Unanime sur la riposte graduée, le Sénat exige des efforts sur l'offre légale
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 30 Octobre 2008 à 02h31 -
posté dans Société 2.0
![]() Le Sénat a débuté mercredi soir, jusque tard dans la nuit, l'examen du projet de loi Création et Internet qui doit instaurer le mécanisme de la riposte graduée pour lutter contre le piratage. La discussion générale, préliminaire à l'étude des articles et de leurs amendements, a confirmé l'existence d'un consensus quasi parfait chez les sénateurs de tous bords pour soutenir la riposte graduée. Ils demandent néanmoins une offre légale mieux développée.
Comme nous le révélions dès mardi, les Socialistes ont été particulièrement prompts à manifester leur attachement au mécanisme d'avertissement et de sanction proposé par Christine Albanel. Serge Lagauche a ainsi salué une "démarche consensuelle, pédagogique et novatrice à laquelle on ne peut que souscrire", et décoché une flèche acide à l'encontre de Free et de son fondateur Xavier Niel, qui a renié les accords Olivennes après les avoir signés. "Il est regrettable que certains FAI se soient permis de retirer leurs signatures sous le prétexte fallacieux qu'on leur a fait signer une page blanche", s'est ainsi agacé le sénateur socialiste, en référence aux accusations formulées cet été par le PDG de Free. L'ancienne ministre de la culture Catherine Tasca et le sénateur Richard Yung lui ont succédé pour soutenir également le texte au nom des socialistes. "Il ne s'agit pas d'un texte liberticide. Ce qui est liberticide c'est de nier le droit d'auteur", lâchera même ce dernier. Guy Bono, le député européen socialiste à l'origine de l'amendement 138 qui oblige à passer par l'ordre judiciaire avant toute mesure "contraire aux droits fondamentaux des usagers" d'internet, a pu entendre ses oreilles siffler. Même s'il n'a jamais été personnellement mis en cause par ses homologues, la portée juridique de son amendement a été balayée sur tous les bancs, et le vote massif du Parlement européen contre la riposte graduée a été moqué. "Il n'y aura pas d'Europe sans création proprement européenne. Pas d'Europe lumineuse sans une volonté farouche de promouvoir les oeuvres de l'esprit, de défendre le droit d'auteur", a ainsi tâclé l'UMP Michel Thiollière. Une offre légale insatisfaisante selon les sénateurs Dans un concert d'éloges pour le projet de loi et d'effroi pour l'avenir de la création culturelle, quelques voix dissidentes se sont tout de même exprimées, avec plus ou moins de vigueur. Le communiste Ivan Renar a ainsi dénoncé "l'attentisme et le conservatisme étriqué" des industries culturelles qui veulent "arrêter le progrès", parce qu'elles sont "incapables d'être en phase avec leurs temps". Déjà résigné, il a demandé à ce que la loi donne lieu à un bilan dans deux ans, pour la réviser voire pour l'abandonner totalement. Par ailleurs, la sénatrice Verts Alima Boumedienne-Thiery a estimé que le projet de loi "néglige beaucoup d'artistes-interprètes" et "répond davantage aux puissants acteurs". Dans un contexte de "manque de pouvoir d'achat des citoyens", "ce projet de loi n'apporte pas un centime de plus à la création", a-t-elle regretté. L'essentiel des critiques, formulées sans aucune exception par l'ensemble des intervenants, s'est toutefois concentré sur le développement beaucoup trop partiel et trop lent de l'offre légale. Malgré la satisfaction affichée par Christine Albanel devant la multiplication du nombre d'offres disponibles sous différents modèles économiques (financement par la publicité, paiement à l'acte, au forfait,...), le Sénat a été unanime pour exiger des industries culturelles un effort démultiplié sur le développement de l'offre légale. C'était en effet l'autre plateau de la balance des accords Olivennes, oublié dans le projet de loi. La haute assemblée, qui avait supprimé en 2006 la disposition de la loi DADVSI rendant obligatoire l'interopérabilité des DRM, a donc demandé la suppression de tous les DRM ou la création d'un standard interopérable. Elle a également demandé que le gouvernement impose une révision de la chronologie des médias pour raccourcir la fenêtre d'exploitation en VOD des oeuvres cinématographiques. Mais Christine Albanel a renouvelé son opposition à toute mesure coercitive, pour ne pas que le législateur interfère avec les lois du marché. Elle continue de croire dans les accords interprofessionnels pour régler ces questions. Si cette première soirée de discussion générale du projet de loi s'est déroulée sans encombre pour la ministre de la Culture, la discussion des articles et des amendements qui débute jeudi matin devrait cependant découvrir les premières embuches. La sénatrice de l'Union Centriste Catherine Morin-Dessailly a ainsi pointé du doigt le problème du "droit de se défendre" qui ne serait pas respecté par le projet de loi. Le mécanisme fait peser une "présomption de culpabilité sur l'abonné", alors qu'il est "simple de faire accuser un internaute innocent", a-t-elle prévenu. "L'abonné devra prouver qu'il a été piraté, ce qui est pour un profane difficile voire improbable (...) Nous avons des interrogations sur la possibilité de contester le bienfondé des recommandations (les lettres d'avertissement, ndlr), comme toute recommandation administrative." à lire aussi
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Commentaires à propos de «Unanime sur la riposte graduée, le Sénat exige des efforts sur l'offre légale»
Si cette loi de merde passe en l'etat, et il y a de grandes chances vu comment c'est engagé: tous les partis politiques sont d'accord, il n'y en a aucun pour protester contre ce fliquage massif de millions de francais ! C'est delirant ! eh bien internet ca sera fini pour moi, je resilierai mon abonnement.Point barre. Meme si je n'ai rien à me reprocher je n'ai pas envie d'etre traqué comme une bete. Parce qu'il est bien la quand meme aussi le probleme : on sera tous presumes coupables et si jamais il y a erreur sur la personne quand tu recevras le recommande ( ou autre avertissement) bah pour prouver que tu es innocent vas y mon gars, coure tu peux y aller ! Donc si l'internet francais devient une source de problemes ca sera zou, a pu, fini .... Retour aux années 80 ... Ou 70 ... Ou 60 meme, vu les programmes teles qui nous attendent ....
De toute facon faut bien se dire une choses ce genre de repression de masse a ete tente aux etats unis depuis 10 ans et a prouve sa grande ineficacitee mais bon quand on peut faire un truc qui marche pas et qui coute des sous pourquoi pas .
le plus simple serait de demander aux ayant droit de regler tous les frais decoulant de cette loi . je crois que bien vite ils serait contre le texte . d'autant plus que je vois mal comment des citoyens qui ont pour beaucoup du mal a joindre les deux bouts pourraient payer des MP3 hors de prix ou des CD . Mais ce nest pas grave les radio reviendrons un peu plus a la mode parsque entre nous quand on vois la qualitee des ecouteurs de baladeur et lecteurs MP3 une qualitee radio est asser peu differente d'une qualitee CD. d'autre part on aurra toujours comme ressource d'enregistrer les web radio et autre deezer et donc d'avoir ses musiques sans payer quoi que ce soit a moins bien sur qu'il n'interdisent ce mode de diffusion. "Il est regrettable que certains FAI se soient permis de retirer leurs signatures sous le prétexte fallacieux qu'on leur a fait signer une page blanche"
Bien noter le temps employé, qui signifie très clairement, que du moins pour le sénateur prononçant cette phrase, on a effectivement fait signer une page blanche à Free. Ou alors c'est que ce sénateur ne sait pas parler correctement français. Qu'est-ce qui est le plus grave entre les deux ? Difficile à dire. D'un côté il considère que faire signer une feuille blanche ce n'est rien, et que Free devrait se tenir aux engagements qu'on a rajouté sur cette feuille blanche après coup, de l'autre, on a quelqu'un qui ne maîtrise pas la langue française (et là c'est tout de même simplement de savoir utiliser le conditionnel plutôt que l'indicatif lorsqu'on parle de quelquechose qui ne serait pas vrai, ça s'apprend en primaire) qui participe à la définition des lois de notre pays... "Mais Christine Albanel a renouvelé son opposition à toute mesure coercitive, pour ne pas que le législateur interfère avec les lois du marché. Elle continue de croire dans les accords interprofessionnels pour régler ces questions." Ah ah ah... Ou comment dire : on leur donne ce qu'ils veulent, mais on ne leur imposera pas de faire ce qu'ils ont promis en échange. Donc on leur fait juste un gros cadeau sans contrepartie (à part celle probablement souhaitée mais inavouée d'utiliser par la suite cet organisme de justice parallèle bafouant les droits de la défense pour d'autres "tâches"). Elle est pas belle la France d'aujourd'hui ? Se posent-ils la question, pour les radars automatiques, si les gens ont les moyens?
Depuis quand ils se soucient de nos moyens, ya que les leurs qui les préoccupent!!!! Le plus jolis est quand même la sénatrice UMP capable de sortir que le piratage à diminué de 70% aux États unis. Au fait de combien ont évolué le marché de la musique pendant que le piratage est sensé avoir diminué de 70%
http://www.numerama....se-aux-USA.html Heureusement que ce sujet n'intéresse pas la presse car mentir de cette façon sinon ne passerait pas. Encore que l'on est sur la presse française toujours prompte à lécher les bottes de n'importe quel pouvoir. Pourquoi TASCA a soutenu HADOPI ?
Catherine Tasca, proche de Bertrand Delanoe (également opposé à la licence globale et favorable à HADOPI), s'est pour sa part lancé dans un discours panagérique sur le droit d'auteur, mais sans doute est il bon de rappeler les véritables raisons de sa motivation en faveur des majors, dont notamment VIVENDI UNIVERSAL. Car si en janvier 2001, elle présente un projet de loi de taxation de produits et supports numériques en vertu de la protection des droits d'auteur qui sera la première pierre posée contre l'internet libre et dont la DADVSI et aujourd'hui HADOPI sont directement issues, c'est que Mme TASCA, a longtemps été une des protégées de Jean MARIE MESSIER et de VIVENDI. AInsi après avoir il est vrai tant fait pour la naissance de CANAL PLUS, quand en 1993 la gauche perd le pouvoir, elle est immédiatement embauchée comme présidente du conseil d'administration de Canal horizon, filiale de Canal plus, jusqu'en 1997. Mais lorsqu'elle a quitté CANAL PLUS, ce n'est pas sans de subtantielles stock options, encaissant les plus values juste avant de rentrer au gouvernement Jospin.., comme ministre de la Culture et de la Communication. Il est vrai que toute socialiste qu'elle est, Mme TASCA aime la belle vie. Et mondain, Jean Marie Messier le sait bien, qui l'invite au une fois par mois à des séances de cinéma privé dans une salle UGC (dont Vivendi détient 38%) avec d'autres députés et "amis" du beau monde politique parisien. Une fois par an, il fait donner un concert au château de Vivendi à Méry-sur-Oise. Il invite aussi à des sorties lyriques à l'opéra ou au Festival d'Aix en Provence, et l'été 1998,juste avant sa chute, il n'hésitait pas même à faire chercher ses hôtes parisiens par un aller retour en avion bien évidemment privé. Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication, membre de la Commission des lois était de toutes les sorties de J2M Cela étant dit, on comprend mieux l'élan "vivendiste" de nos sénateurs PS qui ont trahit ce soir l'engagement de la campagne présidentielle de Ségolène ROYAL de 2007 en faveur de la LICENCE GLOBALE, seule réponse viable et respectueuse des libertés comme de la vie privée. Source : Jean-Philippe Joseph,"le procès de la mondialisation", ouvrage dirigé par Edouard Goldsmith et Jerry Mander, Fayard 2001.
En tout cas, c'est vrai que l'offre légale est clairement insatisfaisante...
Les éditeurs pourraient offrir un contenu en ligne -autre que de vulgaires publicités mais non téléchargable - dont la clé d'accés serait un cd, un dvd acheté légalement. Un vrai bonus ( reportages, interviews, extraits de concerts, photos, news Etc...). Ainsi il rendrait leur offre plus attractive et s'ils se debrouille bien le fan de tel groupe ou tel film pourrait participer activement à l'univers qui l'interresse, attenuant l'impression d'etre traité uniquement comme un vulgaire consommateur. Ca serait plus malin que la répression, je crois. Seulement, le hic, c'est que les majors préfèrent considerer internet comme une source de profit potentielle plutot qu'un moyen de consolider ce qu'ils ont déjà. Voilà c'est juste une idée, pas une solution finale. un truc positif quoi. Qu'en sera-t-il des avertissements et sanctions lorsque l'accès Internet est partagé en réseau dans la même famille par exemple. Le titulaire de l'abonnement au FAI sera-t-il basiquement jugé responsable, même si ce n'est pas lui, mais un autre utilisateur majeur qui télécharge ?
cava être un chaos je vous le dit
"la fin de l'internet civilisé" a oui il n'a jamais vraiment existé faut compter sur l'assemblée et le conseil constitutionnel ce qui est honteux c'est qu'ils balaient l'amendement 138 comme si il n'avait jamais existé
la cour européenne va être ravie En tout merci aux socialistes, un boulevard leur est ouvert pour se faire entendre en tant qu'opposition. Mais non ils suivent le pas, après avoir fait croire qu'ils étaient pour la Licence Globale lors de la campagne de 2007. Ils sont tellement déconnectés de la société qu'ils doivent penser que la loi Hadopi est archi-populaire. Car le français moyen lui il écoute Johnny quand il dit "a que c'est pas bien de télécharger, a que Johnny il a un chalet à Gstaad à payer".
Pauvres socialistes ils ne se rendent pas compte qu'il se font bien enfler par Sarkozy sur ce coup là. Car quand viendra l'heure des comptes le "Nain" aura juste à dire "ok, la loi Hadopi vous a pourrit la vie mais bon les socialistes l'on approuvée aussi". En France on a pas de chance, non seulement nous avons la droite la plus bête du monde mais en plus nous avons aussi la gauche la plus bête du monde. Il n'y a vraiment plus d'espoir dans ce pays gangréné par les lobbies. Remarque on a toujours dit que la France n'était que le reflet des USA. eloflor, le 01/01/1970 - 01:00 On en reparlera, mais le 138 n'a plus beaucoup de jours à vivre!!!Il faudra un jours que la filière musicale dans son ensemble disent en quoi le droit de se défendre devant un juge est un crime dans une société démocratique. Maintenant si on préfère la justice expéditive, on commence par le net et ne vous inquiétez pas mais elle avance aussi à la même vitesse au niveau du droit des étrangers en cas d'expulsion. En Allemagne on parle même de réduire le champs d'accès à l'aide juridique car trop de chômeurs gagnent contre l'État dans des procès en appel sur des décisions administratives pas assez argumentées. J'ai eu la chance et le courage (vives les palpitations) de regarder en direct ces incompétents faiseur de lois.
Ce qui me scandalise est que seule une personne a évoqué le pouvoir d'achat et que dans la vie il y a des priorités et que la culture (pas bon marché) n'était pas toujours la priorité number one. Je cite Alima Boumedienne-Thieryet et je la remercie pour cet argument parmis tous les autres qu'elle ait pu commenter. Pauvre pays dirigé par les majors et un monarque mégalomane. Je n'ai pas d'affection particulière pour TPB mais la solution serait qu'ils utilisent tt les IP du territoire comme ils l'avaient annoncé pour démontrer comme ils disent que la technologie a toujours une avance sur les lois et qu'il y aura des innocents victime de cette loi débile. Cela dit, je ne suis pas non plus pour le download tout gratuit mais je suis contre ces puissances de la musique qui s'enrichissent sur le dos des artistes (excluant Johnny & Co) vendus à des prix de fous et dont la culture n'est accessible qu'aux plus riches d'entre nous. Je comprends parfaitement pourquoi les gens n'achètent pas. Entre pouvoir et vouloir dans notre pays, il y a un grand fossé dont notre cher gouvernement n'a toujours pas compris la leçon... Heureusement qu'il y a l'Europe qui a la possibilité de freiner ces incompétents qui nous accusent tous de pirates potentiels. Croyons en Bono et son Calibre 138. Il suffirait que plutôt que mettre des adresses IP aléatoires dans ses trackers, un site bien connu les pioche parmi celles... de l'Assemblée Nationale et du Sénat, le résultat serait assurément amusant
Dans un sens le gouvernement se tire une balle dans le pied. Ils verront bien quand l'utilisateur lambda va être impacté, connaissant notre population ça gueulera qu'à ce moment là. Mais bon tout le monde s'en fout pour l'instant car les médias font bien exprès de ne pas relayer ces informations.
Tant pis pour eux car pour la minorité des utilisateur web avertis, bah il existe déjà des solutions de contournement. Anagrys, le 01/01/1970 - 01:00 Il suffirait que plutôt que mettre des adresses IP aléatoires dans ses trackers, un site bien connu les pioche parmi celles... de l'Assemblée Nationale et du Sénat, le résultat serait assurément amusant Pour que ce soit efficace il ne faut pas pouvoir différencier facilement les adresses IP injectées de celle qui sont collectées. Or si tu te base sur un quelconque fichier pour injecter ces adresses, tu facilite le tri automatique entre les vrais et les fausses. Le but de la man˝uvre n'est pas d'impliquer des personnes mais de réduire à néant la preuve par l'IP seule. Si la constatation de l'IP seule est facilement contestable sans avoir un diplôme bac +18 en gestion des réseaux informatique alors la ils ne pourront plus utiliser cette preuve insuffisante par elle seule. voir sinon Pcinpact.
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En fait de "pédagogie", je ne vois rien d'autre que des menaces et des sanctions dans ce projet de loi. Et la rémunération des artistes ? Absente, comme toujours. Et ce n'est pas de créer une monstruosité juridique dévouée à supprimer l'accès à Internet à des personnes n'ayant pas les moyens de payer leurs amendes qui règlera ce problème.