Le conflit culturel et générationnel entre l’industrie du disque et les partisans du P2P existe également en Corée. Là bas, c’est le logiciel Soribada, véritable Napster corée, qui est la terreur des maisons de disques locales. Impuissantes face au service, elles ont décidé de s’en prendre aux internautes. Mais Soribada monte au créneau pour dénoncer l’absurdité de la manoeuvre.

L’équivalent coréen du SNEP est l’Association Coréenne des Producteurs Phonographiques (ACPP). L’ACPP, comme toutes ses consoeurs dans le monde, souhaiterait que le public n’achète des morceaux de musique que via les distributeurs qu’elle a elle-même choisi, auxquels elle a imposé ses propres règles du jeu, et auxquels elle a pu imposer les DRM qui emprisonneront à un cadre précis l’utilisation des morceaux vendus.

Et en Corée comme ailleurs, l’industrie du disque n’a pas encore réalisé que les règles du jeu avaient changé. Ce sont désormais les consommateurs et l’industrie informatique qui les fixent.

Soribada est le plus populaire des réseaux P2P en Corée. Sans surprise, l’ACPP a tenté de le faire fermer par une action judiciaire lancée en décembre 2004. Mais Soribada avait déjà lancé sa version 2.0, qui décentralisait tous les échanges, rendant sa responsabilité trop indirecte pour être jugé coupable de contrefaçon de droits d’auteur.

Prise au piège, l’ACPP a décidé de s’attaquer à un deuxième média très actif en Coréée : les blogs. Les coréens téléchargent et mettent à disposition des centaines de milliers de MP3 à partir de leurs blogs, sans l’autorisation des maisons de disques. Elles ont donc été 68 à porter plainte, le 29 juillet dernier, contre 3000 bloggers qui ne respectaient pas les règles du jeu de l’industrie phonographique.

Scandale au pays. Et voilà que le responsable de Soribada, Yang Jung-hwan, s’élève lui aussi. Il a donné une conférence de presse le 1er août, en rappelant que Soribada a vendu à ses utilisateurs 4.800.000 titres entre décembre 2004 et juin 2005. Malgré la présence « des pirates » sur le réseau, ces chiffres font sûrement de lui le plus gros vendeur de musique par P2P, et certainement l’une des meilleurs plateformes musicales au monde.

Il rappelle qu’aujourd’hui les services d’e-mail deviennent de plus en plus volumineux et que les consommateurs trouveront encore de nouveaux modes de diffusion de leur musique. « Les maisons de disques ne devraient pas insister pour que nous achetions des CDs sans se soucier du développement de la technologie, mais plutôt signer un accord avec les producteurs de disques et les services internet« , martelle Jung-hwan.

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