Le Conseil Constitutionnel valide la loi Hadopi 2 dans sa quasi totalité

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 22 Octobre 2009 à 16h55 - posté dans Société 2.0

La décision vient de tomber, et elle n'est pas favorable aux internautes. Les sages ont validé le texte du projet de loi Hadopi 2, et repoussé l'essentiel des arguments défendus par l'opposition contre l'ordonnance pénale ou la suspension de l'accès à Internet.

Mise à jour : notre première analyse de la décision est en ligne.

C'est une fumée gris foncée qui est sortie des cheminées du Palais-Royal... Les sages, enfermés toute la matinée derrière les portes scellées du Conseil Constitutionnel, ont fait connaître au peuple leur décision. C'est un "oui", avec une petite réserve. Ils valident l'essentiel de la loi de protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet, la fameuse Hadopi 2, à l'exception de l'article 6.II sur la possibilité pour le juge des référés de se prononcer sur les dommages et intérêts.

C'est une victoire politique pour Nicolas Sarkozy, qui avait promis qu'il irait "jusqu'au bout" pour faire adopter le projet de loi. Peu importe, finalement, s'il est ou non appliqué dans les faits. L'essentiel était le message adressé aux Français : ne piratez plus, ou votre accès à Internet sera suspendu.

Le communiqué du Conseil Constitutionnel :

Le 22 octobre 2009, par sa décision n° 2009-590 DC, le Conseil constitutionnel a examiné le recours dont il avait été saisi par plus de soixante députés à l'encontre de la loi relative à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet dite " Loi Hadopi 2 ".

À la suite de la loi du 12 juin 2009 dite " Hadopi 1 ", partiellement censurée par le Conseil constitutionnel (n° 2009-580 DC du 12 juin 2009), la loi " Hadopi 2 " poursuit deux orientations principales. D'une part, elle soumet le jugement des délits de contrefaçon commis sur internet à des règles de procédure pénale particulières. D'autre part, elle institue deux peines complémentaires, délictuelle et contraventionnelle, de suspension de l'accès à un service de communication au public en ligne.

Les députés requérants contestaient ces orientations et soulevaient des griefs à l'encontre des articles 1er, 6, 7, 8 et 11. Le Conseil a rejeté l'ensemble de ces griefs à l'exception de celui dirigé contre l'article 6.II de la loi. Il a, sur ce point, censuré la disposition relative au prononcé de dommages et intérêts civils par le juge de l'ordonnance pénale.

I - L'article 1er de la loi porte sur la HADOPI et les pouvoirs de ses membres et de ses agents. Les requérants soutenaient que ces dispositions étaient obscures et ambiguës et demandaient au Conseil constitutionnel de les interpréter. Le Conseil a écarté ce grief au regard des termes clairs de la loi qu'il incombera aux autorités judiciaires d'appliquer.

L'article 6 institue une procédure pénale spécifique applicable aux délits de contrefaçon commis par internet (jugement à juge unique et procédure simplifiée de l'ordonnance pénale). Le Conseil constitutionnel a déjà eu l'occasion de juger cette procédure conforme à la Constitution (Décision n° 2002-461 DC du 29 août 2002). Il a confirmé cette jurisprudence et écarté les griefs des requérants contestant cette procédure pénale.

L'article 7 instaure une peine complémentaire, délictuelle, de suspension de l'accès à internet. Cette instauration ne méconnaît ni le principe de nécessité des peines ni le principe d'égalité devant la loi. Elle n'est notamment pas caractérisée par une disproportion manifeste entre l'infraction et la peine
encourue. Son instauration relevait donc du pouvoir général d'appréciation du législateur.

L'article 8 instaure la même peine complémentaire de suspension de l'accès à internet en matière contraventionnelle. Il reviendra au pouvoir réglementaire de définir les éléments constitutifs de cette infraction, dont le Conseil constitutionnel n'est pas saisi. Dès lors, le grief ne pouvait qu'être écarté.

II - Le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions de l'article 6.II de la loi permettant au juge de statuer par ordonnance pénale sur la demande de dommages et intérêts. Il a jugé que rien ne s'opposait à cette orientation mais qu'il incombait alors au législateur de fixer dans la loi les règles applicables et non de les renvoyer au décret. L'article 34 de la Constitution réserve en effet à la loi le soin de fixer les règles de procédure pénale. En l'espèce, le législateur a méconnu sa compétence ne fixant pas lui-même les précisions nécessaires à l'application de la loi. En conséquence, le Conseil constitutionnel a censuré, pour incompétence négative, à l'article 6.II de la loi, le deuxième alinéa de l'article 495-6-1 du code de procédure pénale.

Publié par Guillaume Champeau, le 22 Octobre 2009 à 16h55
 
 
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Commentaires à propos de «Le Conseil Constitutionnel valide la loi Hadopi 2 dans sa quasi totalité»
 

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OMG, les créateurs d'Ipredator vont gagner au loto !
C'est cool, on va pouvoir commencer à tout casser.
En France, vous pouvez virez toutes vos institutions, c'est vraiment plus que de la mascarade de démocratie ce pays. Sarko fait vraiment ce qu'il veut.
Le Conseil Constitutionnel ? Un baratineur (Giscard) et un voleur (Chirac) !
voila maintenant je prends le pop corn et j'attends l'ordonnance penale généralisée à quasiment tout et n'importe quoi
*allez courage j'veux voir à quel point les gens peuvent tout encaisser
Après Dadvsi, Hadopi...
Rendez-vous dans 2 ans, pour une nouvelle loi en "i" :
juste le temps que les majors prennent conscience qu'hadopi ne changera rien à leur incompétence et à leur refus de mettre en place un nouveau modèle.
on va continuer comme avant, comme toujours, mais autrement, mais je filerais pas un centime pour la sous culture grand public. :D
de toute manière les juge n'applique a moitie les lois vote au parlement est concernant emule ca fait un moment qu'on les alerte sur la HADOPIE mais il veule pas changer j utilise plus emule je suis que sur le p3p donc va falloir simplement changer nos habitude c'est tous
Destruction, ya que ça qu'ils comprennent.
Ageur, le 22/10/2009 - 17:03
c'est une énorme deception et une enorme perte de confiance dans les derniers remparts de la democratie
Parceque t'avais encore confiance ???
EXCLUSIF : TF1 diffuse son enquête spéciale sur les bienfaits de la loi et divulgue les preuves qui appuie la thèse que son ex-employé (Jérôme Bourreau-Guggenheim) est bel et bien un dangereux terroriste d'extrême gauche !
ah oui j'oubliais une vieille devise "nique toujours le système" mdrr
On est dans la merde.
pefm, le 22/10/2009 - 17:08
Ageur, le 22/10/2009 - 17:03
c'est une énorme deception et une enorme perte de confiance dans les derniers remparts de la democratie
Parceque t'avais encore confiance ???

Naïvement, oui..., j'avais encore confiance.
Ne pleurez pas, restez positif, aujourd'hui, Sarkozy insulte son peuple... ça fera pas joli dans les livres d'histoire :)
Radamanthe, le 22/10/2009 - 17:10
Ne pleurez pas, restez positif, aujourd'hui, Sarkozy insulte son peuple... ça fera pas joli dans les livres d'histoire :)
rappelle moi QUI ecrit les livres d'histoire ? :) pas les perdants
Je m'en doutais !
Il n'y a pas eu d'intervention récente sur le sujet dans la presse et hier, dans le Canard, un petit écho parlait d'un échange entre Naboléon et des journalistes.
Ces derniers l'ont interpellé : "il est gentil avec Chirac, quand même".
Et l'Autre de répondre : "Ah ça oui, il a intérêt à être gentil" !
La messe était dite.
db
Encore une fois, le Petit Nicoléon Sarkonaparte a fait son empereur et poussé jusqu'au bout une loi caduque dans son essence.
Manifestons, frères et soeurs que l'on qualifie de "Pirates" et luttons pour l'établissement d'un ordre nouveau !
Tout ça pour ça...

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