Au Mondial de l’Auto de Paris, cette semaine, les stands de Zeekr, XPeng, Denza ou BYD comptent parmi les plus fréquentés du salon. Sur place, les visiteurs sont impressionnés par la qualité de finition des modèles, mesurent les coffres, rabattent les banquettes et alpaguent les commerciaux comme avant un achat.

Il faut jouer des coudes pour approcher les voitures au Mondial de l’Auto, qui se tient jusqu’à ce dimanche 18 octobre à Paris. Parmi les plus de 60 marques présentes, celles en provenance de Chine comme Zeekr, Li Auto, XPeng ou encore Denza attirent la même foule que les cadors tels que Renault ou Citroën. Ces visiteurs ne se contentent plus de tourner autour des carrosseries. Ils ouvrent les coffres, rabattent les banquettes et fouillent les menus de l’écran central, comme on le fait avant de signer un bon de commande.

Pendant longtemps, une partie des automobilistes a regardé les marques chinoises avec méfiance et les a soupçonnées de proposer de pâles copies de modèles européens. En 2026, dans les allées du salon parisien, la curiosité l’emporte. Tout le monde veut voir à quoi ressemble une voiture chinoise et beaucoup en repartent impressionnés par la finition, l’espace à bord et la technologie.

Qui se presse devant les voitures chinoises ?

Le public a vraiment tous les âges. Certains jeunes visiteurs n’ont même pas encore le permis, mais ce sont les performances des voitures électriques qui les font s’arrêter. Grâce à la puissance et au couple délivrés instantanément, les marques arrivent avec des valeurs fortes sur la fiche technique, même quand il s’agit de modèles familiaux.

Le stand de Denza, la marque haut de gamme du groupe BYD, déclenche tous les superlatifs possibles. Pourtant, devant ses voitures, plus personne ne parle de motorisation 100 % électrique. Les visiteurs s’attardent surtout sur le design du trio des Denza Z.

La Denza Z Spider attire l'oeil. // Source : Robin San Vicente pour Numerama
La Denza Z Spider attire l’œil. // Source : Robin San Vicente pour Numerama

Sur la plupart des stands chinois, l’écran tactile fait aussi son effet. Les visiteurs restent ébahis devant les logiciels embarqués et le nombre de réglages proposés dans les menus. Cette profusion fait parfois un peu peur, mais elle donne surtout envie de bidouiller et de trifouiller chaque option.

Enfin, si la déferlante chinoise fait tant parler, c’est parce que le rapport prix/équipements proposé par les différents modèles est extrêmement aguicheur. On ne compte plus les visiteurs étonnés par la qualité de présentation à bord, l’espace et le nombre de gadgets disponibles.

Des stands où l’on vient pour acheter et s’amuser

Chez BYD, l’ambiance est franchement festive. Pour attirer, le constructeur a misé sur un Atto 3 Evo entièrement dédié au karaoké. L’intégralité de la gamme est présente, de la petite citadine Dolphin Surf au grand SUV Atto 8 fraîchement présenté pendant le Mondial. Montrer qu’il y en a pour tous les conducteurs, et pas juste les Uber en Seal, voilà l’une des missions de BYD ici.

BYD Atto 3 Evo en mode karaoké. // Source : Robin San Vicente pour Numerama
BYD Atto 3 Evo en mode karaoké. // Source : Robin San Vicente pour Numerama

Côté pouvoir d’achat, les voitures chinoises sont logiquement les stars de ce Mondial. Ce sont les voitures qu’on regarde avec un budget en tête. Lorsque nous nous sommes baladés sur le stand de XPeng, nous avons retrouvé une impression qui avait un tant soit peu disparu dans les salons automobiles : celle de clients prêts à acheter directement sur place. Bien entendu, les commerciaux, eux, sont sur le pont, iPad en main pour parler équipements, financement et réseau de service après-vente.

Les visiteurs mesurent le coffre du XPeng L03. // Source : Robin San Vicente pour Numerama
Les visiteurs mesurent le coffre du XPeng L03. // Source : Robin San Vicente pour Numerama

« Ça, ils l’ont copié », le vieux réflexe résiste

Les réticences n’ont pas disparu pour autant. Encore aujourd’hui, on entend dans les allées la remarque habituelle : « ça, ils l’ont copié sur untel », ou « ils ont repris les feux de ce modèle-là ». Le réflexe n’a rien d’étonnant. Pour séduire les Européens, certaines marques chinoises reprennent les recettes qui plaisent sur le Vieux Continent.

Le stand AITO au Mondial de Paris 2026. // Source : Robin San Vicente pour Numerama
Le stand AITO au Mondial de Paris 2026. // Source : Robin San Vicente pour Numerama

Les noms aussi sont un casse-tête. Devant une voiture d’Omoda, un visiteur se fait la réflexion à voix haute : « ah, mais c’est la même marque que Jaecoo ». Omoda-Jaecoo, la double marque (qui est techniquement une seule) du groupe chinois Chery, récolte les fruits de ses campagnes publicitaires. Après avoir vu à la télévision les spots du Jaecoo 5 avec Jean Reno au volant, les gens se ruent pour découvrir l’intérieur de ce SUV hybride vendu moins de 27 000 euros.

Au fil des allées de ce Mondial de l’Auto 2026, les constructeurs chinois ne font plus peur aux visiteurs, bien au contraire.

Des visiteurs autour de la GAC Aion UT Cross. // Source : Robin San Vicente pour Numerama
Des visiteurs autour de la GAC Aion UT Cross. // Source : Robin San Vicente pour Numerama

Pourtant, être chinois ne suffit pas à remplir un stand. Changan, Deepal et Avatr voient passer peu de monde, tandis que Geely, le groupe propriétaire de Volvo, n’attire que quelques curieux. Sans doute sont-ils encore trop jeunes, trop clinquants ou un poil trop cheap.

Les constructeurs français, et plus largement les marques traditionnelles, misent surtout sur des concepts et des voitures spectaculaires. Ce sont des modèles qu’on admire, mais qu’on ne commandera pas en sortant du salon. Les marques chinoises, elles, ont des produits concrets à vendre, et le public le sent.

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