Selon des estimations du Centre National de la Cinématographique (CNC), les salles de cinéma devraient enregistrer cette année une hausse de 5 % du nombre d’entrées, après le record d’une année 2008 déjà en croissance de 7 %.

« Nous devrions, mais il reste quinze jours qui pèsent lourd dans l’exploitation, être bien au-dessus de 195 millions d’entrées et probablement frôler les 200 millions« , pronostique au Monde la présidente du CNC, Véronique Cayla. Du jamais vu depuis l’avant-Canal+ en 1983, quand les Français n’avaient guère que les salles de cinéma pour choisir leurs films.

Des chiffres qui confirment malgré les discours alarmistes de la profession la très bonne santé du cinéma, déjà constatée sur les recettes du box office aux Etats-Unis. Et ceci avant-même que l’Hadopi ne soit mise en route.

En quelques sortes, ces chiffres flamboyants piègent déjà le petit monde du cinéma lorsqu’il annoncera l’an prochain le nombre d’entrées en salle en 2010, pour la première année de mise en œuvre de la riposte graduée censée convaincre les Français d’abandonner le DivX au profit du pop-corn salé.

Si les entrées en salle sont cette fois à la baisse, devra-t-on en déduire que le piratage impuni était en fait bénéfique à l’exposition du cinéma, et constituait davantage une publicité pour les salles obscures qu’un frein à la consommation ? Ou que la tant désirée Hadopi était une inefficace fumisterie ?

Si les entrées sont à la hausse, l’industrie pourra toujours prétendre que l’Hadopi a été efficace, et que des chiffres du piratage à la baisse auront permis une hausse continue des entrées. Mais puisque les entrées au cinéma étaient déjà prolifiques avant avec le piratage, l’argument fera rapidement pshit. Et si les chiffres du piratage n’ont pas baissé, ce sera la preuve que piratage et entrées en salle peuvent parfaitement coexister.

En fait, c’est un autre thermomètre qui permettra de juger de l’efficacité financière de la loi Hadopi : les ventes de DVD et de Blu-Ray. Selon Screen Digest, malgré l’absence de riposte graduée, les ventes de DVD devraient augmenter cette année en France de 14 %, avec 96,78 millions d’unités vendues. La riposte graduée permettra-t-elle de faire mieux en 2010 ? On en doute.

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