Nintendo ne veut pas laisser les « pirates » lui voler des parts de marché en cette période stratégique des fêtes de Noël. Après s’être attaqué aux usines asiatiques fin octobre, Nintendo a obtenu cette semaine à Paris la mise sous scellés de plusieurs stocks de cartouches « pirates » vierges destinés à la Nintendo DS.

La Nintendo DS est sans doute la console de jeu la plus facile à pirater. De nombreux marchands en ligne proposent des cartouches vierges de type Supercard, DSLinker, D4, etc., qu’il suffit de remplir à l’aide des images de jeux vidéo (.nds) trouvées sur les réseaux P2P ou les newsgroups. Un kit très facile à installer permet de brancher la console en USB sur un ordinateur pour accéder à la cartouche et y glisser les contenus. Pour Nintendo, le manque à gagner est énorme. De nombreux joueurs qui s’équipent d’une telle cartouche n’achètent plus de jeux et consacrent leur budget jeux vidéo à des consoles plus difficilement piratables, comme la Xbox 360 ou la Playstation 3. En cette période de fin d’année où les ventes sont traditionnellement les plus fortes, pas question d’être tolérant.

Dans la lignée des saisies intervenues fin octobre à Honk Kong, le fabricant japonais a porté plainte la semaine dernière contre plusieurs fournisseurs à Paris et en Province, qui ont vu débarqué les agents de la policière judiciaire. Ils ont saisi plusieurs stocks de « Linkers », du nom usuel de ces cartouches magiques. L’opération visait aussi certaines boutiques parisiennes qui vendaient directement les cartouches.

En soi, la fabrication et la distribution de telles cartouches vierges ne sont pas illicites. Les fournisseurs expliquent d’ailleurs à juste titre que les cartouches pour Nintendo DS permettent d’exécuter des programmes amateurs qui étendent les capacités de la console, et que le piratage n’est donc pas la seule motivation des clients. Mais selon les informations de 01Net, Nintendo se base sur une violation de ses droits d’auteur pour porter plainte en contrefaçon. Les cartouches reproduirait en effet des portions de codes (le « boot ») développés par Nintendo qui permettent de faire démarrer la cartouche, et c’est au prétexte de la reproduction illicite de ce bout de code que Nintendo porte plainte.

Tous les principaux vendeurs français ont immédiatement décidé d’arrêter la commercialisation de ces Linkers. Une victoire totale pour Nintendo, qui devra maintenant réussir à obtenir une jurisprudence favorable.

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