YouTube propose désormais aux utilisateurs de placer leurs vidéos sous une licence Creative Commons qui autorise leur libre diffusion et leur exploitation dans d'autres oeuvres. Avec 13 millions d'heures de vidéos ajoutées l'an dernier à YouTube, la décision de Google a de quoi propulser la culture libre à un niveau inédit.

Onglet Creative Commons de l'éditeur vidéo de YouTube

C’est une petite décision de rien du tout, qui pourrait apporter un énorme coup de pouce à la diffusion des œuvres et à la création culturelle sous licences libres. YouTube proposera désormais aux utilisateurs qui uploadent des vidéos de les placer sous licence Creative Commons, ce qui autorisera leur libre diffusion et leur ré-utilisation par des tiers, sans risque de violation de droits d’auteur. Une option proposée depuis toujours par son concurrent Vimeo, mais que YouTube n’avait jamais adoptée, pas plus que Dailymotion. Avec 48 heures de vidéos uploadées chaque minute ( !) sur YouTube, on imagine l’énorme bibliothèque de vidéos sous licence libre que cette décision pourrait générer. Et le mouvement culturel qu’il pourrait engendrer. Des millions d’utilisateurs vont désormais s’intéresser aux œuvres libres et à ce qu’ils peuvent en faire.

A cet égard, l’outil d’édition vidéo de YouTube est déjà enrichi d’un onglet de sélection de clips sous Creative Commons, que les utilisateurs peuvent exploiter pour réaliser des montages sans risques. GigaOM rapporte à cet effet que plus de 10 000 vidéos sous licence CC ont déjà été ajoutés au catalogue, grâce à des partenariats avec les chaînes Al Jazeera (en pointe sur le sujet), C-SPAN et Voice of America. Un moteur de recherche interne à l’outil permet par ailleurs de rechercher des vidéos parmi toutes celles envoyées par les utilisateurs sous licence CC.

De manière tout à fait remarquable, Google a choisi de ne proposer que la licence Creative Commons CC-BY, qui est la moins restrictive de toutes. Elle autorise toute exploitation de la vidéo, y compris à titre commercial, à la seule condition de citer l’auteur. Une condition dont le respect sera facilité par les outils de Google puisque YouTube ajoutera automatiquement dans la description les crédits des vidéos empruntées dans les montages.

Officiellement, c’est pour simplifier les choses et ne pas effrayer les utilisateurs que le choix a été limité à cette seule licence. Mais officieusement, le fait de ne pas proposer les options « nc » (pas d’utilisation commerciale) ou « nd » (pas d’œuvre dérivée) permettra à Google et à quiconque de faire ce qu’ils souhaitent des vidéos, sans aucune restriction, et sans problème d’interprétation sur les notions d’utilisation commerciale.

Selon les propres statistiques de la fondation Creative Commons, les deux tiers des utilisateurs interdisent l’exploitation commerciale, et un quart interdisent l’utilisation de leur œuvre dans une œuvre dérivée. Mais elle a souvent regretté cette forte proportion de licences restrictives.

La décision de YouTube vient en tout cas à point nommé, alors que nous avions évoqué l’an dernier l’échec des Creative Commons, qui semblaient alors en déclin. Espérons que Dailymotion saura suivre le mouvement.

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