Le Conseil Economique et Social craint que l'Hadopi nuise aux films d'auteur
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 08 Septembre 2010 à 16h26 -
posté dans Peer-to-Peer
![]() Dans une étude publiée cet été, le Conseil Economique et Social se demande si l'interdiction du partage de fichiers est une politique culturelle pertinente, alors que les films les moins vus en salle mériteraient d'être diffusés gratuitement pour leur offrir une audience. Le Conseil Economique, Social et Environnemental a publié au mois de juillet une étude (.pdf) passée inaperçue sur "l'industrie de l'image", présentée par Christian Dutoit au nom de la section des activités productives, de la recherche et de la technologie. Le texte a été adopté par 18 voix pour, et 5 abstentions. Entre autres questions, comme le souligne Cédric Manara, le Conseil s'est intéressée à celle de la lutte contre le piratage. Il note ainsi l'adoption de la loi du 12 juin 2009, la première loi Hadopi, mais avec une étonnante réserve sur la pertinence économique et culturelle de la lutte contre le partage de fichiers. Certes, M. Dutoit écrit que "le téléchargement illégal d'oeuvres cinématographiques est donc devenu en l'espace de quelques années un phénomène majeur, qui pourrait mettre en péril l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel". Mais c'est pour apporter aussitôt une nuance de taille :
Voilà une question de politique culturelle essentielle que le Conseil Economique et Social pose sans apporter de réponse. Ce pourrait être à l'Hadopi de le faire, puisque la loi l'invite à favoriser le développement de l'offre légale. Le P2P étant avant tout un échange culturel, s'attaquer à l'échange de fichiers c'est s'attaquer à la diffusion de la culture. Nous avons plusieurs fois évoqué ce paradoxe de la lutte contre le piratage au sujet des séries TV. Les séries américaines sont en effet à la fois les plus appréciées et les plus piratées par les internautes français, alors que les productions françaises sont presque totalement absentes des réseaux P2P. Ce qui apparaît comme une victoire des producteurs audiovisuels français contre le piratage est en fait révélateur de leur échec culturel, quoi que l'on pense de la qualité intrinsèque des séries françaises. Les Américains n'ont pas hésité à se servir du piratage à des fins promotionnelles. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Le Conseil Economique et Social craint que l'Hadopi nuise aux films d'auteur»
Typhus, le 08/09/2010 - 17:01 Heureusement qu'il y a des sites comme la Caverne des Introuvables pour diffuser la Culture cine (que des films introuvables en DVD): http://lesintrouvables.blogspot.com/ Chapeau. En plus dans tout les films proposés une grande parti n'a plus de "valeur commerciale" ce qui explique que ils ne sont plus exploités du tout, seul internet donne a ces titres une chance d'être vu pour ce que ils sont artistiquement parlent et non pour ce qui ils valent dans le sens valeur faciale argent. Ps : Et ce qui son comme moi et qui ne supportent pas le doublage ils font comment quand les films ne son proposés que dans leurs version massacré, heu, je veut dire doublé ? (Dans ma région seul 3 ciné proposent la VO mais ils ne proposent pas tout), donc on fait comment ? Bah, on télécharge.
+1 J'ai exactement le même problème: Que ce soit les séries TV ou les films, bien souvent chez nous nous n'avons droits qu'aux version doublées (Inception en Français, j'en ai encore des cauchemars). Les VO existent en salle (rarement, et uniquement dans les 4 grande villes, dans le centre). Et PAS UNE chaine TNT sauf Arté ne diffuse des séries , même vieilles, en VO. Dans d'autres pays, c'est pourtant la norme depuis longtemps. Et après on s'etonnent qu'ils parlent mieux anglais que nous ? ..... En france pour voir quelque chose en VO (et dans le bon ordre, pour les série), il faut soit le télécharcher illégalement, soit attendre le DVD à 5euros l'épisode, 2 ans plus tard. Ya pas comme un souci ? (Les box opérateurs permettent peut-être de contourner le problème... Sauf que encore une fois, seules les grandes villes sont concernées: 75% du reste de la population n'a pas accès à la TV sur ADSL, pas assez de débit ou l'opérateur n'a pas souhaité faire l'effort d'amener les flux TV jusqu'a DSLAM. Sans comper le fait que, au gré des contrats des opérateurs , les chaines vont & viennent au petit bonheur). Alors certe, ok , on nivelle par le bas pour ne pas laisser la moitier de la populace à ne rien comprendre aux dialogues. Mais faut alors pas s'étonner que l'autre moitier aille "consomer" ailleurs. D'autant plus que, je trouve que c'est de moins en moins vrai cette séparation: Dans ma tranche d'age, c'est *rare* les gens qui ne comprennent pas l'anglais suffisement pour suivre une série. Et je suis pas sur que ce ne soit pas un effet du tipiak, justement, qui a efficacement pris le relais des pouvoirs publics & éducatifs dans ce domaine. ah si quelques séries françaises téléchargés : kaamelit et hero corp (j'ai jamais dit que cétait moi !!!)
C'est idiot ce qu'ils disent: si les auteurs veulent diffuser leurs films gratuitement sur Internet, ils n'ont qu'à choisir une licence qui l'autorise.
Souhaiter que son film soit téléchargé, tout en envoyant TMG chasser les gens qui le font, ce n'est pas très logique. Après, il y a le risque que les gens se disent qu'il est interdit de télécharger en P2P, quel que soit la licence de l'oeuvre. àa c'est un problème d'éducation (à force de diaboliser le P2P alors qu'il est un outil très efficace).. On peut aussi craindre que le spyware Hadopi interdise tout échange en P2P, quand bien même les auteurs de l'oeuvre autoriseraient son téléchargement.. "Attention, attention, ce sale pirate a téléchargé Debian Squeeze et Sita Sings the Blues en torrent!" Qui a les torrent des épisodes de Navarro,moulin et lescaut...qu'on se foute de sa tronche pour rigoler un bon coup !
jbsorba, le 08/09/2010 - 21:51 Typhus, le 08/09/2010 - 17:01 Heureusement qu'il y a des sites comme la Caverne des Introuvables pour diffuser la Culture cine (que des films introuvables en DVD): http://lesintrouvables.blogspot.com/ Chapeau. En plus dans tout les films proposés une grande parti n'a plus de "valeur commerciale" ce qui explique que ils ne sont plus exploités du tout, seul internet donne a ces titres une chance d'être vu pour ce que ils sont artistiquement parlent et non pour ce qui ils valent dans le sens valeur faciale argent. cool ton lien Grand_grunt, le 09/09/2010 - 09:46 C'est idiot ce qu'ils disent: si les auteurs veulent diffuser leurs films gratuitement sur Internet, ils n'ont qu'à choisir une licence qui l'autorise.Ca me dérange beaucoup que l'auteur (ou les ayant-droits) aient un droit de regard quant à la distribution de leurs oeuvres, à partir du moment ou elles sont publiques. Le droit d'auteur, ce n'est PAS de décider qui y a accès, sous quelle forme, à quelle date, et par quelle population qui parle quelle langue. Le droit d'auteur, c'est de toucher une rémunération pour cette oeuvre. POINT. C'est même pas dit qu'elle doit être proportionelle au succès, même si ca parait logique en première approche) Si l'auteur ne veux pas que certaines personnes ne profitent de son oeuvre, alors il ne la diffuse pas publiquement (ou alors qu'aux gens qui le 'méritent' a ses yeux, dans des représentations privées). Ce droit de regard qu'aurais les ayant-droit sur la distribution, c'est un GROS noeud du problème actuel, et en plus c'est récent, ca ne date que de la fixation des oeuvres sur supports reproductibles. C'est précisément ce que la LG veux casser. Le raccourci "rémunération de l'oeuvre implique contrôle de sa distribution" est très souvent asséné comme une vérité immuable alors que c'est un concept récent et un point de vue plus politique (individualisme exacerbé) que purement technique ou commercial. Il n'en est pas moins vrai que le financement RESTE une part critique de la machinerie. La LG est UNE des solutions, il en existe d'autres qui n'impliquent pas non plus le contrôle par les ayants droits de tous les canaux de diffusion. obcd, le 10/09/2010 - 09:48
Ca me dérange beaucoup que l'auteur (ou les ayant-droits) aient un droit de regard quant à la distribution de leurs oeuvres, à partir du moment ou elles sont publiques. Le droit d'auteur, ce n'est PAS de décider qui y a accès, sous quelle forme, à quelle date, et par quelle population qui parle quelle langue. Le droit d'auteur, c'est de toucher une rémunération pour cette oeuvre. POINT. C'est même pas dit qu'elle doit être proportionelle au succès, même si ca parait logique en première approche) De toute façon, le problème ici c'est qu'on estime que les films d'auteurs, ceux à petits budgets, qui essaient de se faire connaître, qui participent d'une culture différente du "baston-sexe-manichéisme-effets spéciaux" du cinéma hollywoodien, vont être impactés par Hadopi. Et bien, même en conservant la législation actuelle sur le droit d'auteur, ces auteurs ont la possibilité d'adopter des licences permissives, qui correspondent et aux libertés que tu défends (liberté d'accéder à l'oeuvre sans contrainte de date, de format, par exemple), et qui permettent de les télécharger légalement en P2P. Autrement dit, même avec le système actuel qui paraît très restrictif, le "problème" soulevé par le Conseil Économique et Social n'en est pas un: les auteurs n'ont strictement aucune raison de s'opposer à la chasse aux "pirates" vu que ce sont eux qui décident si le partage en P2P de leur oeuvre sera légal (autorisé) ou pas.
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