Un coup d'épée dans l'eau et un risque mesuré ? Google, en annonçant ne plus censurer les résultats de la version chinoise de son moteur de recherche, a sans doute avant tout cherché à bien se faire voir en Occident, à l'heure où beaucoup s'inquiètent sur sa façon de respecter la vie privée des internautes. Du côté du gouvernement chinois en tout cas, on minimise l'affaire.

Le coup d’éclat de Google, en rejetant la censure chinoise en milieu de semaine, aura au moins eu le mérite de redorer le blason d’une entreprise bien terni avec le temps. La célèbre devise « Don’t be evil » ne suffisant plus, la firme de Mountain View avait besoin de relancer son image en Occident de marque à l’heure où de plus en plus d’internautes s’inquiètent sur son omniprésence et sa façon de respecter la vie privée et les informations personnelles des internautes.

Président de la Chambre des représentants des États-Unis, la démocrate Nancy Pelosi, a déclaré cette semaine dans un communiqué que « l’annonce que Google va complètement réexaminer ses activités en Chine et ne tolèrera plus la censure de son moteur de recherche devrait servir d’exemple aux autres sociétés et aux gouvernements« . « Le gouvernement chinois dispose de l’une des organisations les plus sophistiquées pour contrôler internet. Il est essentiel que le secteur de la technologies ne l’aide pas dans ses efforts pour violer les droits de l’Homme ou interdire le libre-échange des idées » a-t-elle poursuivi, dans des propos rapportés par l’AFP.

Cependant, l’action courageuse (mais calculée) de Google risque fort d’être étouffée dans l’oeuf. Selon diverses sources chinoises relayées dans les médias, Pékin aurait déjà riposté en bloquant la version chinoise du moteur de recherche (Google.cn). Si ce dernier reste accessible depuis les autres régions du globe, les internautes chinois à l’intérieur de la « grande muraille numérique » ne pourrait plus y accéder.

Rappelons que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, avait pourtant déclaré que « l’Internet en Chine est ouvert », le gouvernement faisant son possible pour encourager « son développement » en s’efforçant de « créer un environnement favorable pour cela« . Sans doute en lançant une sorte d’intranet géant où seuls les contenus autorisés par le pouvoir pourraient circuler ?

Quant à savoir si les relations États-Unis – Chine en souffriront, Pékin a minimisé cette affaire en déclarant que « Quelle que soit la décision que prendra Google, cela n’aura pas d’impact sur les relations commerciales et économiques d’ensemble entre la Chine et les États-Unis« . Selon le porte-parole du ministère du Commerce, Yao Jian, « les deux pays ont des canaux de communications multiples. Nous avons confiance dans le développement sain des relations économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis« .

Si la Chine regrette le changement de politique de Google, elle a cependant rappelé aux entreprises étrangères qu’elles devaient « respecter les lois, l’intérêt public, la culture et les traditions des pays hôtes et prendre leurs responsabilités en fonction« . Et pour cause, « la Chine passe d’une économie planifiée traditionnelle à une économie de marché. La stabilité et le développement sont nos priorités actuellement » a justifié le porte-parole. Et cela passe manifestement par un contrôle très strict d’Internet.

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