Ilse Aigner n'en démord pas. Après avoir appelé l'an dernier ses concitoyens à quitter Facebook, la ministre allemande en charge de la consommation souhaite désormais que les sites web de l'administration n'utilisent aucun service lié au site communautaire. Ilse Aigner estime que ces outils peuvent participer au profilage des internautes allemands inscrits sur Facebook.

L’an dernier, la fédération des associations de consommateurs allemands avait appelé les internautes allemands à partir de Facebook afin de marquer leur mécontentement quant à la politique menée par le réseau social en matière de gestion des données personnelles. L’appel avait été soutenu par la ministre de la consommation, Ilse Aigner, qui avait joint le geste à la parole en partant du site communautaire.

Près de 18 mois plus tard, l’opération n’a pas rencontré le succès escompté. Au regard des chiffres de fréquentation fournis par Facebook, c’est même un cuisant échec. S’ils n’étaient que 7,3 millions d’Allemands âgés de 18 ans et plus, ils sont aujourd’hui plus de 17,4 millions à avoir ouvert un compte. Ce nombre passe même à plus de 20,9 millions si le critère de l’âge est retiré.

Ilse Aigner a donc changé de fusil d’épaule. Puisque les appels à la prudence n’ont qu’un impact limité sur les membres allemands du site communautaire, la ministre de la consommation veut au moins bannir Facebook des sites web gérés par l’administration outre-Rhin. Cela aura en plus le mérite de « montrer l’exemple« , même si l’effet de cette mesure auprès des internautes risque d’être très faible.

« Après une étude juridique approfondie, j’ai abouti à la conclusion que nous devons absolument nous assurer que le bouton Facebook n’est utilisé sur aucun de nos sites gouvernementaux » a-t-elle indiqué dans un courrier interne. Selon elle, les administrations doivent éviter de créer des pages personnalisées, pour ne pas inciter les utilisateurs de Facebook à s’y abonner « au vu des doutes juridiques sérieux« .

Les autorités allemandes s’inquiètent de façon générale du devenir des informations enregistrées par les utilisateurs sur leur profil. Elles craignent en particulier que ces données (activité, pages aimées, contenu du profil…) ne soient ensuite collectées pour créer un profil publicitaire qui sera ensuite vendu à un annonceur. Des craintes systématiquement balayées par Facebook.

Le réseau social est coutumier des polémiques en Allemagne. Fin août, c’est le responsable de la protection des données privées de la ville de Hambourg qui a tapé du poing sur la table. Johannes Caspar s’était attaqué à une fonctionnalité récemment déployée sur le site, la reconnaissance faciale automatisée. Pour le responsable allemand, cet outil enfreint non seulement la législation européenne mais également la loi allemande.

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