Alors que le portail France.fr est toujours indisponible, quelques hébergeurs français ont fait vibrer leur fibre patriotique en se déclarant prêts à soutenir le retour en ligne du site. Un coup de main appréciable, mais qui ne risque pas d'aller forcément bien loin. En effet, la sélection de l'hébergeur a déjà été réalisée via un appel d'offres initial.

Les hébergeurs français seraient-ils agacés de voir le portail officiel de la France tomber de Charybde en Scylla ? À en croire certains messages laissés sur Twitter et un forum de discussion, deux sociétés spécialisées dans l’hébergement se sont déclarées prêtes à intervenir si jamais le Service d’information du Gouvernement (SIG) en faisait la demande.

Premier à réagir à la déconfiture du portail, Frédéric Montagnon, le co-fondateur de la plate-forme d’hébergement de blogs Over-Blog. Dans un premier message adressé à Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’État en charge du numérique, il déclare ainsi être « prêt à donner un coup de main pour France.fr, par citoyenneté« , et de demander par la même occasion « un contact […] pour stopper le massacre« .

Même son de cloche ce matin sur les forums d’OVH, avec une annonce laissée par son fondateur, Octave Klaba. Signalée par certains de nos lecteurs dans les commentaires de cette actualité, le patron de la société « se propose d’apporter son aide et d’héberger ce projet gratuitement durant un an avec autant de serveurs, de bande-passante et d’hommes qui seront nécessaires pour maintenir le projet en fonctionnement et encaisser toutes les montées en charge qui se présenteront« .

Et d’en profiter pour se faire une petite promotion, en expliquant qu’OVH « héberge plus de 80 000 serveurs dans nos 2 200 baies sur un réseau d’un peu moins d’un Tbps de capacité« , sans oublier une expertise permettant de « créer des clusters de plusieurs centaines de serveurs de 8, 12 ou 16 coeurs en quelques heures« . Et de lancer une pique en rappelant que « c’est un peu notre métier« .

Cependant, si ce « sursaut patriotique » sera sans doute fort apprécié du côté du Service d’information du Gouvernement, il n’est pas certain que ces deux propositions aboutissent à quoi que ce soit. Du moins, pas sous cette forme-là en tout cas. En effet, le choix de l’hébergeur du portail doit se faire à travers un appel d’offres, d’autant qu’il s’agit-là d’un marché public. Or, cet appel d’offres a déjà eu lieu. Donc un coup de main, même à titre gracieux, risquerait de placer OVH ou Over-Blog devant quelques difficultés légales…

Rappelons par ailleurs que le portail France.fr n’a pas été confronté qu’à un problème de sous-dimensionnement au niveau de l’équipement. Si la capacité d’encaissement d’un fort trafic est une chose, il semblerait que d’autres soucis sont survenus, indépendamment de l’hébergement.

La semaine dernière, au micro de France Info, un responsable du Service d’information du Gouvernement a expliqué qu’au-delà de l’affluence importante (50 000 visiteurs un jour férié), d’autres pépins techniques sont apparus, comme le mélange des langues disponibles sur le portail par exemple. Un changement vers un autre hébergeur, aussi important soit-il, ne suffirait donc pas, a priori.

( photo : BY )

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