Quand la Sacem regrette son rejet de la licence globale...
Guillaume Champeau - publié le Mardi 08 Juillet 2008 à 13h27 - posté dans Société 2.0
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Lorsque des députés socialistes, verts, communistes et UMP se sont alliés à la fin de l'année 2005 pour voter par surprise un amendement instituant la licence globale en France, la Sacem s'est positionnée en première ligne pour attaquer le vote des représentants du peuple, et pour demander à ce que l'on revienne immédiatement à l'esprit d'origine de la loi DADVSI : répression, répression et répression. Grande et belle victoire. L'amendement vilain a été rayé du texte après un tour de passe-passe historique réalisé par le ministre d'alors Renaud Donnedieu de Vabres, et la la licence globale qui était demandée par les internautes a été enterrée. 

Avec elle, l'espoir de rémunérer la musique sur Internet.

  Le principe de la licence globale n'était pas la légalisation d'une pratique illégale, pour dédouaner de toute responsabilité les "pirates". Il s'agissait d'un compromis social : laissez-nous télécharger et partager librement vos oeuvres, et nous payerons tous les mois une somme fixe à nos FAI, qu'ils auront pour obligation de vous reverser. A vous, ensuite, de redistribuer cet argent entre tous les auteurs, compositeurs, interprètes et éditeurs qui le méritent, sur la base par exemple du nombre de téléchargements qu'ils ont obtenu. Certes, l'idée n'est pas parfaite. Mais elle semblait alors être la moins mauvaise des solutions, et elle avait l'énorme avantage de pouvoir être acceptée par les internautes qui étaient alors condamnés par les tribunaux à de lourdes amendes.

Aujourd'hui, beaucoup d'internautes ont refermé la porte. Ils ne veulent plus entendre parler de la licence globale. La main qu'ils avaient tendue, ils la retirent. Et la Sacem commence seulement à réaliser qu'elle a fait en 2005 ce qui risque d'être la plus grosse erreur stratégique de toute son existence.

On sait qu'elle prépare déjà un plan B à l'échec annoncé du projet de loi Hadopi, rebaptisée "Loi création et internet". Dans un plaidoyé pour le projet de loi publié par La Tribune (et reproduite par Electron Libre), le président du conseil d'administration de la Sacem, Laurent Petitgirard, salue un texte qui serait "un compromis entre toutes les parties présentes" aux accords de l'Elysée. Il oublie que la seule partie avec laquelle il fallait trouver un compris, les consommateurs, étaient absents. Et il redoute, à son tour, que le projet de loi soigneusement préparé dans les arcanes du ministère de la culture, qui très clairement ne comprend rien à ce qu'il propose, ne soit "sensiblement altéré à l’issue du processus législatif".

Faisant montre d'une mémoire courte, Laurent Petitgirard feint d'ignorer que la Sacem a refusé le paiement d'une taxe par les FAI au titre de la licence globale, et il s'indigne de l'absence d'une telle taxe. "Alors même que les échanges de musique sont largement à l’origine de l’explosion des abonnements, ces derniers n’auraient-ils pas dû depuis le début contribuer à la rémunération des auteurs ?", demande-t-il. Il craint désormais que la taxe imposée aux FAI pour financer la télévision publique ne laisse plus aucune marge de manoeuvre à la filière musicale lorsqu'elle voudra à son tour ponctionner les opérateurs. "Dans ce contexte, ajoute en effet M. Petitgirard, la proposition d’une taxation à 0,9 % des fournisseurs d’accès à Internet au bénéfice de la télévision publique ne peut qu’inquiéter les auteurs, qui risquent de voir s’évanouir une source de rémunération dont ils devraient déjà bénéficier directement depuis longtemps".

Ne fallait-il pas y penser avant ?

Le président de la Sacem va jusqu'à critiquer le manque d'ambition de la loi Création et Internet, qui serait selon lui "le service minimum, et bien tardif, pour tenter de freiner sans la compenser, hélas, la baisse considérable des revenus [des auteurs]".

La loi Création et Internet "constitue pour les auteurs et leurs éditeurs une espérance après près de dix ans d’inaction", conclue M. Petitgirard. Ca fera plaisir à M. Donnedieu de Vabres d'apprendre que suivre les instructions de la Sacem en 2005 et 2006 était de l'inaction... C'est une réalité, mais c'est amusant à lire. Ca le serait, en tout cas, si la Sacem n'était pas le premier responsable de cette inaction.

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Sacem, Licence Globale
 
 
74 commentaire(s)
 
kubrick
Le 08 Juillet 2008 à 13h48
 
Ca serait tellement plus simple aussi si on pouvait faire une loi qui obligerait les citoyens a acheter un quota annuel de disques sous peine d'amende ! N'est-ce pas M. Petitgirard ?
TotoRhino
Le 08 Juillet 2008 à 14h02
Ah là là, LPR n’est va venu crier ce discours ici et ça se comprend.

Alors, on rejette sa faute sur les autres ? Remarque, les hommes du gouvernement ne valent pas mieux et c’est vrai que c’est plutôt rigolo de voir ces « acteurs » de DADVSI se rejeter la patate chaude.

Alors, Mesdames et Messieurs les politiques, Mesdames et Messieurs des lobbys et toutes personnes liées à l’industrie de la musique en générale, vous êtes vieux jeu, vous êtes devenus incapables de comprendre le monde qui vous entour au point d’en devenir les parasites.
Pour sauver votre peau, vous vous êtes investis dans la mise en place de lois liberticides et ainsi renier la liberté individuelle des individus. C’est un constat lamentable.

Pour ma part, une vraie LGO je n’y crois plus et de toute façon je suis revanchard de caractère (oui, je sais, ce n’est pas bien). Alors vous n’aurez plus rien de moi et si les FAI veulent se la jouer de la même façon, ma lettre de résiliation est prête.

Ce sont les consommateurs qui peuvent décider de votre survie, personne d’autre.
maided
Le 08 Juillet 2008 à 14h08
 
Juste retour de bâton.
Serais ce que la Sacem à découvert Numerama ,la quadrature du net et les autres que cette année ? Ont ils enfin daigné lire les études et autres articles sur le sujet provenant des acteurs du net aui y connaissent quelque chose EUX ?
Commencent ils à comprendre qu'ils ont creusé leur propre tombe ?
Maintenant, il faut juste espérer que la Sacem va tenter de faire bouger les choses dans le bon sens et pousser au fesses de ses "associés"...mais là encore, j'y crois pas trop.
bug
Le 08 Juillet 2008 à 14h17
 
Comme visionnaires, on a vu mieux :o))
Messieurs et mesdames des majors et autres organismes parasites, vous avez voulu jouer et vous avez perdu. Vous ne retrouverez plus vos clients, et je ne souhaite plus qu'une seule chose: la mort de votre métier, et je suis désolé pour les petites mains de la branche, mais vous êtes allés trop loin.
Adieu
recha
Le 08 Juillet 2008 à 14h20
 
Moi qui était également prêt à payer une licence globale à l'époque des faits, maintenant c'est plus la peine de venir me parler de ça.
J'ai adapté ma "consommation", à savoir que je ne télécharge plus aucun mp3, j'écoute simplement sur deezer. Il m'arrive d'acheter des cd mais uniquement quand il s'agit d'indépendants.
C'est la seule industrie qu'on voit porter plainte contre ses clients, et il mérite tout simplement de disparaitre. A trop vouloir nous prendre pour des cons, fallait pas s'attendre à une autre réaction.
shyboy
Le 08 Juillet 2008 à 14h58
 
Désespérant de lire des types comme ça! mais ou ils vont les chercher?
shamankick
Le 08 Juillet 2008 à 15h02
pfff autant de mauvaise foi et une mémoire aussi courte ça me dégoute.
Comment peut on apparaitre comme un interlocuteur crédible apres autant de revirements (et surtout a 180 degrés).
N'importe lequel de vos subordonnés ou interlocuteur agirait ainsi , vous le taxeriez de "charlot" , et a juste titre.

Ne vous etonnez pas Messieurs les "decideurs" (ou "fossoyeurs" devrais je dire) que les "gens" soient degoutés de vous et vos comportements.

headbanger
Le 08 Juillet 2008 à 15h23
 
avec une licence globale à 5€/mois pour 15 000 000 de foyers connectés au haut débit en France ça leur aurai fait 900 000 000€/ans de ramassés (en plus de la vente de CD). on est largement au dessus des 70.000 de deezer en 6 mois.

http://www.numerama.com/magazine/10016-Dee...n-six-mois.html
ikariya
Le 08 Juillet 2008 à 15h25
 
Qu'on ne s'y trompe pas il ne s'agit pas de licence globale. La sacem rève simplement d'obtenir une taxe sur les FAI sans aucune contrepartie pour l'internaute.

C'est écrit, il faut le lire entre les lignes, il n'est pas ici question d'accorder le moindre droit aux internautes, ils s'agit simplement d'obtenir une taxe sur les connexions internet comme ils en ont une sur les supports vierges.

ma foi, y'a plus très longtemps a attendre pour voir tout leur machin s'écrouler. Quand l'UE aura mis le nez dans les affaires de la SACEM, on rigolera un peu plus, en espérant que tout ce qui s'y découvrira sera public.

J'espère juste pour les artistes qu'ils seront un peu plus visionnaires que les gens qui sont censés les défendre, sous peine de couler avec eux.
shyboy
Le 08 Juillet 2008 à 15h34
 
La gestion de la Sacem ... c'est une autre histoire..
shamankick
Le 08 Juillet 2008 à 15h57
"Quand l'UE aura mis le nez dans les affaires de la SACEM, on rigolera un peu plus, en espérant que tout ce qui s'y découvrira sera public."

Ouai ne revez pas trop, l'Europe c'est juste un
repère de lobby, un panier de crabes.
Pas de place pour nous.
Djaron
Le 08 Juillet 2008 à 16h58
 
j'aime bien : la licence globale c'est nul, prendre de l'argent chez les consommateurs pour les donner aux artistes en echange de leur aisser telecharger ce qu'ils veulent en paix

on prefere: prendre de l'argent aux consommateurs pour se les donner à nous, sans rien en echange

super
Laurent...
Le 08 Juillet 2008 à 17h12
 
Deavnt une telle unanimité de réactions, un article aussi impartial et un ton général aussi courtois et mesuré, je m'incline...

Concernant l'article 3 remarques :

1/ La licence votée en décembre 2005 s'appellait LGO soit Licence Globale Optionnelle.
Il est donc faux comme le dit l'article qu'elle aurait été payée par les FAI, elle l'aurait été par les seuls internautes.
Il est donc également faux comme le fait"Headhanger" de la multiplier par 15 millions de foyers car elle était optionnelle et donc payée par les seuls foyers qui l'auraient décidé.

2/ La raison principale pour laquelle elle a été rejetée par les sociétés d'auteurs (pas seulement la Sacem) c'est qu'elle était apparentée à de la Copie Privée, ce qui sous-entendait :
- l'abandon du droit exclusif des auteurs sur leurs oeuvres, ce qui plaçait la Sacem dans une situation juridique impossible vis à vis des autres sociétés d'auteurs internationales.
- que 25% des sommes perçues revenaient au soutien au spectacle vivant (Quelle est la profession à laquelle on impose un impôt supplémentaire de 25% pour soutenir sa filière?) et qu'une fois de plus cet apport n'aurait été pour l'Etat que prétexte à baisser un peu plus son soutien à la culture.
- que le partage de la copie privée sonore est de 50% auteurs - 25% interprètes - 25% producteurs et que nous savions très bien que même si cela semblait très profitable aux auteurs à première vue, le résultat aurait été que plus un seul producteur n'aurait investi dans la production de musique.
On ne passe pas de 8% sur un CD à 50% sur un téléchargement, c'est peut-être excitant sur le papier, mais dans la réalité, c'est foncer la tête première dans un mur.

Donc, pour résumer, à aucun moment nous ne regrettons d'avoir combattu ce texte.

Quand à vos fantasmes de "Plan B" de la Sacem, bravo, vous êtes beaucoup mieux au courant que le président du CA car je vous dis moi et je l'affirme ici haut et fort, qu'il n'y a pas le moindre Plan B, ce qui ne nous empêche pas de réfléchir au futur.
De toute façon, aucune organisation ne pourrait envisager seule un Plan B.

Enfin et pour que les choses soient bien claires, j'écris de la musique contemporaine, on y vend pas de disques, crise ou pas, téléchargement ou pas et je ne suis en rien affecté personnellement par le téléchargement illicite.
Je ne défend pas ma paroisse mais un principe.

Ceci étant dit, déchaînez vous bien, déformez bien mes propos, continuez vos insinuations, pour ma part je retourne composer, ce qui est, figurez vous, mon occupation essentielle.
Fred-O-...
Le 08 Juillet 2008 à 17h52
 
J'espère Monsieur Petitgirard que vos reflexions quant à l'avenir de tout ceci accordent une place de choix pour l'art et la culture. L'Homme est un être culturel. Se faire de l'argent sur ce fait peut sembler très opportuniste.

Alors oui, c'est très bien le droit d'auteur et Mozart aurait probablement été d'accord sur ce point. Alors oui c'est très bien que l'artiste se soit émancipé pour vivre de son art et Beethoven nous l'a fait savoir. Mais n'était-ce pas en premier lieu pour la musique qu'ils le voulaient et non pas pour l'argent ? (qui est cependant nécessaire à la création - l'art coûte cher)

J'ai l'impression que depuis la Seconde Ecole de Vienne, rien ne va plus en musique. Système tonal détruit, changement des lieux d'écoute (l'essor de la radio notamment),mondialisation de la musique, consommation excessive de musique, etc... Bref tout ceci pour dire qu'il me semble que la musique actuelle est, comme bien souvent, révélatrice de la société qui la crée : elle est perdue.

Si l'une est l'autre peuvent s'influencer, je ne sais pas laquelle de la musique ou de la société doit évoluer pour sauver cet art que je sens en déperdition.

Alors oui, j'espère que vous pensez à tout ceci durant vos compositions et vos réflexions sur l'avenir de la musique qui mérite d'être traitée autrement que comme une valeur marchande,

Cordialement
Laurent...
Le 08 Juillet 2008 à 18h37
 
Cher Fred, si vous connaissiez ma musique, vous sauriez qu'elle est très loin de l'école de Vienne, des sériels et de tout ce mouvement si puissant en France.
C'est pour cela que j'ai toujours utilisé les droits d'auteurs provenant de mes musiques de films pour financer mes oeuvres symphoniques ou mon opéra.

Rassurez vous donc, mon propos n'est pas "l'argent", mais je considère le droit d'auteur plus noble que la subvention à tout crin et je suis heureux, à ce niveau, d'être tout à fait indépendant.

Merci en tout cas de vos propos qui élèvent le débat.

Bien à vous.
TotoRhino
Le 08 Juillet 2008 à 18h48

Exact !
Nous sommes seuls, mais nous sommes des millions !
Ceci veut dire qu'il faut être clair dans sa tête et suivre une cohérence dans ses propos.
Pour ma part, je suis prêt à arrêter tout abo internet si ce qui se profile à l'horizon voit le jour, car la seule façon de casser un système dans une société comme la notre, est de ne plus l'alimenter financièrement.
Ce sera dur, tant d'habitudes j'ai pu prendre grâce (ou à cause) d'Internet, mais ce sera comme ça.
J'ai fait de même avec la TV et je m'en porte on ne peut mieux. Reste que dans ce cas, je n'ai aucun pouvoir sur son avenir. En effet, je possède un écran TV pour voir autre chose que ce me propose les chaînes nationales, mais le système est tellement bien fait que je dois tout de même m'acquiter de sa redevance même si je ne regarde pas les émissions des chaînes nationales. Et je ne serais pas étonner de voir l'industrie de la musique et la SACEM en particulier, vouloir bénéficer de la même rente : que le citoyen écoute ou non de la musique, il paie une redevance !
godvicien
Le 08 Juillet 2008 à 19h32
Je dirais plutôt l'industrie musicale (dont la Sacem ?) s'est tirée une balle dans le pied, quand elle a refuser d'accorder aux Web Radios les mêmes droits qu'aux radios FM.

C'était le modèle de la survie :
Des milliers de Web Radio qui gagnent de l'argent avec de la pub et en reversent une partie à la Sacem, en échange du droit de diffuser.
C'était le seul moyen d'affaiblir le piratage avant qu'il ne soit trop tard...
Triste DADVSI.
ludopower
Le 08 Juillet 2008 à 19h41
 
Sans rire, les gars, je suis compositeur et ça me file la gerbe d'imaginer que je vais devoir verser mon fric à ces blaireaux pour protéger mes chansons...

Sur leur site, ils stipulent que si mes chansons sont enregistrées par la Sacem, en gros si j'ouvre un site à mon nom et que je mets à dispo des MP3s gratuits sans DRM (ce que j'ai envie de faire), ils stipulent que ça m'est INTERDIT.

Mort à l'industrie du disque, et vive la musique. Didiou!
DaWeed
Le 08 Juillet 2008 à 20h48
Eh bien moi, j'aimerais avant tout remercier Laurent Petitgirard, d'oser venir discuter sur un forum ou il sait qu'il a toujours affaire à forte véhémence, et pas toujours des plus argumentées.

Je suis moi-même adhérent SACEM (je ne m'en suis jamais caché sur ce forum), heureux du service de dépôt des Å�uvres, de protection juridique proposé en cas de litige - même si je n'ai jamais eu à l'utiliser. Je reste néanmoins très critique en ce qui concerne les solutions de perception des fonds de redistribution aux artistes, et reproche aux dirigeants la plupart des décision stratégiques de ces 10 dernières années, manquant de perspective quand à l'émergence de nouveaux modes de distribution (et donc de perception, et donc de redistribution).

Je ne suis certainement pas en guerre contre la SACEM, mais contre les idées marchandes de la plupart des acteurs de la musique qui pensent avant tout 'rentabilité' (que sont les majors, les distributeurs, attachés à leur système de production et de distribution obsolètes, jusqu'à la lie ...).

J'approuve la lutte pour la 'protection de la création', mission première de la SACEM, censée donc prélever là où la musique est utilisée dans un contexte marchand pour le redistribuer aux artistes (avant tout) et ayants-droits (notion qui a tendance à déraper actuellement) ; système qui permet en théorie d'encourager la création en ne laissant pas sur la paille les 'petits' et en leur permettant de subsister afin de continuer à créer.

Malheureusement - et en premier sur ce forum (moi, d'ailleurs dans le passé) - j'ai l'impression qu'on amalgame souvent SACEM et majors, dans une volonté de rejeter le système dans sa globalité. Et aujourd'hui je réalise que c'est une grossière erreur.

Oui, je considère que la SACEM s'est trompée dans son combat, en privilégiant un système de répartition qui fonctionne, certes, mais conserve de nombreuses limites, car elle est restée insensible à la demande de discussion sur un nouveau système adapté à l'économie numérique (même s'il pourrait toujours être imparfait, cf les commentaires de Mr Petitgirard sur les raisons du rejet de la LGO à l'époque). Il faut continuer, ou le système actuel s'effondrera tôt ou tard.

Les Majors, elles, sont restées droites dans leurs bottes face à leurs actionnaires, afin de traire la vache à lait jusqu'à épuisement des mamelons.
Et pour la 143e fois sur ce forum (l'apprentissage se fait par la répétition ;-)) :
« Certains groupes dans ce pays ont eu l'idée que parce qu'un homme ou une corporation a tiré un profit du public pour un nombre d'années, le gouvernement et les cours de justice sont dans l'obligation de garantir ce profit par le futur, même en face de circonstances changeantes et d'intérêt public contraire. Cette étrange doctrine n'est soutenue ni par la loi ni par la jurisprudence. Ni les individus ni les corporations n'ont le droit de venir réclamer à une cour que l'Histoire soit arrêtée, ou retournée, pour leur bénéfice personnel. C'est tout. »
Robert A. Heinlein, Life-Line. Traduction par David Madore.

Mes déductions : le combat des majors n'est pas juste, et leurs méthodes ne le sont pas : elles ont piégé la SACEM en lui faisant croire que sa survie passait par leur coalition inconditionnelle (dans une lutte contre les consommateurs) et qu'en dehors, point de salut (pour les artistes).

Ma conclusion :
Le combat de la SACEM et juste. Ses méthodes ne le sont pas.

Et merci encore à Laurent Petitgirard de venir sur ce forum, parce que c'est bien le seul interlocuteur valable, compétent et faisant partie des décideurs, qui a été, et sera certainement jamais présent sur Numerama (ex Ratiatum), qu'on soit d'accord ou pas avec ses positions.

Alors Débat, oui, force de persuasion, oui, arguments, oui.
Mais journalisme partial et commentaires de maternelles, non.

DaWeed, qui s'il ne poste pas beaucoup, passe très régulièrement par ici. (et qui est désolé pour son style toujours aussi lourd )
Homer.S...
Le 08 Juillet 2008 à 21h18
Mais qui se cache derrière DaWeed ? DaWeed Guetta ? lol
christo...
Le 08 Juillet 2008 à 21h28
 
Au cas où certains auraient oublié comment Renaud Donnedieu de Vabres a raté en tant que ministre de la culture et de la communication une si belle occasion, ou comment il a cédé sous le poids des titans universaux du divertissement, regardez ici :
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre17650.html
et vous verrez que politiquement, il ne s'en est pas remis.
tomy13
Le 08 Juillet 2008 à 22h20
Ce qui tue, est de parler de combat envers les gens qui sont susceptible d’acheter vos ½uvres. Mais c’est la le malaise ils n’y a pas de combat, juste a trouver des solutions ou tout le monde y trouvera son compte. La SACEM a choisi ce que certain lui on fait croire, possible qu’elle le regrette et souhaite autre chose, mais restera toujours associé aux menaces et la vulgarité du doigt.
christo...
Le 08 Juillet 2008 à 22h38
 
Là, dans le libre du consultable en ligne, personne n'est obligé d'acheter !
Chacun dispose de la liberté de consulter, intégralement et librement, comme en allant dans une librairie ou une médiathèque.
Ceux qui aiment et qui ont les moyens achètent ! Mais tout le monde a pu se faire une idée. Vous imaginez épouser l'amour de votre vie sans jamais l'avoir rencontré(e) !
La création intellectuelle, l'art, ça n'est pas un bizness. Ou alors on vit de son art comme... On vit de la politique.... Profffessionnell !
Quand j'aime un artiste, j'achète, pour le soutenir. Ou je vais à son concert. Et que les artistes doivent faire davantage de concerts pour survivre n'est pas un aberration. Nous tous, simples citoyens, bougeons tous les jours nos fesses pour survivre.
Nous sommes libre de produire, de convaincre, de plaire, de déplaire, de réussir, de rater... Tous égaux devant cette liberté. Les gentils l'acceptent. Les méchants sont ceux qui veulent s'y soustraire en captant des marchés pour entretenir leur confort.
Makhno
Le 08 Juillet 2008 à 23h29
 
tomi13 : «Â La SACEM a choisi ce que certain lui on fait croire, possible qu’elle le regrette et souhaite autre chose, mais restera toujours associé aux menaces et la vulgarité du doigt. »

Bel exemple de ce que dénonce à juste titre Daweed, l'amalgame abusif Majors-SACEM : le doigt c'était le SNEP. Et merci à Laurent Petitgirard de ses interventions sur ces pages. On y lit trop de stupidités dans les commentaires et ses interventions sont des moments d'intelligence, même si l'on est pas toujours d'accord avec lui. Enfin allez-donc écouter sa musique sur son site, vous pourrez même conserver les mp3 sur votre disque dur. Il n'y a pas de DRM. :-)
christo...
Le 08 Juillet 2008 à 23h41
 
Eh oui ! C'est comme ces vieilles histoires de collabos et de résistants... Faut arrêter de se draper dans la rigueur intangible d'un principe absolu !
Un Laurent Petitgirard qui libère des oeuvres, c'est comme... Schindler était-il au salaud ou un homme courageux ?
L'impirtant est de trouver un modèle économique assurant la diffusion populaire de la culture.
Ne pas oublier l'expérience de Radiohead : c'était libre, mais les amateurs on payé ! Certes, la moitié du cours officiel du disque.
Maitenant, si la Sacem veut prendre le train en marche, ceux qui l'en empêcheront seront-ils des salauds ou des hommes courageux ?
Laurent...
Le 09 Juillet 2008 à 01h19
 
Cher Christo,
Si je peux apprécier votre intéressante dialectique sur le principe, merci de ne pas mettre en parallèle une période aussi tragique de l'histoire de l'humanité avec sa cohorte de victimes et d'horreurs et la diffusion musicale sur Internet.
Il n'y a ici ni bourreaux, ni victimes mais un modèle économique à définir qui permette à tous d'exister, aux auteurs de créer, de trouver des interprètes et des producteurs, aux internautes d'avoir accès à la plus grande variété d'oeuvres possible pour un coût modéré.
C'est compliqué, certes, mais on est si loin des massacres de 39-45 qu'il est préférable d'éviter la comparaison.
Très amicalement.
shyboy
Le 09 Juillet 2008 à 01h42
 
@Laurent

Le mal est fait, votre corporation est la plus détestée d'Europe voir du monde à égalité avec les marchands d'armes.

On connait votre modèle économique, comme la Ria: vous allez surveiller, ficher et poursuivre de façon automatique et incontrôlé des internautes dont le seul tort est la curiosité artistique et non comme vous le profit à n'importe quel prix...

Il parait que vous allez réclamer une Dîme aux fai!!!
c'est un vrai carnage votre business model!

On est très près de 1984 ou de Farenheit 351 avec votre business et votre propagande dégoulinante de mauvaise foi
Hybrid ...
Le 09 Juillet 2008 à 01h55

C'est effectivement courageux et appréciable.
kraftonZ
Le 09 Juillet 2008 à 02h02


bonjour M. petitgirard !

le seul regret que j'expose est le manque de courage de la sacem de faire un portail de type "archive.org" avec des oeuvres tombés dans le domaine public.

la sacemse doit de promouvoir et de mettre en valeur la musique ... même celle que tout le monde trouve désuête ...

comme Mme Ponsard, alibert, Sarah Bernhard ....

un vrai patrimoine à faire redécouvrir sans frais au public qui pourrait redorer et humaniser le blason glacé et répressif de la sacem....

vacherin
Le 09 Juillet 2008 à 07h54
Et pendant ce temps là fait quoi Nègre Pascal....
ikariya
Le 09 Juillet 2008 à 08h12
 
On doit reconnaitre un certain courage a M. Petitgirard de bien vouloir exposer son avis à la critique. Ca change du communiqué alarmiste uniquement écrit à l'encontre des autorités.

Ensuite je voudrais simplement lui signaler que , contrairement à ce qu'il semble croire, le propos des gens qui s'expriment ici dans leur majorité indiquent qu'ils ne sont pas pour la gratuité à tout prix (si j'ose dire) mais qu'ils estiment que le prix demandé en rapport de la qualité du service offert est bien trop élevé.

quand vous dites "mais un modèle économique à définir qui permette à tous d'exister", vous rejoignez exactement le propos qui est généralement tenu ici ! Le seul problème c'est que depuis 10 ou 15 ans que le net se généralise, votre corporation n'a pas bougé d'un iota malgré la dématérialisation, la montée en puissance des autres médias, et la baisse de pouvoir d'achat généralisée.

Ce n'est quand même pas notre faute si votre métier est resté arc-bouté sur sa position malgré tous les signes alarmistes déferlant depuis 15 ans.

Franchement il n'y avait pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour se rendre compte, il y a 15 ans, que le net allait permettre de généraliser à l'échelle planétaire les échanges de cassettes des cours de récréation. Si votre profession n'a pas pu anticiper ou imaginer ça c'est qu'il y a un soucis au niveau du recrutement des têtes pensantes !

A mon avis vous avez eu tort de refuser la licence globale, quitte à en adapter un peu les répartitions qui semblaient vous effrayer ("On ne passe pas de 8% sur un CD à 50% sur un téléchargement, c'est peut-être excitant sur le papier, mais dans la réalité, c'est foncer la tête première dans un mur". Mais enfin, ça fait 15 ans et vous n'avez pas encore trouvé une solution ???).

D'abord parce qu'elle aurait permis de mieux rémunérer les artistes, ensuite elle aurait réconcilié le milieu avec ses clients perdus. Elle aurait sans doute aussi permis d'élaborer un nouveau modèle de distribution un peu plus équitable pour les moins connus et enfin, en mutualisant la distribution on fait mécaniquement chuter les prix qui sont actuellement fixés par un cartel mondial.

Mais au lieu de ça vous choisissez le tout répressif. Ca va être quoi la prochaine étape ? Obliger par la loi les gens à acheter un quota de disques par an ? par mois ? C'est caricatural mais si toutes les mesures liberticides que vous soutenez s'avèrent innéficace je suis sur que certains se poseront la question de l'opportunité d'une telle mesure.

Il n'est guère de "métier" ou le "client" et "l'artisan" soient si intimement liés que la musique ou le cinéma, mais malheureusement avec vos prises de positions d'un autre age vous avez brisé ce lien. J'espère pour vous que vous saurez enfin réagir à temps.
muscardin
Le 09 Juillet 2008 à 08h53

Et c'est bien dommage, ça prouve que vous n'avez toujours aucune conscience de la profondeur du fossé que vous creusez avec vos clients.

Parce-qu'il n'y a pas que la LGO. DADVSI aurait aussi pu être le moyen de sortir des médias de diffusion traditionnels (dont vous même dénoncez la partialité dans les diffusions et les "ententes" qui peuvent avoir lieu entre médias et Majors) en étendant aux web-radios la licence des radios traditionnelles. Ca aussi c'était trop innovant pour vous ????

Et aujourd'hui on nous sort quoi ? La riposte graduée, et la taxation des FAI. Bravo ! quelle innovation ! Quelle puissance dans la réflexion vers l'avenir et le futur !!! ....

Au passage, sachez que nos FAI français sont ceux qui se sont le moins enrichis en Europe, la concurrence ayant à peu près fonctionné. Il suffit pour cela de comparer les tarifs de nos abonnements avec ceux de nos voisins....

Depuis 2004, la SACEM ne fait que me décevoir. ...
Laurent...
Le 09 Juillet 2008 à 09h26
 
Ce que vous ne semblez pas savoir, les uns et les autres, c'est que la Commission Européenne a détruit toute possibilité raisonnable de diffusion de la musique sur le Net par une décision de 2005, prise sous la pression des Majors et qui condamné les "accords de Santiago" passés entre les sociétés d'auteurs mondiales.
Saluée comme une grande victoire par tous les internautes militants qui y ont vu enfin une "défaite de la Sacem" cette décision a cassé un principe simple : La société d'auteur du pays où le diffuseur a son activité principale est la seule habilitée à lui concéder une licence pour le monde entier.

Cette décision de l'UE a entraîné le retrait des apports pour le Net des catalogues des Majors qui ont exigé de créer des sociétés extérieures de gestion, dont les auteurs sont quasiment exclues, qui définissent prix et modalité et n'utilisent les sociétés d'auteurs que pour leur documentation.

Le résultat c'est que pour le Net la Sacem par exemple ne représente plus le catalogue EMI, elle ne peut plus donner une licence complète à une Web Radio et nous sommes arrivés à un tel point de stupidité que par exemple ITunes a suspendu ses paiements car ils ne savent plus qui détient quoi....

A Muscardin je dirai que je suis tout à fait conscient du fossé qui sépare une partie des internautes (et oui, pas tous) et les sociétés d'auteurs et qu'il sera difficile et long à combler.
Je conteste par contre que les FAI français soient des anges de vertue qui se sont si peu enrichis, vous rêvez, ils se sont goinfrés, il n'y a pas d'autres mots.

A Kraftonz je dirai oui, bien sûr, il faut créer un volet du portail sacem indiquant les compositeurs (ou leurs oeuvres) tombés dans le domaine public.
Cela ne plaira pas aux éditeurs classiques, mais il faut le faudra le faire, je suis d'accord.

Enfin à tous, comprenez deux points importants :
1/ Les auteurs ne sont qu'un élément de la filière de la musique, le plus fragile car on s'illusionne beaucoup sur la "puissance" de la Sacem, qui est un nain à côté de France Telecom ou d'Universal.
2/ La Sacem comprend des éditeurs, dont 4 représentent 80% du répertoire mondial et sont également des entreprises liées à des productions.
Ils sont loins d'être majoritaires au CA, mais cette situation complique la stratégie et oblige à des compromis.
Quand à l'idée de séparer auteurs et éditeurs, elle représenterait une telle perte en matière de catalogues que les auteurs en seraient les premières victimes.

Beaucoup ici semblent ignorer le nombre de conflits et de procédures qui nous opposent aux Majors et aux diffuseurs, y compris vos chers FAI.

Un dernier point : que les FAI contribuent à la musique sur le dos de laquelle ils ont fait leur fortune, ce serait normal.
Que cette contribution tombe dans la poche de la filière musicale sans aucune contrepartie pour les internautes serait inadmissible.

Cordialement.
Argonaute
Le 09 Juillet 2008 à 10h06
 
Personnellement, je suis heureux que M. Petitgirard se soit donner la peine de venir participer.

Les premiers interlocuteurs de M. Petitgirard sont :

1- Les artistes
2- Les Producteurs aux premier rang desquels... Les majors
3- Les diffuseurs et distributeurs pour la collecte

Les buts des uns et des autres sont très contradictoires dans les faits.

1- Les artistes veulent pouvoir vivre de leur art. Ce qui, somme toute, semble légitime.

2- Les producteurs qui veulent promouvoir leurs... productions. Et là ont a deux cas de figure.

a- Les petites maisons de production qui sont là pour promouvoir un art et/ou une passion qui restent
fragiles de part leur positionnement et qui dépendent en grandes parties de la distribution.

b- Les majors dont, certes, le personnel est souvent passionné mais dont l'objectif majeur reste
leurs cotations en bourse et leurs résultats financiers.

Et là est le point d'achoppement. L'objectif n'a plus rien à voir avec la finalité de la SACEM.
Je pense sincèrement que cette "industrie" comme ils aiment à le rappeler, a, dans le cadre de
la loi DADVSI, instrumentalisé la SACEM en jouant sur la peur de pertes de rémunérations des artistes
du fait de la baisse des ventes de disques/CDs qui est la source première de revenu des "maisons de disques".
C'est faire peu de cas des autres mode de distribution (plateforme légales de téléchargement) dont
sont responsables ces mêmes majors/distributeurs mais qu'elles ont (délibéréments ?) pas mis en oeuvre
ou de manière tellement restrictives et contraignantes (DRM) qu'elles en étaient/sont inutilisables
au quotidien. Un particulier ne va pas acheter 3 fois le même album pour l'écouter à la maison, dans la
voiture et dans son lecteur portable. Celui qui pense celà est un fou. Celui qui prendrai des mesures pour
imposer cette démarche, se heurtera immanquablement à une rébellion légitime qui renforcerait une opposition
de principe amenant une baisse irrémédiable des ventes de ces même disques.
C'est faire peu de cas aussi du changement fondamental de comportement du public qui préfère aujourd'hui
aller voir ses artistes préférés en concerts et autres tournées, quelque part apporter sa contribution à
la reconnaissance de l'artiste.

3- Les diffuseurs et les distributeurs dont les positions sont totalement opposés.

a- Les diffuseurs qui ont parfois l'impression d'être pris un peu en otages (je pense aux petits bien sûr) tant
les règles peuvent paraître peu transparentes ou leur application quelques peu aveugle. Qui peu trouver
légitime de taxer une école pour un chant dans un spectacle de fin d'année, pas les artistes je pense...

b- Les distributeurs qui pour les plus grands (FNAC, Virgin et consorts) sont soumis aux mêmes objectifs que les majors.

Compte tenu de ce qui précède, je pense effectivement que le refus par la SACEM de la license globale fût une erreur.
Une erreur de par l'opposition qu'il engendre auprès des citoyens qui sont dans leur grande majorité non informés de
ce qui les attends.
Car les médias s'en font peu l'écho et la plupart de ces lois sont présentées lors de vacances des français afin de générer
le moins de remous possible et d'éviter les prises de consciences collectives. D'où les pressions afin d'essayer de faire
passer l'HADOPI avant la rentrée.

Pour en finir M. Petitgirard, créer des règles du jeu sans les principaux intérressés, ne pourra jamais les y faire adhérer.
C'est une leçon de l'histoire mais que malheureusement beaucoup oublient.

Amicalement,
Killua
Le 09 Juillet 2008 à 10h15
 
Monsieur Petitgirard,

D'une part je pense qu'il est souhaitable de laisser de côté le point "les FAI se sont enrichis". C'est le cas, mais celà change quoi ? Toujours le même principe que pour La Poste, les FAI ne sont qu'un intermédiaire qui se doit de rester neutre et respecter la vie privée des utilisateurs. Alors peut être qu'ils ont beaucoup gagné, mais ce n'est quand même pas "leur faute" s'ils ont choisi un métier qui au final rapporte si bien depuis l'avènement de l'ADSL.

Ils ne sont pas responsable de ce qui circule dans leurs tuyaux, et même si la musique leur bénéficie, ce n'est pas eux que l'on doit attaquer. En tout cas, c'est mon idée. Après on peut dire bien des choses de ces personnes, de leurs regroupements, etc... Mais cela ne concerne plus la musique.


D'autre part, je reprend un post fait sur le nouveau blog Demain La Musique: http://www.demainlamusique.com/2008/07/07/...ete/#comment-82

La LGO n'est peut être pas la solution optimale, mais c'en est une, pourquoi un processus d'abonnement régulier comme on en trouve tant ailleurs et pour d'autres cultures ne pourrait pas se faire dans le cadre de la musique numérique ?
J'aimerais vraiment avoir des arguments montrant la spécificité de la culture musicale, qui l'empêchent d'utiliser ce principe.

Troisième et dernier point: le principal problème en Å“uvre depuis la DADVSI est que les utilisateurs ne sont pas invités au débat. Alors que l'on nous vante les mérites de projets de lois au bénéfice des auteurs, producteurs et consommateurs, personne ne demande jamais l'avis de ces consommateurs (si ce n'est via des sondages invérifiables, et l'on sait bien que l'on peut faire dire ce qu'on veut à un sondé, tout dépend de la tournure des questions et des propositions faites).
Il faut que cela change, mais tant que ce n'est pas le cas, une seule conclusion s'impose, la plus pertinente: les majors refusent catégoriquement d'entendre des utilisateurs qui sont fondamentalement opposés à leurs principes. Et ce sont ces majors qui "mènent" les débats, non les auteurs ou leurs représentants (tels que vous).

En attendant je vous remercie énormément d'intervenir sur ce site, et je tiens du coup à rappeler que ce que certains utilisateurs souhaitent, c'est avant tout une *discussion* avec des personnes comme vous. Non une possibilité de commenter un blog sans réponses, juste discuter, cordialement, et argumenter pour avancer.
Ce qui ne sera jamais évident tant certains commentaires sont acerbes et virulents.


(PS: Soit dit en passant je ne suis pas un téléchargeur de musique, je me limitais avant aux webradios depuis mon travail, et désormais je me suis tourné vers Deezer - cependant je paierais volontiers une licence, tout comme actuellement je paie toujours 18€ par mois pour aller au ciné à volonté, chose que je n'ai plus fait depuis environ un an, suite à la grossesse de ma femme puis la naissance de mon fils, mais je continue de payer parce que c'est une manière de rétribuer qui me convient
En bref, je n'ai rien à défendre en particulier, mais je suis intéressé pour participer à un débat qui fasse avancer les choses)
tomy13
Le 09 Juillet 2008 à 10h27

Laurent...
Le 09 Juillet 2008 à 11h19
 
Cher Argonaute, votre analyse est assez fine, je continue à penser qu'une licence de type copie privée pose trop de problèmes juridiques et de répartition.
Je ne vous suis pas sur l'idée de faire passer le texte pendant les vacances, il va au contraire arriver fin septembre ou en octobre, donc en pleine rentrée.

Cher Killua, rien ne dit en effet qu'un jour la musique ne sera pas proposée sous forme d'un forfait généralisé qui ressemblerait beuacoup à une licence.
Mais si cela devait arriver un jour, ce ne serait en aucun cas de la copie privée mais une rémunération négociée et en aucun cas une répartition au sondage mais basée sur des relevés précis de sites dédiés.

Je suis convaincu, à titre personnel, que le public a dépassé le stade de l'achat de titres isolés et qu'il veut accès à tout via un forfait.
De même la notion de téléchargement va très vite exploser au profit d'un streaming accessible en permanence.

Enfin, pas du tout d'accord, les FAI dégagés de toute responsabilité sur les contenus, c'est trop facile.
Sur quoi ont ils fait leur publicité, sur la possibilité de s'envoyer des plans d'architectes et des photos de famille ou bien sur l'accès à la musique et au cinéma, tout en sachant très bien que les ayant droits étaient pénalisés ?
Les cablo distributeurs payent du droit d'auteur, pourquoi pas les FAI et encore une fois, pas pour enrichir les sociétés d'auteurs :
Si une licence future doit un jour exsiter, seule une participation des FAI permettra que l'abonnement individuel reste raisonnable.

Cordialement.
ikariya
Le 09 Juillet 2008 à 11h32
 
vous argumentez mais vous ne répondez pas a mon interrogation sur le fait que rien n'a bougé depuis 15 ans.

Que les FAI aient fait leur pub en se basant sur le téléchargement c'est une chose mais qu'avez vous fait vous pendant ce temps la ? Comment se fait il que les internautes ont si rapidement compris le potentiel de l'internet pendant que vous les professionnels du secteurs vous regardiez passer le train en vous lamentant ?

Venir maintenant dire il faut faire payer les FAI car ils se sont construits sur notre dos c'est pour le moins mal venu alors que les internautes demandent des solutions viables et légales depuis des années !

De plus pour revenir sur le comptage détaillé, il me semble que la loi que vous soutenez va faire appel a des systèmes d'identifications. Résultat techniquement c'est possible et ça le serait encore plus si l'internaute ayant versé sa cotisation participait au décomptage automatique de ce qu'il télécharge ou échange.

Mais visiblement le fait que la distribution puisse être assurée par autre chose qu'un circuit parfaitement contrôlé vous dérange, simplement j'aimerais bien savoir pourquoi.
Killua
Le 09 Juillet 2008 à 12h11
 
J'admets l'argument de la publicité faite, d'autant que certains s'en font une spécialité (Neuf Music, le "partenariat" Free/Deezer...), ce qui les sert en plus indirectement. Cependant je reste sur une idée que l'on est sur une pente savonneuse où le FAI pourrait trop vite devenir responsable de son contenu, porte ouverte à tous les vices.
De plus ce n'est pas le cas de tous, pour ma part j'utilise une connexion Nerim, qui est un FAI pour professionnel qui peut aussi fournir ses services aux particuliers (j'en suis un). Ce n'est pas la musique qui les intéresse, puisque, de base, ils ne font que proposer aux particuliers, ils ne les démarchent pas et leur page d'accueil en est le reflet, avec 4 sections ("entreprise", "éducation", "commerçants", "opérateurs") qui ne sont pas à l'intention du grand public. En ce sens, devraient ils eux aussi être taxés pour un système qu'ils n'empruntent pas (la culture musicale) ? Ou alors, me direz-vous, peut être restreindre cette taxe aux FAI qui sont *effectivement* tournés vers cette filière musicale, qui s'en sont fait l'écho, qui ont lancé de la publicité, des partenariats... Ce peut être une idée. Et libre ainsi aux utilisateurs ne souhaitant pas télécharger de se tourner comme moi vers un FAI proposant des connexions plus chères mais techniquement fiable (ce fut mon choix), mais alors que faire si certains utilisateurs en profitent pour télécharger "moins cher" ? Les sanctionner plus durement en cas de téléchargement illégal, puisque leur FAI ne paie pas la taxe ? Mais cette distinction de FAI serait en quelque sorte admettre que cette taxe fait office de licence globale à demi-mots...

Je reste aussi sur l'idée que le consommateur pourrait être le premier impacté par les FAI si cela devait arriver. Ne voit on pas déjà des ententes entre les opérateurs mobiles, qui sont les mêmes propriétaires des FAI en général.

Donc je rebondis sur mon idée que les consommateurs *DOIVENT* être associés aux discussions afin d'argumenter et assurer leurs intérêts - c'est à dire, non leur apporter des privilèges, mais simplement ne pas les faire payer plus ou leur proposer moins (bridage, etc) en douce.

Comme vous le dîtes, seule une participation des FAI permettra que l'abonnement individuel reste raisonnable. Seulement, sans intervenants, moi je n'y crois pas. Nous avons toujours été la vache à lait, nous le resterons à leurs yeux tant que nous serons absents. Au mieux votre idée passera, vous recevrez une taxe, et nous nous la paierons via notre facture augmentée. Sauf que cette taxe n'autoriserait pas pour autant le téléchargement, elle ne ferait qu'apporter un peu plus aux auteurs. La licence globale permettait au moins ces téléchargements (et là dessus, pas de soucis à ce que le consommateur paye sa consommation).

Merci encore pour votre participation.
Cordialement.
Killua
Le 09 Juillet 2008 à 12h18
 
PS @ monsieur Petitgirard: je me tiens à votre disposition si par hasard vous souhaitiez ouvrir un peu plus le débat. Malheureusement la Sacem ne dispose pas d'un forum pour les utilisateurs, mais si vous aviez l'idée d'une zone de discussion plus simple et sujette à de plus amples discussions (et plus organisées) qu'une actualité particulière de ce site, je me ferais un plaisir de participer. En tout cas c'est réellement, pour une fois, un plaisir de pouvoir discuter avec un interlocuteur et de partager des idées pour avancer.
Plunk
Le 09 Juillet 2008 à 13h29
Euh... et en ce qui concerne le support physique, on fait quoi ?
Je sais que je ressasse toujours la même idée mais n'avoir que des fichiers intangibles, ça ne m'intéresse pas. Une LGO serait une bonne idée, c'est sûr, j'y souscrirais peut-être mais je ne voudrais pas payer deux fois : une première pour un album téléchargé pour le "consulter", voir si ça me plait, et une deuxième fois pour le même album acheté en CD. Pour le prix abusif des CDs, il va se passer quelque chose ?
christo...
Le 09 Juillet 2008 à 14h06
 
Cher Laurent Petitgirard
J'ai de la peine à sortir de cette dialectique. Je rêve que l'industrie du disque ne se soit jamais construite sur un modèle mafieux à grands coups de liasses sur le bureau des animateurs et de battes de base ball quand les promesses de diffusion n'étaient pas tenues. Je rêve que les disques ne soient pas un produit de consommation, mais un bien intellectuel et culturel qui éveille les consciences et les peuples. Je rêve qu'on soit capable de permettre au plus grand nombre d'y accéder au moindre coût, afin que l'humanité ne retombe pas dans ces sombres heures que j'ai volontairement évoquées.
Et je rêve que cette guerre économique ne fasse pas de morts. Le modèle commercial du brevet, du copyright, de la propriété intellectuel est celui qui aboutit à priver les deux tiers de l'humanité à la connaissance et au partage des découvertes scientifiques et médicales.
Alors s'il faut l'appliquer à la culture et au disque, que ceux qui choisissent ce camp le fassent en connaissance de cause.
Donc, oui, collabos et résistants, je persiste.
Et j'en appelle à une autorité compétente sur la question :
« Pour satisfaire au besoin d’imaginaire se sont créées des usines de rêve exactement comme il existe des usines de réalité. Ces usines de rêves, c’est-à-dire en définitive tout ce qui est lié à des transmissions dans le domaine de l’esprit - cinéma, télévision, radio - elles appartiennent ou bien à l’État ou bien au secteur privé.
Quand elles appartiennent à l’industrie privée, quel but recherche celle-ci ? Certainement pas de dispenser de la culture, mais bien plutôt de gagner de l’argent. Pour cela, elle doit obligatoirement faire appel au maximum à l’instinct car c’est ce qui rapporte le plus. Notre civilisation est en train de comprendre qu’elle est en
quelque sorte attaquée – ou soutenue, comme on voudra – par
d’énormes puissances qui agissent sur l’esprit à travers l’imaginaire, et elle veut se défendre contre ces puissances-là. »
André Malraux
Présentation du budget des affaires culturelles
9 novembre 1967
Laurent...
Le 09 Juillet 2008 à 18h25
 
Certes, mais il faudra aussi un jour que l'on arrête de reprocher d'un côté que la culture soit subventionnée, de l'autre qu'elle se rentabilise.
L'artiste subventionné est accusé de vivre aux crochets de la société, l'artiste s'inscrivant dans une démarche économique est considéré comme un commerçant.
Le juste milieu n'est pas si simple à trouver.....
Makhno
Le 09 Juillet 2008 à 18h26
 
@ kraftonz

Comme beaucoup d'intervenants sur ce site tu ne comprends pas le rôle de la Sacem qui n'a rien à voir avec celui d'un producteur. Elle ne dispose pas des enregistrements, seulement des partitions écrites par les auteurs et arrangeurs et qui font foi. À la limite elle pourrait les mettre en ligne ce qui ne t'avancerais pas à grand chose. Mais ceci même est impossible, il y a en général un gros travail de correction et d'édition a réaliser avant de disposer d'une partition correcte, avec tout le matériel d'orchestre (les feuilles pour chaque instrument, et le chef...). Ce travail est pris en charge par un éditeur, ce pourquoi il se rémunére en le commercialisant à la vente ou à la location. Ensuite pour que l'oeuvre existe sous forme sonore, intervient un producteur qui réalise l'enregistrement, presse les CD, etc. Ceci même pour le domaine public. S'il n'y a plus à rémunérer les auteurs 70 ans après leur mort il faut quand même penser aux interprètes, à l'éditeur. Mozart mort il y a deux siècles, ça coûte encore...

En fait tu veux parler des vieux enregistrements, concernés non par le droit d'auteur mais par les droits voisins du producteur qui en perd l'exclusivité après cinquante ans. On peut effectivement les ressortir, mais il y a aussi du travail à payer là dessus. Frémeaux - www.fremeaux.com - fait ça très bien. C'est ainsi, domaine public ne veut pas dire gratuit et l'esclavage est aboli depuis 1848. :-)
Hybrid ...
Le 09 Juillet 2008 à 19h14

J'aimerais être sûr d'avoir bien compris : quand on achète un artiste issus d'EMI sur iThunes, l'artiste en question ne perçoit rien, c'est bien ça ?
Plutôt effrayant, je trouve !
Et qu'est-ce qu'ils font, ils notent tout dans un coin en disant "Quand on saura qui a les droits, on paiera", ou ils gardent tout pour eux ?


Sinon, est-ce que vous avez lu le message privé que je vous ai envoyé à propos de Last.fm :·D ?
TotoRhino
Le 09 Juillet 2008 à 21h54
Enfin des propos qui laissent une place au "consommateur".
christo...
Le 09 Juillet 2008 à 22h26
 
Laurent (mais ça peut en intéresser d'autres, évidemment), je constate juste, concernant les maisons de disques, qu'elles sont nées et existent en principe encore pour mettre des disques dans les bacs des boutiques.
A partir du moment où on on ne " consomme " plus les disques en boutique, ou en tout cas de moins en moins, mais sur le Net, à quoi servent les maisons de disques ? A faire du market et de la com dans les mass media, la pluie et le beau temps d'artistes décrétés rentables ?
Je ne suis pas un défenseur de la culture subventionnée.
Je pense simplement que les artistes peuvent se passer des Majors.
Mais les soirées passer à chercher du buzz sur internet et du public dans les petites salles de concert ; les collages d'affiches et le bouche à oreilles, ça vous fait pas une grosse gloire universelle, c'est vrai.
Alors juste : artiste, choisit ton camp : faire de l'argent ou crée pour le plaisir de partager tes oeuvres, même si ça nourrit pas son homme.
Raminag...
Le 09 Juillet 2008 à 23h30
M. Petitgirard,

Vous ne semblez pas hostile à une licence - pas globale, certes - mais qui, aux yeux de l'internaute serait percue comme telle : Ouverture des vannes et téléchargement (up et down) libre et pseudo gratuit (je dis pseudo car le paiement se ferait, comme pour la licence globale, par prélevement d'une part de ce que nous versons à nos FAI, part qui serait JUSTEMENT reversée aux ayants droits).

Il est bien clair que cette licence ne peut être l'extention de l'exception pour copie privée mais un nouveau contrat entre internautes et ayants-droits, un contrat qui, numérique aidant, ne laisserait AUCUNE place aux sondages et approximations (Dailymotion ou youtube arrivent bien à compter les vues de leurs vidéos à l'unité près, pourquoi un tel système ne serait-il pas possible en audio ?) et qui rémunérerait équitablement les ayants droits tout en adaptant la manière de rémunerer ces derniers d'une manière conforme à la logique des nouveaux médias.

Utilisateurs comme ayants droits auraient tout à y gagner...

D'ou ma question simple : QUAND ?

Enfin ultime question : Que touche un ayant droit dont l'oeuvre est utilisée dans une vidéo sur youtube ou dailymotion ?
Laurent...
Le 10 Juillet 2008 à 01h48