Accusant le piratage sur Internet d'être à l'origine d'une chûte de 16% dans leurs ventes, l'industrie phonographique a de plus en plus tendance à flooder les réseaux avec de faux fichiers portant les noms des oeuvres qu'ils produisent. Grâce à ses fakes, elle espère dégouter une part des utilisateurs d'échanger des mp3 sur Internet. Mais déjà la contre-attaque s'organise.

Darrell Smith, le responsable technique en chef de StreamCast Networks (à l’origine du célèbre Morpheus), avoue que si le phénomène est apparu il y a plus d’un an, il croît à grande vitesse depuis environ trois mois. Certaines des plus grandes maisons de disque admettent polluer les principaux réseaux (Kazaa, Morpheus et Grokster) avec des mp3 totalement silencieux ou des refrains enchaînés en boucle. Quelques unes pratiquent ce « spoofing » systématiquement, pour chacune de leurs œuvres.

Si la pratique n’est pas officiellement reconnue par ses acteurs, c’est parce qu’elle est pour l’instant rendue illégale par les lois anti-terroristes. Mais un député américain est entrain de préparer un projet de loi destiné à légaliser ces attaques.

Face au phénomène, deux solutions existent aujourd’hui :
– les filtres. La plupart des nouveaux clients peer to peer proposent de puissantes options de filtrage des résultats, mais elles ne sont que peu efficaces contre le spoofing.
– les URL liées au hashing des fichiers. Présents sur eDonkey depuis longtemps, ces liens permettent aux utilisateurs de trouver des sources fiables pour leurs fichiers, depuis un site spécialisé. File Spree, Blubster 2.0 ou les clients FastTrack (grace à un plugin dédié) s’en sont également munis.

Mais la solution peut-être la plus intéressante paraît être encore devant nous. Morpheus 2.0 devrait en effet disposer d’un module de notation des fichiers. Les utilisateurs seront alors amenés à déclarer la validité de leurs sources, pour écarter plus facilement les fakes indésirables.

Commencée, la guerre des fakes a.

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