Puisque la plupart des baladeurs MP3, iPod en tête, ne sont pas capables de lire les morceaux proposés sur sa plateforme musicale en ligne, la FNAC va bientôt se rebeller et proposer un outil qui permettra d'outrepasser les mesures de protection apposées sur ses propres DRM.

« L’agitateur depuis 1954 » avait quelque peu égratigné sa devise en lançant un service en ligne sans aucune poigne face aux majors de l’industrie du disque. A 0,99€ le titre et avec un format WMA restreignant l’utilisation des morceaux achetés, FnacMusic n’avait d’agitateur que ses promesses. Les possesseurs d’iPod étaient déjà refoulés à l’entrée, mais pas seulement. Rappelons-nous que « seuls 16 % des baladeurs MP3 proposés par la FNAC pour Noël sont compatibles avec son service« , ou plus exactement avec les fichiers WMA protégés que vendent FnacMusic, l’ensemble des plateformes OD2 (telle la petite nouvelle de la chaîne M6) ou encore VirginMega.

Face à cette situation, la FNAC conseillait déjà à ses clients de graver les morceaux sur CD pour les réencoder ensuite dans un format MP3 compris par tous les lecteurs (une solution approuvée par le Conseil de la concurrence le mois dernier). Mais elle semble décidée à aller bien plus loin.

« C’est lors des rencontres Européennes des artistes de Cabourg, organisées par l’ADAMI, que François Montboisse, directeur général de Fnacmusic, a annoncé la mise prochaine sur le marché d’un logiciel capable de « craquer » les DRM de son site Fnac music afin d’autoriser la lecture des fichiers vendus sur le site vers un baladeur MP3« , nous apprend aujourd’hui GMP3. Les détails n’ont pas encore filtré sur cette application, mais l’annonce est surprenante. Les principales maisons de disques obligent, dans leurs contrats de licences avec les distributeurs en ligne, au respect de l’intégrité des mesures de protection apposées pour assurer elles-mêmes le respect des restrictions d’utilisation placées sur chaque morceau vendu. Avec la distribution d’un tel logiciel qui convertirait les fichiers WMA DRMisés en simples fichiers WMA non protégés voire en fichiers MP3, la FNAC met probablement en danger ses accords passés avec les producteurs.

De plus, le contournement des mesures de protection pourrait devenir illégal en France dans quelques mois si les députés votent la transposition de la directive européenne sur le droit d’auteur (EUCD) qui vise précisément à interdire la violation des DRM. Au coeur d’un débat qui promet d’être agité, le logiciel de la FNAC pourrait jeter un nouveau pavé dans la mare et inciter l’industrie du disque à se poser la question de l’utilité même de ces DRM.

Paradoxalement, la FNAC pourrait rendre service à l’industrie du disque. Le réflexe aujourd’hui pour un consommateur qui ne peut pas transférer son fichier sur son baladeur est d’aller télécharger la chanson en MP3 sur les réseaux P2P. Avec un outil clé en main fourni par la FNAC, ce réflexe qui guide vers Kazaa, Piolet ou eDonkey sera probablement atténué.

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