Reporters Sans Frontières veut des explications de la part d'Apple. L'entreprise américaine est accusée de collaborer avec les autorités chinoises pour filtrer l'AppStore, afin de bloquer les applications en rapport avec le Tibet et le Dalaï-lama.

En lançant l’iPhone en Chine, Apple savait pertinemment qu’il allait devoir faire quelques concessions pour accéder au marché chinois. Au niveau des fonctionnalités par exemple, en limitant certaines technologies, comme le Wi-Fi. Commercialisé depuis fin 2009 par China Unicom, le distributeur exclusif de l’appareil, la firme de Cupertino espère écouler pas moins de 5 millions d’unités.

Mais si le bridage technologique est une chose, celui de la liberté d’expression en est une autre. Jeudi dernier, nous rapportions un possible filtrage de l’AppStore chinois afin de censurer toutes les applications se rapportant au Dalaï-lama ou au Tibet. Sujet très sensible en Chine, les autorités auraient ainsi exigé d’Apple d’empêcher toute mention du chef spirituel. Et la firme de Cupertino aurait accepté, n’ayant guère d’autres alternatives hormis son retrait du marché chinois.

Or, pour Reporters Sans Frontières, le comportement de la marque est proprement scandaleux. Dans un message diffusé le 1er janvier, l’organisation internationale a appelé l’entreprise à fournir la liste des applications concernées par ce blocage. « Les utilisateurs de l’iPhone en Chine ont le droit de savoir ce à quoi ils n’ont pas accès exactement. Dans un souci de transparence, l’entreprise devrait communiquer la liste complète des applications censurées – si censure il y a – et les critères de sélection utilisés. Si Apple a accepté de retirer certains de ses produits du App Store sous la pression des autorités, le groupe américain rejoindrait alors le club des entreprises complices de la censure de l’information en Chine » a ainsi déclaré l’ONG.

Selon différentes sources, une douzaine d’applications seraient ainsi concernées. Parmi celles-ci, nous retrouvons « Dalai Quotes », « Dalai Lama Quotes », « Dalai Lama Prayerwheel », « Paging Dalai Lama », ou encore « Nobel Laureates » puisque Tenzin Gyatso l’a reçu en 1989. Apple avait pour sa part justifié sa politique en expliquant que les applications sont disponibles en fonction de la législation et de la demande de chaque pays.

« Une grande déception de la part d’une entreprise qui s’est fait connaître pour son esprit créatif » a critiqué Reporters Sans Frontières. « Malgré sa devise  » Think differently « , il semblerait alors qu’en Chine, Apple ne se donne plus les moyens de penser autrement que les autorités. Le fait d’obéir aux lois locales ne constitue pas une excuse plausible, un acte de censure de contenu concernant le Dalaï-lama serait injustifié et représenterait clairement une violation des normes internationales qui régissent la liberté d’expression.  » a ajouté l’organisation internationale de défense de la liberté d’expression« .

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