Aussi à l'aise que Rocky sur un ring, Warrior est un drame sportif plus que jamais à voir.

On parie que vous n’avez pas vu… est un rendez-vous imaginé par la rédaction de Numerama pour vous proposer des films méconnus ou moins évidents que les chefs d’œuvre de leurs réalisateurs et réalisatrices.

En 2011, certains yeux étaient rivés sur Fighter de David O. Russell, film qui a valu plusieurs récompenses à Christian Bale, y compris l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Sorti la même année, Warrior est passé plus inaperçu : à son grand désarroi et malgré une performance notable, Nick Nolte n’a pas reçu la précieuse statuette.

Pour autant, les deux drames sportifs n’ont strictement rien à voir. Alors que Fighter est un biopic s’approchant parfois de la comédie, Warrior, réalisé par Gavin O’Connor, est un vrai choc émotionnel. Porté par le trio Tom Hardy, Nick Nolte et Joel Edgerton — qui ne cessent d’échanger les coups –, ce film a plusieurs arguments en sa faveur.

Festival de punchlines

Des années après avoir quitté les siens, Tommy (Tom Hardy), militaire déserteur, vient demander à son père — qu’il déteste — de l’entraîner pour un tournoi d’arts martiaux mixtes visant à élire le plus grand combattant de la planète. Le frère de Tommy, Brendan (Joel Edgerton), professeur de science qui arrondit ses fins de mois dans des combats clandestins, va lui aussi participer à l’événement. Tous deux se haïssent, mais finiront par se recroiser. 

Quelque peu simpliste, ce scénario s’articule autour de deux frères incapables de se pardonner et de communiquer. Au-delà des prouesses physiques, Tom Hardy, Nick Nolte et Joel Edgerton passent surtout leur temps à échanger des punchlines mémorables. Il y a d’abord Tommy, un homme brisé et tourmenté qui s’est forgé une carapace derrière le silence et l’indifférence. Quant à Brendan, s’il est le seul a être parvenu à se reconstruire, il est décrit comme un lâche qui a préféré refonder une famille. Entre les deux, un père naguère alcoolique tente maladroitement de recoller les morceaux, et trouve un palliatif à la boisson en écoutant des cassettes audio.

« Je crois que je préférais quand tu buvais. Au moins, tu avais du cran. » — Tommy, à son père

Les dialogues dans Warrior sont déchirants, et cachent un passé jamais vraiment expliqué dans le détail. À mesure que Tommy remplace les non-dits et les regards fuyants par les confessions, le puzzle se reconstitue et esquisse le portrait d’une famille endeuillée. Chacun semble avoir succombé à ses propres démons, sans autre échappatoire que d’encaisser des coups et tenter vainement de se relever.

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Warrior se remet alors à convoquer les poncifs du genre sportif, comme le dépassement de soi et le sacrifice, auxquels les amateurs de grand spectacle s’attendent. Dans l’octogone (le théâtre des affrontements), rien d’autre que la victoire ne compte, qu’importe les rancœurs et les liens du passé.

Au milieu de la sueur, du sang, des os brisés et des membres cassés émerge la vérité : le pardon est plus fort que tout quand il s’agit de panser des plaies. La douleur physique, si puissante soit-elle, ne peut jamais faire oublier les regrets touchant à l’intime. En somme, au-delà de la violence des joutes verbales et physiques, Warrior s’appuie sur l’émotion, à la fois commune au sport et au drame. Comme naguère Rocky et, aujourd’hui, Creed.

Warrior est disponible en DVD et en Blu-ray

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