En commission des affaires culturelles ce matin, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand a assuré aux députés qu'il aurait aimé être téléchargé illégalement plus souvent, et confié qu'il avait deux abonnements à Internet au cas où l'un des deux était un jour suspendu suite aux activités illégales de son fils. Festival.

Episode délicieusement comique ce matin à l’Assemblée Nationale. Envoyé défendre devant la commission culturelle le projet loi relatif à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet (Hadopi 2), aux côtés de Michèle Alliot-Marie, le nouveau ministre de la culture Frédéric Mitterrand a multiplié les bourdes. S’il était apparu complètement désintéressé par le texte au Sénat, employant un ton monocorde et détaché de toute émotion qui tenait de la performance d’acteur, le successeur de Christine Albanel s’est laissé aller à quelques anecdotes personnelles devant les députés. Qui ne plaident pas vraiment en faveur du texte…

« Il m’arrive parfois d’être téléchargé illégalement, pas suffisamment à mon grand regret« , aurait ainsi déclaré le ministre de la Culture selon des propos rapportés à Numerama par un membre de la commission. « Vous êtes comme Carla Bruni, vous avez grand plaisir à être téléporté« , s’est alors amusé en retour le député Patrick Bloche, chef de file de l’opposition sur le projet de loi, en référence aux anciens propos de la première dame de France. « Si cela peut me rapprocher de la femme du Chef de l’Etat…« , répondit avec malice Frédéric Mitterrand, à qui l’on venait d’expliquer l’allusion. Le ministre est déjà un proche de Carla Bruni et lui doit de ne pas avoir totalement trébuché sur le palier de la rue de Valois après sa bourde diplomatique.

Par ailleurs, pour démontrer l’importance du rôle pédagogique de l’Hadopi auprès des jeunes, Frédéric Mitterrand a plusieurs fois pris l’exemple de son fils, qui piraterait souvent. L’intéressé appréciera que papa fasse de la délation au Palais Bourbon. Lorsque des députés socialistes lui demandèrent s’il ne risquait pas alors de se faire suspendre son abonnement à Internet pour « négligence caractérisée« , comme le prévoit le texte, Mitterrand a une réponse maligne : « J’ai deux abonnements« . Bien joué.

On ne l’avait pas compris, mais la suspension de l’accès à Internet est en fait une manière de vendre le double d’abonnements à Internet. Il est fort ce Sarkozy…

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