Depuis le début des années 2000, les banques en ligne bouleversent le monde bancaire et la façon de gérer son argent.

Que ce soit depuis le début des années 2000, avec l’arrivée des banques en ligne, ou depuis quelques années avec l’émergence des néobanques, la façon de gérer son argent a été entièrement bouleversée. Selon plusieurs études, ces nouveaux établissements modifient les habitudes des Français, qui se tournent de plus en plus vers des services numériques, abandonnant petit à petit les agences « en dur ».

Le comportement des Français vis-à-vis de leur banque fait l’objet d’une attention particulière. La numérisation et la multiplication d’offres et de produits en ligne ont rendu les clients exigeants. Le cabinet Bain & Company a pu en faire le constat dans son « Étude sur les comportements bancaires en France », présentée le 12 février 2018.

Pour la disparition des frais bancaires

Sans surprise, les frais bancaires sont source de mécontentement général. La pression des banques en ligne, qui proposent la gratuité des services numériques (virements entre comptes gratuits, solde en temps réel, carte bancaire gratuite, frais de gestion réduits, etc.) ont déjà fait chuter de 78 % ceux des banques traditionnelles, selon le rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires (2018).

Cette pression se retrouve également chez les particuliers qui, selon le sondage réalisé par Bain & Company, sont plus de la moitié en France à être prêt à utiliser des modèles alternatifs au traditionnel forfait standard mensuel. Ainsi, 43 % testeraient bien un modèle freemium, courant dans l’économie numérique, soit une offre de base gratuite en libre accès, à laquelle peuvent être ajoutés des services premium payants.

Souplesse et liberté

Depuis février 2017, le mandat de mobilité Macron, impose, en cas de changement de banque, à l’établissement qu’on souhaite rejoindre de prendre en charge les démarches de transfert des virements et prélèvements automatiques relatifs à son compte. La banque en ligne peut alors devenir sa banque principale très rapidement.

Cette souplesse se retrouve dans la multiplication des services proposés (compte dépôt d’épargne, crédit immobilier, assurance de prévoyance, etc.), tout en répondant aux besoins d’autonomie et d’immédiateté. L’ensemble restant disponible en quelques clics de souris ou glissements de doigts sur son écran de smartphone ou tablette.

Vers une dématérialisation totale ?

Malgré ces avantages, selon une étude publiée par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) en octobre 2018, seulement 6,5 % des Français sont aujourd’hui clients des banques en ligne. Si cela peut paraître encore faible, les auteurs notent que : « Par leur dynamisme commercial, [elles] sont devenu[e]s des acteurs incontournables de la banque de détail en France. »

L’émergence de nouveaux acteurs, notamment dans la Fintech, devrait réussir à inverser la tendance en répondant aux principales craintes qui concernent surtout les questions de sécurité et d’accès aux personnes isolées ou à faibles revenus.

Dans cette autre étude, l’ACPR prédit « très probablement une dématérialisation totale des produits financiers notamment des modes de paiement ». Selon l’agence, les acteurs bancaires « anticipent une baisse voire une disparition de l’usage des produits sur supports physiques (chèque et carte bancaire pour les particuliers, escomptes d’effet de commerce et crédits documentaires pour les entreprises). Le paiement mobile devrait se démocratiser tout comme le paiement de pair à pair. »

Faut-il y voir la future disparition des guichetiers de banques ? Ils n’ont pas encore disparu. S’ils sont toujours derrière des guichets en agence, pour les banques en ligne, ils sont également joignables et disponibles sur des horaires élargis, parfois même jusqu’à 22h.

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