Filiale du groupe PagesJaunes, le site autrichien 123People refuse de supprimer les pages qui référencent les données personnelles associées à un patronyme, mais il accepte de supprimer des données à la demande. En théorie...

Si vous faites une recherche de vos nom et prénom sur Google, il y a de grandes chances pour que l’un des premiers résultats affichés soit une page du site 123People. C’est aussi sur cette page que tomberont peut-être vos potentiels employeurs s’ils se renseignent sur vous avant de vous embaucher, vos éventuelles conquêtes de coeur si elles cherchent à mieux vous connaître, ou vos pires ennemis s’ils cherchent à vous nuire. Rien de ce qui est agrégé sur 123People ne pourrait être trouvé sans lui, mais le site rend très accessibles certaines informations personnelles qui seraient, sinon, beaucoup plus longues et aléatoires à trouver.

Sur une page consacrée à l’identité numérique, 123People explique que les personnes qui souhaitent retirer une information visible sur la page correspondant à leur nom doivent contacter la source d’origine du contenu litigieux. Il sera alors supprimé par 123People après mise à jour du cache. Le site se refuse à supprimer les pages des personnes qui le demandent, car « 123people est une aide technique pour faciliter la recherche d’informations relatives aux patronymes » et « nous ne sommes pas en mesure de distinguer et de séparer les différentes personnes affichées dans nos résultats de recherche« . Parce qu’une même page peut rassembler des informations concernant plusieurs personnes ayant le même nom, une seule de ces personnes ne peut pas faire bloquer la pages où se trouvent potentiellement des informations sur les autres.

« Cependant, sur demande, nous pouvons à tout moment et sans délai retirer les liens concernant explicitement votre personne si vous ne voulez rien changer à la source d’origine« , précise le site. Dans ce cas, 123People demande à la personne concernée de « nous faire parvenir tous les liens pertinents afin de les enlever de notre moteur de recherche« .

C’est dans ce cadre que Francois-Guillaume Ribreau a créé un outil en ligne qui permet aux internautes d’automatiser la liste des liens à retirer, avant de l’envoyer à 123People. Mais le site se refuse à obéir aux demandes de retrait formulées avec un tel outil, qui évitent de fastueuses heures de copies de liens. « Votre demande n’a pas pu être traitée par notre équipe de service à la clientèle car cet e-mail a été généré avec l’aide d’un script automatisé« , répond 123People dans un message dont la copie a été publiée par Thibaut Charron.

L’outil a aussi été bloqué, de sorte qu’il ne peut plus être utilisé par les internautes qui souhaiteraient s’en servir pour faciliter leurs démarches.

Dans son message, le site assure que « nous suivons les directives très strictes de la loi autrichienne sur la Protection des Données Privées étant donné que notre siège est à Vienne, en Autriche« . Mais peu importe la loi autrichienne. Il serait bon de rappeler à 123People qu’il a été racheté en mars 2010 par le groupe français PagesJaunes, d’ailleurs signataire depuis le mois d’octobre de la charte sur le droit à l’oubli (qui n’a cepednant aucune force contre les moteurs de recherches tels 123People).

Or dans sa propre charte « relative à la protection des données personnelles des utilisateurs de ses sites internet et de ses services en ligne », le Groupe PagesJaunes affirme que « les Sites et Services, leurs conditions d’utilisation et les traitements de données personnelles qu’ils mettent en œuvre sont soumis à la loi française« . Donc y compris à la loi « informatique et libertés » de 1978 et son article 40, qui confère un droit de suppression des données personnelles à « toute personne physique justifiant de son identité ». Qu’il ait utilisé un moyen automatisé pour lister ces données personnelles, ou non.

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