Le service de traduction automatique DeepL, qui a ouvert ses portes l'an dernier, lance une version professionnelle de son service. Si la qualité des traductions ne bouge pas, la formule propose un certain nombre de fonctionnalités additionnelles.

Dans la course à la traduction automatique, Google avait annoncé en 2016 une mise à jour de son service pour y intégrer un système de réseau neuronal. Ainsi, l’outil a pu faire un important bond en avant et ainsi donner aux internautes l’opportunité de profiter d’une qualité de traduction bien supérieure au moment d’adapter un texte d’une langue à une autre.

Cependant, dans cette compétition, il s’avère que DeepL offre un niveau de prestation plus avancé que ce que permet Google Traduction. Lorsque la plateforme a été mise en ligne au cours du mois d’août 2017, elle a impressionné par la justesse de ses traductions, en déjouant certains pièges, en respectant davantage la ponctuation et en proposant des textes fluides pour la lecture.

L’interface de DeepL.

Lancement de l’offre DeepL Pro

C’est sur cette base avantageuse que DeepL entend désormais faire fructifier son outil de traduction automatique. L’entreprise a lancé le 20 mars 2018 DeepL Pro, la version « pro » de son service. Elle permet basiquement de traduire des textes sans limitation particulière — la version basique est limitée à des traductions de 5000 caractères –, avec un tarif de 20 euros par tranche d’un million de caractères.

Il n’y a en revanche pas de différence de qualité entre DeepL et DeepL Pro.

Parmi les autres atouts de DeepL Pro figure un accès à l’interface de programmation applicative (API) pour que les développeurs créent et améliorent leurs outils en se basant sur DeepL. La société donne quelques exemples : applications de traduction en temps réel, traductions en réalité augmentée, intégration dans d’autres logiciels, traduction assistée par ordinateur…

DeepL Pro ajoute que sa solution peut être intégrée aux outils de traduction assistée par ordinateur, afin que sa technologie « profite à tous les professionnels des langues, qu’ils soient traducteurs freelance ou en agence, fournisseurs de services linguistiques ou membres d’un département de communication multilingue ».

Pas de conservation des textes

Autre aspect que DeepL Pro met en avant : le fait que les textes transmis par cette offre ne sont pas conservés : « les abonnés à DeepL Pro bénéficient d’une excellente protection de leurs données. Avec le service DeepL Pro, vos textes et traductions ne seront pas conservés. La confidentialité des informations transmises par les abonnés est par conséquent assurée ».

L’entreprise cite le Règlement général sur la protection des données pour justifier cette décision. « Nous n’utilisons même pas les textes fournis à DeepL Pro pour entrainer notre système de traduction machine », écrit DeepL. « Cela s’avère particulièrement intéressant pour les entreprises souhaitant faire traduire des documents confidentiels : rapports, brevets, courriers électroniques internes et données clients ».

Mais quid de DeepL ?

Union européenne
Le RGPD est un règlement européen sera actif fin mai.
CC European Parliament

 

Est-ce à dire que les utilisateurs de l’offre standard de DeepL ne bénéficient pas du même degré de protection ? Interrogé à ce sujet par Numerama, un responsable de l’entreprise nous précise que les deux versions de l’outil de traduction automatique sont bien soumises à la législation européenne, en particulier au Règlement général sur la protection des données, qui sera appliqué à partir du 25 mai.

Il y a cependant une différence à relever : avec DeepL, les textes sont sauvegardés pour entrainer le système. Ce n’est pas le cas avec DeepL Pro. « Nous utilisons les textes des utilisateurs de DeepL Traducteur pour entrainer nos réseaux neuronaux », nous explique-t-on. Dans le cas de DeepL Pro, « nous conservons seulement certaines données relatives aux utilisateurs à des fins statistiques (adresse IP, heure de la connexion, etc.) ».

Les textes des utilisateurs de DeepL sont utilisés pour entrainer les réseaux neuronaux du service. Pas ceux soumis via DeepL Pro.

La distinction qui est faite sur la conservation des textes a du sens. On peut en effet supposer que les extraits que les internautes font traduire à DeepL ne sont issus de textes personnels ou sensibles mais plutôt des passages trouvés sur des sites web et dont le sens leur échappe. Ce n’est certes pas garanti dans 100 % des cas, mais c’est probablement l’attitude courante sur DeepL.

Dans le cas des documents plus sensibles, comme ceux évoqués par DeepL, c’est vers la solution professionnelle qu’il faut se tourner. Ainsi, aucune conservation ne sera effectuée à des fins d’entraînement du système.

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