Oubliez le calendrier maya : pour prédire la fin du monde, un site préfère regarder les jets privés. Son principe est simple : détecter les mouvements inhabituels d’avions d’affaires, au cas où les personnes les plus influentes décideraient de partir avant tout le monde.

Pendant des années, toutes sortes de théories ont émergé pour tenter de prédire la fin du monde. On se souvient notamment du fameux calendrier maya, censé s’arrêter le 21 décembre 2012, qui avait largement occupé les débats sur le web.

Mais un site mise aujourd’hui sur une méthode beaucoup plus contemporaine pour anticiper la fin des temps : surveiller les jets privés, souligne PC World le 10 juin 2026.

Pourquoi suivre les jets privés pourrait prédire la fin du monde ?

Si l’idée surprend au début, elle est en réalité assez logique : si une catastrophe majeure se préparait — nucléaire, géopolitique, climatique ou autre — les premiers au courant seraient probablement les responsables politiques, les milliardaires et les grands patrons. Autrement dit, des gens qui ont plus souvent accès à un jet privé que le commun des mortels.

L’outil, baptisé « Apocalypse Early Warning System », part d’une question simple : le nombre de jets privés actuellement en vol est-il inhabituel pour l’heure ?

Apocalypse Early Warning System // Source : Capture d'écran Numerama
Apocalypse Early Warning System // Source : Capture d’écran Numerama

Dans ce scénario, un pic soudain de décollages, surtout depuis de grandes métropoles vers des zones jugées plus sûres, pourrait devenir un signal faible : peut-être que « ceux qui savent » sont en train de filer avant tout le monde.

Sur le plan pratique, le système, développé par l’artiste et développeur Kyle McDonald, suit une cohorte d’environ 31 000 jets d’affaires. Il s’appuie sur des données ADS-B publiques, des signaux radio qui indiquent notamment la position, l’altitude, la vitesse ou l’immatriculation des appareils, sur des outils de suivi aérien comme Mictronics/TAR1090, ainsi que sur le registre public de la FAA, l’autorité américaine de l’aviation civile.

Lors de l’importation des données, l’outil classe les appareils en plusieurs catégories : jets d’affaires, avions militaires, gros porteurs, avions régionaux, appareils non réacteurs, etc. Il applique ensuite un filtre pour ne retenir que les jets d’affaires dans son panel. L’objectif n’est donc pas de surveiller tous les avions du ciel, mais bien de se concentrer sur les appareils les plus susceptibles d’être utilisés par des personnes très riches ou très puissantes.

Comment l’outil prédit-il la fin du monde ?

Le tableau de bord ne se contente pas de comparer le trafic actuel à une moyenne globale. Il le confronte à une base de référence plus fine : le même jour de la semaine, sur la même tranche horaire de 30 minutes. Le modèle tient aussi compte de certains profils horaires autour des jours fériés fédéraux américains. L’idée est d’éviter qu’un départ massif en week-end prolongé ne soit interprété comme une fuite généralisée vers les bunkers.

À partir de ces données, l’algorithme calcule plusieurs indicateurs :

  • un nombre attendu de jets en vol pour ce créneau basé sur l’historique ;
  • un écart entre le trafic actuel et ce trafic attendu ;
  • une valeur sigma, qui mesure à quel point cet écart sort de la normale par rapport aux variations observées dans le passé.

Cette pondération est importante. Sans elle, quelques avions de plus en pleine nuit, alors que le trafic habituel est très faible, pourraient donner l’impression d’un événement énorme. L’outil évite donc de hurler à l’apocalypse simplement parce que trois jets de plus que d’habitude ont décollé à 3 heures du matin.

Tout cela est ensuite résumé dans un « Emergency Level », ou niveau d’alerte, allant de 1 à 5. Le niveau 1 correspond à un trafic parfaitement banal. Le niveau 5 indique, lui, un nombre de vols très anormalement élevé par rapport au comportement observé sur l’année écoulée.

Le site dispose d'un « Emergency Level », ou niveau d’alerte, allant de 1 à 5. // Source : Capture d'écran Numerama
Le site dispose d’un « Emergency Level », ou niveau d’alerte, allant de 1 à 5. // Source : Capture d’écran Numerama

Un score de 5 équivaut à environ cinq écarts-types au-dessus de la moyenne. Le site le présente comme un possible « signal d’apocalypse imminente », une affirmation qu’il faut évidemment prendre avec un très gros soupçon de second degré. D’autant qu’un pic de trafic peut avoir de nombreuses explications : grands événements sportifs, rassemblements politiques, jours fériés, erreurs de données ou autres facteurs sans rapport avec une catastrophe imminente.

Par ailleurs, le système tente aussi d’estimer le nombre de passagers potentiellement à bord. Là encore, la méthode est un peu approximative : il associe les modèles d’avions connus à leurs capacités maximales publiées, additionne ces capacités pour les appareils identifiés, puis comble les données manquantes avec une moyenne calculée à partir des avions qu’il connaît déjà.

L’auteur lui‑même précise les limites de son outil : « La couverture ADS‑B peut être incomplète, des aéronefs peuvent être masqués ou mal identifiés, les cartes thermiques sont disponibles par tranches horaires d’une demi‑heure environ, et la cohorte mondiale est une approximation plutôt qu’une définition parfaite de chaque jet d’affaires concerné. » En clair, le site ne permet pas de prédire la fin du monde. Mais il transforme une intuition cynique en indicateur mesurable : si les plus fortunés se mettent soudainement à partir, c’est peut-être qu’il se passe quelque chose…


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