Alors que les premiers labels devraient être décernés aux plateformes au mois d'avril, l'Hadopi prépare un site de référencement de l'offre légale qui sera un véritable moteur de recherche des oeuvres disponibles sur les différentes plateformes labellisées.

Si l’Hadopi est surtout connue du grand public pour sa riposte graduée, dont personne n’imagine qu’elle puisse continuer encore de longues années, la Haute Autorité espère bien assurer sa pérennité par son rôle de régulateur et d’accompagnement de l’offre légale. L’article L311-23 du code de la propriété intellectuelle fait obligation à l’autorité administrative d’attribuer « aux offres proposées par des personnes dont l’activité est d’offrir un service de communication au public en ligne un label permettant aux usagers de ce service d’identifier clairement le caractère légal de ces offres« . Comme nous l’indiquions la semaine dernière, les premières demandes de labels ont été reçues par l’Hadopi qui devrait commencer à les attribuer dans le courant du mois d’avril. Mais en coulisse, c’est sur le référencement de cette offre légale que l’Hadopi travaille le plus.

Le même article de loi dit en effet que « la Haute Autorité veille à la mise en place, à la mise en valeur et à l’actualisation d’un portail de référencement de ces mêmes offres« , ce qu’elle entend faire de manière beaucoup poussée que l’on pouvait imaginer. L’Hadopi va se transformer en véritable éditeur de service en ligne, sans doute à travers son futur site OffresLegales.fr.

« Faire un portail des offres légales ça n’est évidemment pas une page où l’on met les étiquettes des différents sites légaux qui proposent quelque chose« , explique le secrétaire général de l’Hadopi Eric Walter dans une interview à des étudiants de l’Université Paris Dauphine. « Nous pensons à des dispositifs qui permettent aux internautes de trouver beaucoup plus facilement l’œuvre qu’ils cherchent. Le point de départ c’est une œuvre. On ne cherche pas une marque, on cherche une œuvre« , explique-t-il.

Il n’est pas certain, cependant, que l’Hadopi réalise l’ensemble du service lui-même, en compilant les bases de données des différentes offres labellisées. Selon les échos qui nous parviennent, d’éventuels partenaires se positionnent comme MySkreen, qui ne souhaite probablement pas voir l’Hadopi débarquer en concurrent de son propre service de recherche de vidéos à la demande. Au contraire, sans doute MySkreen aimerait-il que la notoriété et la force de frappe de l’Hadopi l’aide à développer son service, dans lequel l’INA devrait investir une dizaine de millions d’euros, aux côtés du Figaro (mise à jour : MySkreen nous précise que le scénario d’investissement par l’INA s’éloigne au profit d’un investissement direct de l’Etat via le Grand Emprunt). Dans son appel d’offres à assistance de maîtrise d’ouvrage pour la réalisation du portail, l’Hadopi demandait en fin d’année dernière à être aidé notamment sur la « définition des modalités d’interaction éventuelles avec d’autres portails et sites existants« .

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