Après la polémique autour du jeu « Active Shooter », la plateforme de jeux vidéo Steam a posté un communiqué pour clarifier ses règles d'utilisation. En résumé : la règle, c'est qu'il n'y a plus vraiment de règle.

Steam a décidé que « tous les jeux » pouvaient être hébergés sur sa plateforme tant qu’ils n’étaient pas « illégaux » ou « du trolling », a déclaré la plateforme de jeux vidéo dans un communiqué publié le 6 juin 2018.

Cette annonce a été postée à la suite d’une controverse impliquant un projet de jeu vidéo appelé Active Shooter, un jeu de fusillade dans une école, dont la sortie était programmée sur Steam, et qui avait fait l’objet d’une pétition de parents d’élèves qui souhaitaient le voir retiré de la plateforme appartenant à Valve. Quelques jours plus tard, Valve avait décidé de ne pas rendre le jeu disponible, invoquant le fait que son créateur était un « troll » qui avait « pour habitude d’abuser des clients et manipuler les notations ».

Capture d’Active Shooter

La tech est neutre… à l’exception du trolling  ?

Dans leur communiqué, les équipes de Steam expliquent qu’elles ne se sentent pas légitimes de «  prendre la décision » de contrôler le contenu des jeux hébergés  : « Si vous êtes un joueur ou une joueuse, nous ne devrions pas décider quel contenu vous pouvez ou vous ne pouvez pas acheter. Si vous êtes développeur ou développeuse, nous ne devrions pas choisir quel contenu vous avez le droit de créer. »

En affirmant qu’il ne devrait faire que « fournir les outils », Steam se replie derrière l’adage popularisé par Noam Chomsky, «  la tech est neutre ». Un proverbe sur lequel les géants d’internet ont d’abord bâti leurs empires, avant de revenir peu à peu dessus ces dernières années après avoir constaté ses limites — à l’image de Facebook et de la propagation des informations volontairement mensongères dites « fake news  ».

Le discours a d’ailleurs ses limites : dans son communiqué qui prône la non-interférence, Steam s’est accordé au passage une très large porte de sortie, en affirmant que les équipes peuvent supprimer des contenus qu’ils estiment relever du « trolling ». Or, cette notion est volontairement floue, et à l’appréciation de chacun.

« Vous devez pouvoir vous exprimer »

D’autant plus que l’entreprise insiste, en filigrane, sur la liberté de troller : « Le fait que vous offensiez des gens ne devrait pas être une raison pour vous enlever votre voix. Nous croyons que vous devez pouvoir vous exprimer, comme tout le monde, et trouver des gens qui veulent jouer à vos jeux. »

Il y a quelques semaines, Valve avait décidé d’assumer une approche plus subjective en demandant notamment à certains studios de changer des jeux contenant de la nudité comme HuniePop ou Mutiny ! !. Ils avaient finalement fait marche arrière, devant la levée de boucliers de certains joueurs et joueuses.

Dans son communiqué, Steam précise toutefois qu’ils vont « demander aux développeurs de dévoiler tous les contenus potentiellement problématiques dans leurs jeux lorsqu’ils le soumettent pour approbation, et cesser tout contrat avec ceux qui refuseront de le faire sincèrement. »

Partager sur les réseaux sociaux