Une ministre allemande veut bannir Facebook des administrations

Julien L. - publié le Mardi 13 Septembre 2011 à 09h33 - posté dans Société 2.0

Ilse Aigner n'en démord pas. Après avoir appelé l'an dernier ses concitoyens à quitter Facebook, la ministre allemande en charge de la consommation souhaite désormais que les sites web de l'administration n'utilisent aucun service lié au site communautaire. Ilse Aigner estime que ces outils peuvent participer au profilage des internautes allemands inscrits sur Facebook.

L'an dernier, la fédération des associations de consommateurs allemands avait appelé les internautes allemands à partir de Facebook afin de marquer leur mécontentement quant à la politique menée par le réseau social en matière de gestion des données personnelles. L'appel avait été soutenu par la ministre de la consommation, Ilse Aigner, qui avait joint le geste à la parole en partant du site communautaire.

Près de 18 mois plus tard, l'opération n'a pas rencontré le succès escompté. Au regard des chiffres de fréquentation fournis par Facebook, c'est même un cuisant échec. S'ils n'étaient que 7,3 millions d'Allemands âgés de 18 ans et plus, ils sont aujourd'hui plus de 17,4 millions à avoir ouvert un compte. Ce nombre passe même à plus de 20,9 millions si le critère de l'âge est retiré.

Ilse Aigner a donc changé de fusil d'épaule. Puisque les appels à la prudence n'ont qu'un impact limité sur les membres allemands du site communautaire, la ministre de la consommation veut au moins bannir Facebook des sites web gérés par l'administration outre-Rhin. Cela aura en plus le mérite de "montrer l'exemple", même si l'effet de cette mesure auprès des internautes risque d'être très faible.

"Après une étude juridique approfondie, j'ai abouti à la conclusion que nous devons absolument nous assurer que le bouton Facebook n'est utilisé sur aucun de nos sites gouvernementaux" a-t-elle indiqué dans un courrier interne. Selon elle, les administrations doivent éviter de créer des pages personnalisées, pour ne pas inciter les utilisateurs de Facebook à s'y abonner "au vu des doutes juridiques sérieux".

Les autorités allemandes s'inquiètent de façon générale du devenir des informations enregistrées par les utilisateurs sur leur profil. Elles craignent en particulier que ces données (activité, pages aimées, contenu du profil...) ne soient ensuite collectées pour créer un profil publicitaire qui sera ensuite vendu à un annonceur. Des craintes systématiquement balayées par Facebook.

Le réseau social est coutumier des polémiques en Allemagne. Fin août, c'est le responsable de la protection des données privées de la ville de Hambourg qui a tapé du poing sur la table. Johannes Caspar s'était attaqué à une fonctionnalité récemment déployée sur le site, la reconnaissance faciale automatisée. Pour le responsable allemand, cet outil enfreint non seulement la législation européenne mais également la loi allemande.

Publié par Julien L., le 13 Septembre 2011 à 09h33
 
 
15
Commentaires à propos de «Une ministre allemande veut bannir Facebook des administrations»
 
je vais peut être m'exiler moi ...
"la ministre de la consommation veut au moins bannir Facebook des sites web gérés par l'administration outre-Rhin"

:bienvu: Très bonne initiative !!!

Pourquoi des sites publics payés par les contribuables devraient-ils faire de la publicité pour des sites privés américains ?

En France, quand est-ce que les administrations cesseront de faire de la publicité pour Facebook et Twitter ?

C'est consternant: http://www.google.fr...acebook+twitter

:Hein:
Mon
"la ministre de la consommation veut au moins bannir Facebook des sites web gérés par l'administration outre-Rhin"

:bienvu: Très bonne initiative !!!

Pourquoi des sites publics payés par les contribuables devraient-ils faire de la publicité pour des sites privés américains ?

En France, quand est-ce que les administrations cesseront de faire de la publicité pour Facebook et Twitter ?

C'est consternant: http://www.google.fr...

:Hein:

On a de l'anti americanisme ("sites americains"...) et de l'anticapitalisme ("sites privés..." dans le même commentaire.

Mais attention, c'est pas raciste hein. C'est contre les américains, c'est pas pareil, eux c'est vraiment des méchants.

Tout va bien, on est en france.
Ce n'est pas de l'anti-américanisme ni de l'anti-sites-privés. J'utilise régulièrement des centaines de sites américains et privés, mais pourquoi nos administrations se permettent de faire de la publicité pour ces 2 sites là ? Depuis quand les administrations ont-elles été invitées à fausser la concurrence ?

Pourquoi nos administrations s'efforcent de contribuer au quasi-monopole de certains réseaux sociaux ?
Excellente initiative : je propose que l'étape suivante, ce soit le déférencement des sites de l'administration dans Google.

Car, c'est amener de la publicité à Google que permettre aux gens de passer par ce site commercial américain pour trouver l'adresse d'un site payé par nos impôts.

Et puis supprimons l'e-administration car cela incite les gens à acheter des ordinateurs et à prendre un abonnement à Internet. Est-ce que c'est le rôle de l'Etat que de pousser les gens à acheter des produits américains et à faire la fortune de multi-nationales des télécommunications ?

On rêve !!! S'il y a que ça comme problème à se poser dans le monde actuellement (est-ce que c'est bien ou pas que l'administration communique via les outils couramment utilisés par les gens), alors c'est que finalement on n'a rien d'autre à foutre.
Comparer Facebook à l'e-administration, vous doutez de rien, l'antoine !

Facebook est une plaie, son bouton n'a rien à foutre sur un site de l'administration. Pourquoi en effet participer à l'activité économique de Facebook, acteur privé, pour les administrations allemandes ? En France, le service public est tenu d'une obligation de neutralité. Rajouter des petits boutons Facebook, ça n'a l'air de rien, mais c'est participer à l'implantation toujours plus poussée de cette vérole sur le web. Et je ne paie pas d'impôt pour ça, personnellement.
Quel est l'intérêt de passer par Facebook ou Twitter pour avoir une information concernant une administration ? Pourquoi ne pas habituer les gens à aller directement à la source, c'est à dire le site de l'administration, c'est à dire le serveur qui est contrôlé par cette administration ? Pourquoi inviter les lecteurs à demander Facebook une page hébergée à l'autre bout du monde pour suivre ce qui se passe dans leur pays ?

Qu'en pensent les gens qui disent que la concurrence non faussée, c'est un élément très important pour une économie saine, surtout dans la période actuelle ?

Qu'en pensent les gens qui s'inquiètent des conséquences sur le respect de la vie privée ?
http://www.numerama....conviviaux.html

@l'antoine: tu veux imposer une mesure liberticide à un site privé (moteur de recherche) ?
Ilse Aigner estime que ces outils peuvent participer au profilage des internautes allemands inscrits sur Facebook.
Alors ça, c'est un bel euphémisme. Le bouton "j'aime" de Facebook est chargé en javascript, lit un cookie et transmet le site référent à Facebook, qu'on soit inscrit à Facebook ou non.

Même chose pour le bouton Twitter, Google Analytics, ... et le bouton Flattr aussi, je ne vise personne en particulier.

Sauf que Facebook, leur gagne pain, c'est bien le profilage des internautes pour revente aux publicitaires. Google aussi. C'est pas parce que ce sont des entreprises privées et/ou parce qu'elles sont américaines: la technologie utilisée n'est pas acceptable.

Alors refuser de voir les sites de l'administration participer activement au profilage des internautes, désolé de le dire ainsi, mais c'est la moindre des choses.

ps: parfois les cordonniers ne sont pas les plus mal chaussés:
http://www.ilse-aigner.de est clean. Le serveur web en question est le seul à même de tracer les visiteurs.
Bref, tout le contraire de Elysee.fr qui propose des liens vers Facebook, Twitter, Flickr, Dailymotion, Itunes, et vous traque via XiTi...

;)
Arkados, le 13/09/2011 - 12:09
C'est pas parce que ce sont des entreprises privées et/ou parce qu'elles sont américaines: la technologie utilisée n'est pas acceptable.

Alors refuser de voir les sites de l'administration participer activement au profilage des internautes, désolé de le dire ainsi, mais c'est la moindre des choses.

Exact.

Le plus grave, c'est que tout le monde n'en soit pas convaincu dans les administrations.
Pourquoi ne pas habituer les gens à aller directement à la source, c'est à dire le site de l'administration, c'est à dire le serveur qui est contrôlé par cette administration ?
Ca c'est la grosse utopie qui date depuis le début de la démocratisation d'Internet : habituons les gens à aller chercher l'information. Pensez à revenir chaque mois sur le site impots.gouv.fr pour voir les nouvelles règles fiscales.

Sauf que ça ne marche pas. Les gens sont fainéants : s'il n'y a pas du push, ils ne viendront pas spontanément.

Donc si quelqu'un veut communiquer, il faut aller apporter directement l'information aux internauets : soit par des newsletters, soit par des fils RSS, soit par du push sur les pages consultées régulièrement par les utilisateurs : et ce qui a le vent en poupe actuellement, c'est FB et Twitter. On peut le déplorer, mais c'est comme ça. Quand tu veux faire passer des messages, il faut être pragmatique et efficace.

Le jour où Diaspora prendra de l'ampleur, nul doute qu'il sera également rajouté dans les listes permettant de suivre l'actu des administrations.

Après, sur FB ou Twitter n'ont pas pour vocation de remplacer les sites d'administration : il ne s'agit pas de mettre des articles de fond sur FB, mais de dire : venez sur notre site car il y a ça de nouveau à cette adresse.
Sauf que ce que tu proposes ici n'est pas le sujet. Toi tu veux inviter les paumés sur Facebook et Twitter à visiter le site de l'administration concernée. Je n'ai aucun problème avec ça. N'importe quel kikoolol de Facebook peut proposer un lien vers n'importe quel site non censuré par Facebook.

Ce que la ministre allemande propose, c'est d'enlever les incitations à aller sur Facebook sur les sites de l'administration. Les gens qui sont déjà sur le site de l'administration n'ont pas besoin d'une publicité pour trouver Facebook. Ils ont déjà trouvé l'administration avec laquelle ils veulent communiquer.

C'est presque aussi stupide que de demander aux gens qui sont déjà sur Numerama d'aller sur Facebook pour trouver Numerama:
http://www.numerama....-page-facebook/

;)
Et puis un peu d'éducation civique et pratique ne peut pas faire de mal, si ? Je ne trouve pas choquant que lorsqu'on cherche le site web d'une administration, on sache le trouver facilement sans recourir aux réseaux sociaux et aux saloperies mercantiles de l'industrie 2.0. Si les pouvoirs publics s'en remettent aux trouvailles du Marketing tout-puissant pour continuer à faire tourner les services publics, c'est vraiment le début de la fin.

Il y a quelques années, on a voté une loi en France pour niveller le niveau langagier des documents de l'administration. Sous une intention louable, rendre l'administration intelligible, on a en fait acté d'un déficit de plus en plus grave de la culture et du vocabulaire des administrés, un échec monstrueux de l'éducation nationale. Alors plutôt que de fournir les efforts didactiques nécessaires, renforcer singulièrement l'enseignement de l'orthographe, on a préféré acter de l'abaissement du niveau lexical général de la population, et simplifier la langue, ce que j'analyse comme une véritable capitulation. C'est l'administration qu'il fallait simplifier, ses procédures démentielles, et non pas la langue employée...

Simplifier une langue, c'est aussi raréfier les idées qu'elle peut porter. C'est toujours un échec.

S'en remettre aux outils marketing du privé pour communiquer sur les administrations publiques, c'est une reddition du même acabit. Méprisable. Il y a des choses qui doivent échapper au secteur privé, des choses qui doivent échapper à la Marchandise, au Marketing et aux frivolités consuméristes, et l'administration d'un état en fait partie.
Et comment qu'elle a raison !
MdMax, le 13/09/2011 - 10:35
Ce n'est pas de l'anti-américanisme ni de l'anti-sites-privés. J'utilise régulièrement des centaines de sites américains et privés, mais pourquoi nos administrations se permettent de faire de la publicité pour ces 2 sites là ? Depuis quand les administrations ont-elles été invitées à fausser la concurrence ?

Pourquoi nos administrations s'efforcent de contribuer au quasi-monopole de certains réseaux sociaux ?

C'est loin d'etre faux ce que tu dis , mais quand on voit des légions d'honneur etre decernées à balmer par exemple , faut plus s'etonner de rien ;)
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