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Google tacle la presse et la FTC américaine sur l'avenir du journalisme

Julien L. - publié le Jeudi 22 Juillet 2010 à 17h34 - posté dans Société 2.0

Dans une réponse adressée à la FTC, Google estime que les nouveaux défis posés par l'information en ligne ne permettront plus aux médias traditionnels d'atteindre les mêmes chiffres d'affaire qu'auparavant. Selon le géant américain, cette situation est engendrée par un univers d'abondance et fortement concurrentiel. Cela ne se résoudra pas par la loi, mais par la mise en place d'un modèle économique performant.

À l'heure où la gratuité de l'information s'est imposée comme la nouvelle norme sur le web, de nombreux médias se demandent comment concevoir un modèle économique viable. Les anciennes recettes de la presse écrite ou des médias audiovisuels sont difficilement transposables sur le réseau des réseaux, et beaucoup s'inquiètent des effets que cela pourrait avoir sur l'avenir du journalisme à long terme.

Dans ce débat qui agite les esprits, Google est souvent montré du doigt. Depuis que le géant de la recherche a lancé son service d'actualités, plusieurs grands médias se demandent s'ils ne se font pas "voler" leurs contenus par Google. Parmi les détracteurs de Google Actualités, on retrouve bien évidemment Rupert Murdoch, sans doute l'un des plus radicaux en la matière.

Mais si Google ne veut pas tuer la presse - d'ailleurs la firme essaie de chercher aussi des solutions de son côté -, la firme de Mountain View ne peut pas aller contre la marée. Récemment d'ailleurs, le géant de la recherche a réagi aux recommandations de la Federal Trade Commission, une agence intervenant dans le domaine du droit à la consommation.

Dans sa réponse, rapportée par Jeff Jarvis dans un billet intitulé "Google takes the FTC to school" (Google ramène la FTC à l'école), Google se montre assez cinglant en distillant ce que l'on pourrait considérer comme une petite leçon d'économie à l'attention de la presse.

"Les marges importantes que les journaux ont réalisées par le passé reposaient sur une rareté artificielle : un choix limité pour les publicitaires et annonceurs comme pour les lecteurs. Avec Internet, cette rareté a disparu et remplacé par l'abondance. Aucune mesure politique ne sera en mesure de restaurer le chiffre d'affaires des journaux au niveau qu'il a connu avant l'émergence de l'information en ligne. Ce n'est pas une question de "dollars analogiques contre des centimes numériques", mais plutôt une évaluation réaliste sur la façon de gagner de l'argent dans un monde mêlant à la fois abondance et concurrence pour le consommateur".

Et Google de conclure, que la firme continuera "de travailler avec les éditeurs pour trouver des solutions permettant d'assurer la survie du journalisme en ligne et qu'il puisse se développer sur le web", estimant que l'ingérence de la FTC dans ce domaine n'est pas nécessaire. En d'autres termes, Google estime que les défis auxquels font face les médias sont avant tout de leur ressort. Il n'est pas nécessaire de légiférer pour sauver la presse, mais plutôt de créer des solutions économiques et commerciales viables.

L'année dernière, Google avait par ailleurs expliqué que si Google News récupérait inévitablement des contenus pour les proposer aux internautes, ces derniers ne restaient pas pour autant sur le service de Google. Une majorité n'hésite pas à se rendre directement sur l'article original pour poursuivre la lecture ou pour naviguer sur d'autres sujets.

"Aujourd'hui, plus de 25 000 sociétés de presse à travers le monde rendent leur contenu disponible sur Google Actualités et d'autres moteurs de recherche. Ils le font parce qu'ils veulent que leur travail soit trouvé et lu (Google délivre plus d'un milliard de visiteurs aux sites Internet des journaux chaque mois)" avait précisé la firme américaine.

Et d'ajouter ensuite que "ces visites offrent aux éditeurs une opportunité commerciale, al chance d'attirer un lecteur avec du contenu intéressant, de gagner de l'argent avec des publicités ou en proposant des abonnements en ligne".

Publié par Julien L., le 22 Juillet 2010 à 17h34
 
 
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Commentaires à propos de «Google tacle la presse et la FTC américaine sur l'avenir du journalisme»
 
C'est le même principe qu'avec les médias numériques. Il va juste y avoir dématérialisation. C'est ce changement qui leur fait peur.

L'information devenant active, les gens vont eux-même critiquer et décider. L'information sera plus variée, et moins manipulée, en revanche il faudra faire preuve de davantage de sens critique.

Les grands journaux sont juste en train de chougnier parce qu'ils auront moins de pognon à gaspiller. Les pauvres.

Pour avoir vu en profondeur la gestion du Figaro, je peux vous dire que s'il n'y avait pas moins de bien immobiliers de fonction, et moins de salaire exacerbé aux dirigeants et aux actionnaires, le journal irait nettement mieux.

C'est le grand mal du capitalisme actuel : "Je suis dirigeant, je dois donc économiser car c'est la crise, mais mieux vaut restreindre le nombre de rouleaux de PQ plutôt que mon salaire trop élevé".
"À l'heure où la gratuité de l'information s'est imposée comme la nouvelle norme sur le web"
C'est faux car rien n'est gratuit et c'est bien là le noeud du problème que de le croire. En répétant à l'envie que c'est "gratuit", on ne fait que propager des idées fausses sur le modèle économique qui régit la publication en ligne. Ce sont les régies publicitaires qui payent pour pouvoir disposer du temps de cerveau disponibles des visiteurs (selon l'expression consacrée). Typiquement je paye la lecture de cet article en donnant mon temps de cerveau disponible à la fnac. Combien vaut mon temps de cerveau, ça je n'en sais rien, mais affirmer que c'est gratuit c'est dire qu'il ne vaut rien (et c'est pas très gentil). Alors après faut pas s'étonner si les gens ne sont pas pret à payer. Donnez-leur le choix, explicitement entre les deux modes de paiements ; financier ou lobotomique... et peut-être qu'un nombre suffisant préfèrera sacrifier un peu de sous pour éviter de subir l'agression publicitaire. Le problème avec ce mythe de la gratuité c'est que tacitement il suppose que la publicité est inoffensive (y'à qu'à voir le taux de surrendettement pour se convaincre que c'est malheureusement totalement faux).
Ensuite, et pour en revenir à l'article, il n'est donc plus étonnant de voir que la discussion se centre sur "une évaluation réaliste sur la façon de gagner de l'argent dans un monde mêlant à la fois abondance et concurrence pour le consommateur"... parce que l'indépendance journalistique sur des média uniquement financé par la publicité, ça n'est même pas un paramètre du débat.
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