Les abonnés ADSL triple-play ne sont pas les seuls à voir d'un mauvais oeil la hausse de la TVA. Les syndicats s'opposent également à la décision du gouvernement, estimant que le taux plein pourrait se répercuter sur les emplois en France. En effet, les syndicats craignent que les opérateurs sacrifient leurs salariés pour conserver le tarif symbolique sous la barre des 30 euros.

Les syndicats ne sont pas seulement mobilisés sur le dossier des retraites. Ils sont également attentifs à la prochaine hausse de la TVA sur la part audiovisuelle des abonnements triple-play. Deux d’entre eux, la CFE-CGC et l’UNSA Télécoms, se sont d’ailleurs associés pour lancer une pétition s’opposant au projet du gouvernement de basculer le taux de la TVA de 5,5 % à 19,6 %.

Dans un communiqué de presse, les deux syndicats expliquent « qu’avec 17 taxes et 9 redevances, le secteur des télécoms est devenu une véritable vache à lait pour l’Etat français« . Cette nouvelle mesure « a pour but de récupérer près de 500 millions d’euros pour le budget de l’Etat » au risque de toucher les foyers les plus modestes, ont accusé la CFE-CGC et l’UNSA Télécoms.

À l’heure actuelle, plusieurs fournisseurs d’accès à Internet (dont Orange et Free) ont annoncé que la hausse de la TVA sera inévitablement répercutée sur le prix des abonnements triple-play. « Nous ne pouvons faire un cadeau de cette importance. Je ne vois pas pourquoi ponctionner ainsi dans les ressources de l’entreprise » avait expliqué Stéphane Richard, le directeur général d’Orange.

« Les opérateurs avaient saisi l’opportunité de la TVA réduite pour la télévision en répartissant à 50/50 les deux taux de TVA (5,5 % pour la TV, 19,6 % pour les services de télécommunications) afin d’obtenir un taux moyen de 12,55 % sur les abonnements triple play. C’est ce qui permettait de rester au tarif symbolique de 29,99 €, qui fait de l’ADSL français le moins cher d’Europe » poursuit la pétition, qui compte plus de 2 000 signatures.

Un prix symbolique que les fournisseurs d’accès à Internet voudraient sans doute conserver pour ne pas faire fuir le client. Et c’est justement ce qui inquiète les deux syndicats. Car cela pourrait se traduire par une pression importante sur les salaires, voire par une délocalisation pure et simple de certaines compétences et certains services à l’étranger.

Mi-septembre, le président de l’ARCEP avait appelé les fournisseurs d’accès à la modération. « Les opérateurs feront ce qu’ils veulent, mais leur intérêt n’est pas de faire flamber les prix. Et nous leur conseillons de rester raisonnables. Si un opérateur augmente ses tarifs, il risque de perdre des clients« . Une position partagée par la secrétaire d’Etat en charge des questions numériques, qui a cependant évoqué un découplage des offres pour solutionner ce problème de TVA.

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