agit d’une opportunité très forte de créer une alternative crédible européenne face aux américains Amazon et Apple" estime le président du syndicat.

Deezer et Spotify en exemple

Concrètement, le système ressemblera aux plates-formes musicales comme Deezer ou Spotify. Le lecteur se connectera au service et pourra accéder aux ouvrages via le réseau. Le stockage se fera à distance, permettant à l'usager d'y accéder depuis n'importe quel terminal. Un système d'accès en mode hors connexion est également envisagé, afin de ne pas empêcher la lecture même quand l'utilisateur est déconnecté.

"Nous voulons assurer aux lecteurs qu’il pourront lire un livre numérique sur n’importe quel terminal, toujours accessible et qu’il pourra le retrouver même s’il change d’opérateurs de télécommunications" a commenté David Lacombled, directeur délégué à la stratégie des contenus chez Orange. Le test programmé le 18 octobre prochain vise justement à tester certaines caractéristiques du projet.

La question du financement

Reste enfin la question du financement d'un tel projet, dont le lancement opérationnel est programmé pour le premier semestre 2012. L'appel aux investissements d'avenir est envisagé. Selon l'Express, "plusieurs réunions se sont déjà déroulées ces derniers mois autour de groupes de travail pour résoudre les questions juridiques et commerciales liées à une telle offre".

Dans le cadre du grand emprunt, 4,5 milliards d'euros ont été mobilisés pour le développement de l'économie numérique. Sur cette somme, près de 2,25 milliards d'euros ont été réservés aux "usages, services et contenus numériques innovants". Cela couvre à la fois le "développement des nouveaux usages du numérique" et la "numérisation". Des points qui couvrent le projet voulu par Orange, SFR, les libraires et les éditeurs.

Les prémisses du "droit de lecture" ?

La présence d'Orange dans ce projet et les premières caractéristiques du projet rapporté par l'Express nous rappellent les propos de Christine Albanel, ancienne ministre de la culture et actuelle directrice de la stratégie des contenus chez Orange. En début de semaine, elle a en effet évoqué un "droit de lecture" pour lequel il faudra payer pour en bénéficier.

"Dans le modèle sur lequel nous travaillons en ce moment [...] il y a l'idée d'essayer d'intégrer les libraires. [...]. Sachant que finalement vous achetez un droit de lecture, France Télécom Orange étant un tiers de confiance, étant celui qui va gérer votre droit de lecture. [...] Et là je trouve que l'opérateur est complètement dans son rôle" avait-elle esquissé.

Publié par Julien L., le 14 Octobre 2011 à 10h39
 
 
10
Commentaires à propos de «Ebooks : le grand emprunt pour concurrencer Apple et Amazon»
 
Il faut quand même voir que l'"innovation" (avec des gros guillemets) des entreprises commerciales dans le numérique est basé sur des restrictions.

Ici, l'exemple est caricatural :
"Nous voulons assurer aux lecteurs qu'ils pourront lire un livre numérique sur n'importe quel terminal, toujours accessible et qu'il pourra le retrouver même s'il change d'opérateurs de télécommunications"
C'est ici le seul point qui intéresse le consommateur. Et c'est déjà possible sans aucun problème (avec des fichiers epub ou pdf ou n'importe quel autre format), dans ce domaine, le besoin est déjà satisfait à 100%.

Là, le but pour ces entreprises est de restreindre la possibilité d'accès "autre part que chez eux" (et c'est la seule "innovation" qu'ils proposent) pour pouvoir en tirer profit. Mais quel est l'intérêt du consommateur ?
Que fait apple dans cette histoire ? àa rapporte tellement de pognon ces livres électroniques rendus difficiles a lire sur ces tablettes m@rdiques ?
Orange, SFR, une trentaine de libraires indépendants et quelques éditeurs
Miam, on a le gratin de la compétence technique.
La fine fleur française d'un regard neuf et ouvert sur la monde.
Les protecteurs, et ô combien de fois l'ont ils prouvé, des consommateurs.
Des visionnaires qui ont déjà 4 ans d'avance sur le reste du monde en matière de ebook.
Quand j'achète un livre, je n'achète pas un droit de lecture bon sang !!!
Même si il s'agit d'un pdf, j'achète un objet littéraire et je peux en profiter autant de temps que je le souhaite et pas autant que l'auteur souhaite que je le lise sans devoir payer de nouveau.
En achètant ce livre, j'ai aussi le droit de le prêter à qui je le souhaite ! Je ne prête pas un droit de lecture !
Albanel est un monstre tout droit issue de 1984 !
Où l'on constate une fois de plus que:
1) Les entreprises en france ne savenr rien faire sans subvention (et oui, parce que le "grand emprunt" est payé par les contribuables)
2) Personne ne pense que le prix ne sera pas un frein (celui des livres numériques, bien sûr)? Non, parce qu'avec les prix fixés par les éditeurs, et bien sûr très élevés (alors que le coût de fabrication/distribution est quasi-nul), la "tentation" d'avoir le même livre par des moyens illégaux est grande.
De plus, les tablettes sont toutes chinoises, alors bonjour la balance commerciale !
Bande de charlots...
Ou est l ' innovation ? c 'est du suivisme ...
Belle ambition que celle de concurrencer les Américains...

Avec comme d'habitude quelques métros de retard et dans le lot cette entité aussi tentaculaire qu'obscure qu'est devenue Orange...

Au lieu de chercher à vendre à prix d'or du contenu qu'ils ne savent pas gérer et avec en tête de file une ancienne ministre de la culture dont la vision date du Paléolithique et qui voudrait, comme c'est la mode, faire de la rente (il suffit de voir les modifications apportées à la durée des droits d'auteurs), Orange devrait se poser les bonnes questions comme par exemple : "Mais que fait donc mon entreprise, quel est son coeur d'activité ?"

Ce n'est pas le genre de question à laquelle sa directrice de la stratégie des contenus risque de répondre sans se tromper tant elle est bien informée (un comble pour une directrice des contenus surtout que nous nous souvenons tous avec tendresse de son FireWall Open Office...).

Donc nous nous retrouvons, encore une fois, avec Orange qui mange à tous les râteliers au lieu de se concentrer sur son métier (si, si, opérateur télécom c'est un métier, un vrai !) en cherchant à louer du livre en instaurant un péage de plus : "[...]Sachant que finalement vous achetez un droit de lecture[...]" et le tout en étant financée pour partie par le contribuable...
C'est tout de même un peu gros !

N'en déplaise à Mme Albanel, quand j'achète un livre c'est autant pour le contenant que le contenu (son droit de lecture est une injure profonde faite à tous les écrivains ainsi qu'à tous les lecteurs de la planète).
Je suis heureux de pouvoir chercher dans ma bibliothèque le ou les textes que j'ai envie de lire ou relire. S'il faut cracher au bassinet à chaque lecture, ce sera sans moi.
Par ailleurs, il serait bon de se pencher effectivement sur le contenu et se poser quelques questions amusantes (parce qu'elles reviennent également pour la musique par exemple) sur la distribution du livre dans notre beau pays.
Je suis toujours aussi attristé de constater qu'une bonne dose publications paraissent médiocres (pour ne pas dire mauvaises) chaque année pendant que des sagas sont simplement épuisées pendant des années ou-bien tout simplement pas traduite pour des raison purement financières (bien qu'il y ait un public pour s'y intéresser).

Partant de ce constat, essayer de tailler des croupières aux concurrents à grand renfort de deniers publics mais un misant sur de mauvais chevaux, je ne suis pas certain que ce projet soit une réussite et, si la vision de notre ex ministre de la culture prend le pas sur la plus élémentaire des raisons, ça se fera sans moi.
franchement je pense qu'il est encore trop tôt. les éditeurs et autres majors ne se sont pas encore résigné. quand sa sera le cas et qu'ils auront compris qu'ils ne pourront jamais arrêter le piratage, et que sachant cela ils mettront en place une offre légale de qualité sans restrictions d'usage, parce que de toute façon, ceux qui veulent pirater trouveront toujours un moyen de le faire. alors peut-être que cela pourra marcher.
"France Télécom Orange étant un tiers de confiance" -- je ferais plus confiance à une bibliothèque municipale pour gérer ces droits (s'il fallait en arriver là) qu'à une multinationale dont l'objectif n°1 est de gaver ses actionnaires...
bah! dans 2 ans, ils feront les comptes et décideront de tout abandonner...
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