Les jeunes sont accros au web social, selon une étude américaine

Julien L. - publié le Samedi 24 Avril 2010 à 11h24 - posté dans Société 2.0

Les jeunes sont-ils dépendants d'Internet, et plus généralement des nouveaux médias et des moyens de communication ? Selon une récente étude américaine, c'est le cas. En effet, une expérience a révélé qu'un sevrage de 24 heures aux réseaux sociaux a entrainé l'apparition de symptômes assez proches de l'addiction à de l'alcool ou de la drogue.

Il y a encore dix ans, il aurait été sans doute impensable d'imaginer qu'Internet puisse rendre accro. Pourtant, à mesure que le réseau des réseaux a pris une place de plus en plus importante dans nos quotidiens, la question de l'addiction aux nouvelles technologies, aux réseaux sociaux et aux nouvelles formes de communication a commencé à se poser, bien souvent au rythme de faits divers plus ou moins sordides.

Pour l'heure, le lien de causalité entre addiction à Internet et trouble psychiatrique n'est pas systématiquement établi. Cependant, une étude américaine récemment menée par des chercheurs de l'université du Maryland pourrait peut-être changer la donne. Afin de découvrir les éventuels symptômes liés à une privation des médias sociaux, les responsables de l'enquête ont demandé à 200 étudiants de se sevrer pendant 24 heures.

Les résultats sont a priori guère rassurants. Les étudiants sevrés ont présenté des symptômes assez proches de l'addiction à de la drogue ou de l'alcool. Beaucoup ont montré des signes évidents de manque ou d'anxiété, tandis que d'autres ont manifesté une incapacité à agir normalement. L'absence de lien social suite à cette expérience a également provoqué chez certains une envie compulsive de consommation, de la même façon qu'un drogué ou un alcoolique a besoin de sa dose.

Concrètement, le sevrage touchait ici l'ensemble des moyens modernes de communication, comme les SMS, les e-mails, la messagerie instantanée, les appels téléphoniques ou encore les réseaux sociaux, comme Facebook. L'enquête a même poussé davantage en incluant la télévision et la musique. Susan Moeller, la directrice du projet, a expliqué que beaucoup de retours ont été transmis par les élèves.

"Je suis clairement accro et la dépendance est écoeurante" a ainsi réagi l'un des jeunes ayant participé à cette expérience. "Envoyer des messages et discuter par messagerie instantanée avec mes amis me donne une constante impression de confort" a écrit un des jeunes, qui a bloggué à propos de ses réactions. "Quand je n'ai pas accès à ces deux "luxes", je me sens seul et isolé".

La question de l'addiction aux jeux vidéo, aux réseaux sociaux ou aux nouveaux médias est diversement appréciée selon les pays. Si certains États n'ont pas de politique spécifique pour lutter contre ce nouveau genre d'addiction, d'autres ont une politique beaucoup plus rigoureuse, en fonction de la situation interne. En Corée du Sud par exemple, le gouvernement s'inquiète de la dépendance galopante des jeunes Sud-Coréens aux jeux vidéo, et en particulier aux MMORPG.

Dernièrement, c'est l'idée d'un couvre-feu qui a été proposée, afin de freiner l'expansion d'un phénomène qui affecterait de plus en plus de jeunes. Initiée par le ministère de la culture, des sports et du tourisme, cette mesure serait d'une durée de six heures afin de forcer les joueurs à sortir de leur monde virtuel. L'autre piste serait la réduction drastique des débits, afin de ne plus rendre le jeu attrayant, et persuader le joueur à faire une pause.

En France, à défaut d'étude sur l'impact du web social sur les jeunes, des réflexions ont été menées pour connaitre l'impact des jeux vidéo sur nos chères petites têtes blondes. L'année dernière, Christine Albanel - alors ministre de la culture - avait souhaité par exemple la mise en place d'une campagne d'information sur les dangers du jeu vidéo, tout en appelant à la généralisation des systèmes de contrôle parental permettant de brider l'accès ou les fonctionnalités de certains jeux.

La ministre demandait alors "une étude épidémiologique et sociologique nationale sur le phénomène de cyberdépendance et ses conséquences", comme le préconisait un rapport remis au gouvernement en novembre 2008. Si les jeux vidéo sont suivis avec attention dans l'Hexagone, nul doute qu'une telle étude incite un jour ou l'autre les responsables politiques à se pencher sur la question de l'impact des médias sociaux , et d'Internet en général, sur les Français.

(photo CC BY-SA)

Publié par Julien L., le 24 Avril 2010 à 11h24
 
 
31
Commentaires à propos de «Les jeunes sont accros au web social, selon une étude américaine»
 

1
2
C'est marrant comme les premiers auteurs de commentaires ont déformé l'article, peut-être pour se rassurer sur leur propre dépendance ?

Contrairement à ce qui a été dit dans les commentaires, les jeunes n'étaient pas enfermés et privés de télévision, jeux vidéos, ordinateur, etc.
Ils étaient juste privés de moyens de communications électroniques (SMS, email, Facebook), mais pouvaient continuer à jouer sur console (offline) ou pouvaient sortir avec leurs amis IRL.
Ce n'est pas l'incapacité à communiquer avec autrui qui a provoqué les manifestations de dépendance (ils étaient chez eux, pas sur une île déserte), mais c'est l'incapacité de pouvoir communiquer en permanence.

Dommage que l'étude ne se prononce pas vraiment sur les causes du phénomène : comment, et surtout pourquoi, les gens deviennent dépendant des outils de communication électronique ?
À quand une étude sur la dépendance aux services propriétaires?

Je suis certain qu'il suffit de bloquer une dizaine de services (Youtube, Gmail, Google, Hotmail, Facebook, Dailymotion, Yahoo..) pour plonger dans le désarroi le plus total la majorité des internautes d'aujourd'hui.

C'est tout con à dire, mais sans une poignée de service, les gens ne savent pas utiliser Internet.
Il y a encore une chose qui me chiffonne: on parle de la dépendance des "jeunes", mais a-t-on créé un groupe témoin, ou fait une expérience similaire avec d'autres catégories d'âge ? Il serait intéressant de savoir si cette "dépendance" existe aussi chez les parents de ces étudiants...
24h... Pas une semaine, un mois, juste 24h.

Belle preuve de la stratégie des mastodontes qui voudraient censément nous "faciliter la vie". Ils créent des besoins, les rendent incontournables, et rendent accro à leurs solutions.

Et je suis d'accord avec CultyColt, "L'étude dit qu'ils ont été privés d'outils, pas d'amis, donc l'argument d'être accro au relationnel ou d'être placé dans le désert ne marche pas".
Hatsumomo, le 25/04/2010 - 08:11
Ce n'est pas toujours si simple d'avoir des amis irl autour de soi, surtout quand on est un "étudiant déraciné" qui a du déménager pour être plus près de la fac, etc... Auquel cas, l'attachement à internet et au portable est compréhensible, pour garder le contact avec les proches qu'on a laissés derrière soi (je parle d'expérience).

Tu as raison, et on peut aller plus loin, je comprend que certain(e)s tombent dans l'alcool et/ou la drogue après avoir été violés, c'est assez traumatisant pour l'expliquer. Ok c'est un exemple extrême et pour en rester au numérique, je comprend tout à fait ton point de vue. Tu as besoin de rester en contact avec tes amis et la technologie apparait comme un prestataire de service pour profiter (plus ou moins gratuitement) de ce besoin. Mais là vie c'est ça aussi, c'est parfois de la frustration d'être coupés des siens, mais cette énergie est aussi motrice de nouvelles activités et de volonté de faire le nécessaire pour retrouver les siens. Je prône pas l'abandon de la technologie hein, je m'en sers assez, je dis juste qu'il faut être conscient de ses propres choix et que ça craint d'être mal si on a pas facebook ou autre...
renato666, le 25/04/2010 - 08:47
Bonjour.

Je n'ai, à priori, pas les outils pour vraiment mesurer l'addiction des jeunes générations au net, si ce n'est de constater le nombre grandissant d'heures passées devant ce nouveau " petit écran", aussi je me garderai bien de porter un jugement de valeur là-dessus.

Ce que je peux constater parcontre,en tant qu'utilisateur quotidien du net, c'est l'émergence, via ce nouvel outil de communication, d'une conscience planétaire qui abolit les frontières et toutes les barrières liguistiques, culturelles, politiques ou religieuses, et ça, c'est quelquechose qui me réjouit.

Quant à l'addiction, réelle ou supposée, à ce nouvel outil de communication, je trouve qu'elle remplace de toutes façons avantageusement un autre vecteur d'addiction plus ancien et bien plus toxique, celui des médias traditionnels qui, par leurs messages anxiogènes à but essentiellement commercial, ont généré, et génèrent encore aujourd'hui, de mon point de vue, des générations mal dans leur peau, accros aux informations négatives et au stress, qui font de la France la championne du monde de consommation d'anxiolytiques.

Alors, en supposant même que l'internet représente un risque d'addiction chez certains, il ne peut pas faire plus de dégâts dans les consciences que des médias traditionnels qui s'ingénient chaque jour à nous donner une image faussée et anxiogène du monde pour mieux servir leurs intérêts politiques et financiers.
Et ce sont eux les premiers à nous mettre en garde contre " les dnagers et les abus de l'internet ", bien entendu !

René Jourdren

ok pour l'intérêt esprit critique, l'éveil des consciences, le pouvoir de l'information par les utilisateurs, bref, tous les avantages cités sur les "anciens" médias manipulés, limités, passifs... C'est vrai que c'est un outil qui a un potentiel plus important.
En revanche : remplacer un toxique par un autre toxique soit disant mieux, je suis moins convaincu. C'est un peu come le mec qui dit que c'est mieux de fumer du cannabis que de boire de l'alcool parce que ça rendrait moins accro et que ça ferait moins de morts sur les routes.
Le www est un outil, un moyen d'expression, un recueil d'information, il est neutre, et ça serait d'ailleurs bien qu'il le reste (cf le débat actuel sur la neutralité des réseaux remis en question par différents groupes de pressions, dont les FAI eux-mêmes).

Faut relativiser sur la TV aussi : si les émissions sont abrutissantes et qu'on nous vend de la panique au JT, c'est aussi parce qu'il y a des cons qui en demandent. Les gens restant des gens, je vois pas pourquoi ça changerait avec le net.

Pour l'instant ça va, mais je suis assez inquiet de ce que pourrait devenir le net, ça pourrait aussi bien devenir une simple TV interractive avec le même contrôle et les mêmes conneries diffusées.
Actuellement c'est au détriment du pouvoir en place (genre Ortefeux avec les auvergnats), mais qu'est ce qui nous assure que le même processus d'info viral ne sera pas utilisé contre le public? On a bien fait gober à des millions d'américains de réduire davantage leur liberté avec un harcèlement médiatique. Et le web, je ne vois pas en quoi il serait à l'abri.
Hatsumomo, le 25/04/2010 - 22:28
Il y a encore une chose qui me chiffonne: on parle de la dépendance des "jeunes", mais a-t-on créé un groupe témoin, ou fait une expérience similaire avec d'autres catégories d'âge ? Il serait intéressant de savoir si cette "dépendance" existe aussi chez les parents de ces étudiants...
Oui, ça serait intéressant, mais à priori, je vois pas pourquoi les "vieux" seraient différents... Je pense que c'est surtout parce que les outils concernés sont surtout utilisés par les jeunes et qu'il est plus facile d'avoir des cobayes pour l'étude.
 
+1


en parlant de cobayes cowboys passionnés par le Net je me retire en vous tirant ma révérence

... parce que je prend toussa sûrement trop@coeur sans vraiment penseramoua !


:mania:


Image IPB
Pour ma part mon portable je m'en sers tous les jours.
Mais c'est pas parce que je l'aurai pas sous la main pendant 24h que je vais psychoter ...
Ca sera frustrant, certes, mais ca n'ira pas plus loin.
Enfin, addiction ou pas, de plus en plus de choses se passent sur internet (inscription post bac ou universitaire emploi du temps de l'université etc ...) donc les gens clament haut et fort qu'internet créé une dépendance mais ils contribuent à l'alimenter.
Va faire fac de médecine sans avoir internet, je te dis pas dans quelle merde tu vas être ...
Bretwalda, le 27/09/2011 - 13:16
Pour ma part mon portable je m'en sers tous les jours.
Mais c'est pas parce que je l'aurai pas sous la main pendant 24h que je vais psychoter ...
Ca sera frustrant, certes, mais ca n'ira pas plus loin.
Enfin, addiction ou pas, de plus en plus de choses se passent sur internet (inscription post bac ou universitaire emploi du temps de l'université etc ...) donc les gens clament haut et fort qu'internet créé une dépendance mais ils contribuent à l'alimenter.
Va faire fac de médecine sans avoir internet, je te dis pas dans quelle merde tu vas être ...
Il m'est arrivé d'oublier de charger mon portable pendant des jours et j'en ai pas ressenti la moindre frustration. Je me suis juste fait engueuler par ceux qui essayaient de me joindre. Enfin pas trop quand même ils sont habitués. :mdr:

1
2
Télécharger
NETEagle
Outils Réseau - Optimiser la connexion Internet
 
GreenBrowser
Navigateur Web - Navigateur léger basé sur IE
 
eMule 0.49c [Mephisto]
eMule (et mods eMule) - Mod basé sur ScarAngel avec le slotfocus
 
TestDisk & PhotoRec
Restauration - Logiciel de récupération de partition pour utilisateurs expérimentés
 
Rising Antivirus Free Edition
 
Avril 2010
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
29 30 31 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 1 2
3 4 5 6 7 8 9
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC